Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 04:16

 

 

Elles font, font, font

Les petites Fontinettes,

Elles font, font, font...

Trois petits tours en ma mémoire.

 

C'était une rue tranquille, 

Une maison d'usine,

Où le bonheur ronronnait au son de la machine à papier.

C'était revenir à pied de l'école du centre,

S'asseoir sur le perron de la maison,

Et faire signe aux papetiers, heureux d'une journée accomplie.

C'était marcher en sautillant à côté de papa, le groēt sur l'épaule, jusqu'aux  jardins ouvriers, 

Maman qui avait enfin rangé sa machine à coudre, nous rejoignait pour le ramassage des légumes, et de quelques glaïeuls...

C'était des pommes de terre, grillées dans leurs fanes en feu pour faire patienter nos estomacs jusqu'à l'heure du souper.

C'était une partie de boules entre voisins face aux garages, jusqu'à ce que le jour s'éteigne... 

 

Elles font, font, font

Les petites Fontinettes,

Elles font, font, font...

Trois petits tours en ma mémoire.

 

C'était les parties de pêche à l'anguille du samedi,

Assis au bord du canal...

En face de nous les fours de la cristallerie.

Un coup de sifflet... Sûrement un ami verrier qui nous voit de l'usine. 

Nous l'encourageons à finir son travail d'un signe de la main...

Autres signes à l'attention des bateliers qui passent devant nous...

Leurs péniches affolent nos bouchons, que nous perdons de vue avec le scintillement du soleil dans les remous de l'eau... 

La voilà ! Elle s'enroule rageusement autour de nos poignets...

Ce soir au menu, ce sera gibelotte... 

 

Elles font, font, font

Les petites Fontinettes,

Elles font, font, font...

Trois petits tours en ma mémoire.

 

C'était les promenades en famille jusqu'à l'écluse géante enfin en fonction...

Le chemin des acacias, le chant des oiseaux, le chien heureux d'avoir un peu de liberté... 

C'était la stupéfaction devant la manœuvre des bateliers, 

L'entrée des six péniches dans le sas,

L'évolution du niveau de l'eau... 

Puis le bruit des immenses chaînes...

Nous filons en courant sous les bureaux de l'éclusier,  auprès de la lourde porte levée... 

Sur sa plateforme vaseuse, un petit poisson argenté se débat en suffocant...

Nous acclamons joyeusement sa victoire en le voyant trouver un trou qui le ramènera à l'eau..,

Nous nous tournons alors vers les bateaux, qui sortent du ventre de béton et filent vers l'Aa...

 

Elles font, font, font

Les petites Fontinettes,

Elles font, font, font...

Trois petits tours et puis s'en vont !

 

Claudie Becques 

(03/02/2017 - Arques, ma ville des Hauts de France)

 

 

 

Repost 0
Published by Claudie Becques - dans Poèmes
commenter cet article
14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 04:03

 

 

Il pleure le canal...

 

Neuffossé se lamente

Que tout parte à vau-l'eau 

Son clapotis déchante 

En tristes trémolos 

 

Il pleure le canal...

 

Il dévale la Lys

Avec mélancolie 

Et dans l'Aa se glisse

Empreint de nostalgie.

 

Il pleure le canal...

 

Il traverse la ville,

L'âme et le cœur bien lourds,

Il se sent inutile,

Un peu plus chaque jour...

 

Il pleure le canal...

 

Plus de lourdes péniches 

Q'allégeaient les grutiers...

Les emplois sont en friches,

Verriers et papetiers. 

 

Il pleure le canal...

 

Il traine sa mémoire

Et celle des Arquois,

Les années de déboire

Lui ont volé sa joie.

 

Il pleure le canal...

 

Mais il cache sa peine

Aux assidus pêcheurs

À ceux qui se promènent,

Ou courageux jogger.

 

Il pleure le canal... 

 

Et je pleure avec lui, 

Sur les fastes années,

Sur la jeunesse enfuie

Et l'essor envolé...

 

31/01/2017

(Claudie Becques - Arques, Ma Ville des Hauts de France)

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by Claudie Becques - dans Poèmes
commenter cet article
14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 03:35

Être aimé(e)
C'est voir son quotidien
Soudain s'illuminer,
Croire enfin en demain,
Faire plein de projets.


Être aimé(e)
C'est vivre en impatience 
Le cœur aux aguets
Espérer sa présence,
Fébrile, heureux(se) et gai(e).

Être aimé(e)
C'est retrouver l'audace,
Le courage et l'envie,
La confiance et la force...
C'est se sentir en vie !

Être aimé(e)
C'est oublier le temps,
L'apparence et les maux,
Rides ou cheveux blancs,
Différence et défauts.

 

Claudie Becques

Repost 0
Published by Claudie Becques - dans Poèmes
commenter cet article
14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 03:15

Le vent mauvais a emporté 
Mes rêves et belles idées...
Les boueux torrents de l'angoisse
Ont tout recouvert de leur poisse
Sous laquelle gisent mes mots...
Ô Muses ! Hissez-les haut !
Donnez-leur encore une chance ;
Qu'à nouveau sur papier ils dansent 
Et refassent chanter ma vie...
Sans eux je suis à l'agonie... 
Ô muses ! Prêtez-moi vos plumes
Pour que de là je les exhume,
Leur fabrique de grandes ailes,
Et qu'ils retournoient en mon ciel ! 


02/10/2016

Repost 0
Published by Claudie Becques - dans Poèmes
commenter cet article
14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 02:34

 

(À fredonner sur l'air de "l'eau vive" de  Guy Béart)

Pour un soir, au fil de l’eau,
Assis dans des bacôves,
Vous avez, au gré des mots,
La nature en alcôve,
Songé, songé, en ce doux soir printanier
Dans nos marais, dans ce bel havre de paix.

En remontant le cours d’eau,
Le temps s’est mis en pause,
Pour vous offrir un tableau
Un rêve, peu de chose,
Prenez, prenez, cet instant de liberté,
Dans nos marais, dans ce décor enchanté.

Au beau milieu des roseaux,
Elfes et fées sommeillent,
Ils nous ont soufflé les mots
Pour qu’ils vous émerveillent
Puisés, puisés, au Songe d’une Nuit d’été,
Qu’on a pour vous, juste un peu revisité.

Si nos délirants propos,
Notre vision des choses,
A propos du First Folio,
Le grand Maître, indisposent…
Sorry ! Sorry ! William reposez en paix !
Mais pour vous plaire, tant pis, on le referait !

Que « Shakespeare au fil de l’eau »
Demeure en vos mémoires,
Un doux instant de repos,
Un songe, une belle histoire.
Rêvez, rêvez, à ce soir en nos marais,
Et s’il vous plaît, très bientôt, revenez !

Claudie Becques 

Shakespeare au fil de l'eau ( juin 2017)

Shakespeare au fil de l'eau ( juin 2017)

Shakespeare au fil de l'eau (juin 2016)

Shakespeare au fil de l'eau (juin 2016)

Repost 0
Published by Claudie Becques - dans Poèmes
commenter cet article
21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 01:29
Errance

Ne suis-je vraiment plus que rameau desséché,

De sa sève vidé, qu'il vaut mieux arracher ?

Suis-je un volcan éteint, un silencieux cratère ?

Une contrée perdue, un désert de misère ?

 

Vous qui dormez en paix, qu'avez-vous fait de moi ?

Votre conscience au moins vous tourmente parfois ?

Depuis, mes jours sont noirs et toutes mes nuits blanches,

Tel un fantôme j'erre, assoiffée de revanches.

 

Ô printemps, puisses-tu raviver mon envie,

Exercer ton pouvoir pour me rendre la vie ?

Que de mon bois, dormant, je songe à m'éveiller,

Retrouver le sourire et puis m'émerveiller.

 

Que revienne à nouveau la douceur de mes rêves !

Que l'angoisse un instant m'accordât une trêve !

Que s'enfuient de mon âme amertume et rancœur !

Que renaisse l'espoir tout au fond de mon cœur !

 

 

21 février 2016 (Claudie Becques)

 

 

Repost 0
Published by Claudie Becques - dans Poèmes
commenter cet article
12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 14:12
"Dédicace" ... Gagnante !

Petit mail sympathique...

Chère Claudie,

Félicitations à nouveau!

Votre poème a été choisi comme un des meilleurs poèmes d'amour pour le mois de octobre.

Merci encore pour votre participation.















Bien cordialement,

Ken















Poésie et Citations

Repost 0
Published by Claudie Becques - dans Poèmes
commenter cet article
10 octobre 2015 6 10 /10 /octobre /2015 22:04
Dédicace

Je connais moi aussi certains matins pluvieux...

Mais au fond de tes yeux mon ciel redevient bleu.

.

Il m'arrive parfois de frissonner de froid...

Tu me mets aussitôt bien au chaud contre toi.

.

Dans mon regard aussi passent certaines ombres...

Mais ton sourire éclaire illico la pénombre.

.

Car vois-tu je ne suis rien qu'une faible femme...

Mais tu m'offres ta force pour balayer les drames.

.

Comment te remercier mon Amour, mon mari,

D'embellir tous les jours, chaque instant de ma vie ?

.

Claudie Becques (10/10/15)

Repost 0
Published by Claudie Becques - dans Poèmes
commenter cet article
28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 00:08
Comment vivre sans vous ?

Comment vivre sans vous, qui me fîtes exister ?

Comment vivre sans vous, sans votre bienveillance ?

Que maudit soit ce jour qui vous fit me quitter !

En qui puiser la force de mon existence ?

.

Vous qui lisiez en moi comme dans un livre ouvert,

C’est à travers vos yeux que je vis mon visage,

Acceptant de me suivre dans mon univers,

Vous joindre dans ma bulle à travers les nuages,

Vous étiez mon étoile brillante dans le noir...

Vous me laissez aveugle avec mon désespoir.

.

Comment vivre sans vous, qui me fîtes exister ?

Comment vivre sans vous, sans votre bienveillance ?

Que maudit soit ce jour qui vous fit me quitter !

En qui puiser la force de mon existence ?

.

Vous m’étiez cette main tendue au démuni,

Pour mon cœur condamné un espoir d’une grâce,

J’ai bu vos mots d’amour au-delà de la lie,

Ivre je n’ai pas su discerner la menace

Que le paradis soit, peut être imaginaire...

Et me voici brisée et bien plus solitaire.

.

Comment vivre sans vous, qui me fîtes exister ?

Comment vivre sans vous, sans votre bienveillance ?

Que maudit soit ce jour qui vous fit me quitter !

En qui puiser la force de mon existence ?

.

Comme un pauvre elfe je me suis brûlée les ailes

A la lumière de votre rire enjôleur,

Au son de votre voix et de ses ritournelles,

J’ai fracassé mon âme à vos aveux menteurs.

A qui pourrais-je encore désormais me fier ?

Puissè-je seulement encore me confier ?

.

Comment vivre sans vous, qui me fîtes exister ?

Comment vivre sans vous, sans votre bienveillance ?

Que maudit soit ce jour qui vous fit me quitter !

En qui puiser la force de mon existence ?

.

Claudie Becques

(Nov.2014 - Pastiche de la chanson de Jean Ferrat "Que serais-je sans toi")

Repost 0
Published by Claudie Becques - dans Poèmes
commenter cet article
5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 17:00

Il n'est de pire instant que celui de l'adieu

Quand les aphones mots perlent au bord des yeux,

Qu'au carcan de pudeur la voix soudain rend l'âme

Et qu'au feu des remords demain puise sa flamme.

.

Il n'est pire douleur qu'admettre le départ,

De n'avoir su jauger l'atteinte du trop tard...

Au récif des pourquoi la conscience s'abîme,

Et le flot du chagrin, l'entraine à la dérive.

.

Il n'est pire existence en pareil purgatoire

Quand le temps s'effiloche en lambeaux de mémoire

Où revient nous hanter ce geste ou mot d'amour,

Qu'on n'a pas su transmettre au si regretté jour.

.

(17/11/2014)

L'adieu
Repost 0
Published by Claudie Becques - dans Poèmes
commenter cet article