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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 21:44

feerique.jpg

 

 

Rien à dire... Tout est là... Une source d'inspiration...

Juste un coup de coeur trouvé sur Facebook.

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 19:10

(Conte d'Halloween)

 

Dans le Nord/Pas-de-Calais, on dit que Marie Grouette attrape avec son grouet les enfants qui s'approchent trop près de l'eau. C'est en quelque sorte un croque-mitaine comme il en existe dans tous les coins de France... En voici quelques-uns de réunis pour en faire ce conte d'Halloween.

 

halloween.jpg

 

-         Croâ crôa crôa

-         Bzzzz bzzzz bzzzzz

-         Kekekekeke  kekekekeke

Toute la faune des marais de Saint-Omer, dans le Nord/Pas-de-Calais,  est sens dessus-dessous : Marie Grouette, la sorcière,  ne va pas bien. Elle ne sort plus de sa grotte. Elle ne prend plus le temps de se promener avec les elfes à travers les watergangs, ni de mêler sa voix au chant des grenouilles.

Pourquoi ne pas dire les choses comme elles sont ?

Marie déprime !

Est-ce l’arrivée de l’hiver ? Le mauvais temps qui raréfie les promeneurs et  surtout les enfants ?

Nul ne le sait, mais tous cherchent une solution pour sortir la sorcière des marais de sa léthargie.

Sur l’île des grands cormorans noirs, se tient alors  un grand conseil de cygnes, hérons, grèbes huppées sous l’œil débonnaire de la lune qui joue à cache-cache avec les nuages.

 

Quand  l’aube triste automnale se lève enfin, chacun  regagne son  nid tandis que  s’envolent plusieurs cormorans noirs  pour, semble-t-il, une mystérieuse mission.

A la tombée du jour, alors que des lambeaux de brume s’accrochent aux roseaux…

-         Toc Toc Toc

-         Laissez-moi… Je vous ai dit que je ne veux voir personne, répond  la voix lasse de Marie Grouette

-         Toc Toc Toc

-         Mais fichez-moi la paix, gronde-t-elle enfin excédée, en ouvrant violemment la porte

-         Sur-prise !

-         Aaaaah ! hurle la sorcière effrayée avant de regarder en détail chacun des visiteurs qui la regardent et de leur tomber dans les bras. Que faites-vous ici ?

-         Tes amis se font du souci pour toi Marie, dit un vieil homme hideux aux ongles démesurés 

-         Pépé Crotchet ! Tu as délaissé ta région Champagne-Ardennes ?

-         Eh ! Ma petite Marie ne va pas bien m’a dit un grand cormoran noir, alors j’accoure

-         Pareil pour moi, dit le Père la Pouque qui arrivait de sa Normandie

-         Il fallait qu’on vienne, ajoute la Mère Tire-Bras qui avait quitté sa Sologne

-         On n’allait pas te laisser tomber la Grouette ! ajoute la Mère-en-Gueule juste arrivée de la région de Mâcon en Bourgogne

-         C’est pas notre genre de laisser la famille dans la mouise, dit encore un autre affreux appelé le Tire-Gosse qui n’a pas hésité non plus à quitter  l’Isère

-         Tu es là aussi Tiro-négo ? dit Marie Grouette émue en le reconnaissant et en l’appelant dans sa langue l’occitan,

-         Je n’aurai pas manqué ça ajoute le monstre du Sud et j’ai amené avec moi,  mon cousin Carabi-bounet.

-         Ils ont tous répondu présent à l’appel ajoute Pépé, même les « Nòchtgròbbe », les corbeaux de la nuit qui viennent de l’Alsace,  Ar Grec'hmitouarn, le croquemitaine breton, Jean de Vert de Paris, La vieille Chabine du Berry,  la Totoya  du Haut Béarn, la Chabinelle du Poitou-Charentes, la Mère de l’Eau du Dauphiné, Rafagnaoube de Lyon… j’en passe et des meilleurs…

-         Oh là là ! Vous avez tous quitté vos chères régions pour moi ? C’est tellement… Tellement gentil ! Entrez dans ma modeste grotte mes amis… les invite notre sorcière audomaroise qui semble avoir retrouvé le sourire, avant d’ajouter : vous ne pourrez donc pas accomplir votre mission  si un enfant…

-         A cette heure-ci les enfants dorment Marie, et puis, il faut bien dire qu’à cette époque de l’année, avec le retour du vent, de la pluie, du froid… on est un peu en chômage technique la rassure Pépé Crochte

Un brouhaha se fait entendre dans la bande d’affreux et des voix ripostent :

-         Parle pour toi Pépé, chez nous il fait encore très doux, et…

-         Oh, ça va les sudistes, râle le vieux griffu, les gosses se passeront bien de nous pour un soir non ? On est bien là pour Marie n’est-ce pas ?

-         Ouais… Oui… Bien sûr…

-         De toute façon… Pour ce qu’on sert encore mumure Marie Grouette des larmes plein les yeux…

-         Mais qu’est-ce qui se passe pitchounette, demande Pépé Crochte en passant son bras sur les épaules de notre sorcière des marais

-         On sombre dans l’oubli mes amis. Les Anciens savaient parler de nous aux enfants, mais aujourd’hui combien ignorent notre existence ? Tout fout le camp ! Les légendes ne se perpétuent plus. Les parents n’ont plus le temps de parler de nous, ou décident sciemment de nous passer sous silence.

-         C’est donc ça qui te rend triste Marie ?

-         Oui… On passe pour des monstres mais en fait nous savons tous, que grâce à nous beaucoup d’enfants ont échappé à la noyade

-         C’est vrai… Elle a raison… approuvent en chœur les créatures

-         Eh, bien on va voir ce que l’on va voir ! on va se rappeler aux traditions, décide Pépé Crochte, allez les affreux, en route pour la grande tournée d’Halloween en ce dernier jour d’octobre

-         Vous n’allez pas… tente de les retenir Marie

-         On va se gêner, répond la Mère en Gueule

-         Ouais… Oui… On va leur montrer qu’on existe vraiment… acquiescent les autres

-         Viens Marie, tu vas voir on va bien s’amuser, ajoute la Tire-Bras .

Et voilà la joyeuse bande qui entraîne Marie Grouette hors de sa grotte, sur la route qui mène jusqu’aux habitations des marais audomarois.

-         Ding. Dong.

-         Holala ! Les enfants très réussis vos déguisements dit la première personne en tendant des bonbons aux vrais monstres médusés

-         Bah ! Elle n’a même pas eu peur  remarque la Totoya.

-         La prochaine sera terrorisée affirme Rafagnaoube

 

-         Ding. Dong

-         Waouh ! Génial ! Pour un peu vous m’auriez fait peur les monstres ! Les enfants, venez voir, appelle le monsieur qui ouvre la porte, ils sont vraiment effrayants ceux-là n’est-ce pas ?

-         Ouais, disent les enfants en  tendant aux visiteurs un panier plein de bonbons sans imaginer avoir à faire à de vraies horribles créatures.

Marie Grouette commence à trouver très drôle cette tournée d’halloween  et se prend d’un irrésistible fou-rire quand les habitants se mettent à offrir à ses congénères des légumes ou des paquets de biscuits quand ils n’avaient pas de bonbons devant les yeux ébahis de ses amis.

C’est ainsi que la bande d’affreux ramènent à la fin des endives, des carottes, des navets, des courges et plein d’autres choses à la grotte de Marie Grouette.

-         Mais ils sont toujours comme ça les habitants par ici ? demande Pépé Crochte

-         Eh oui, ils donnent… Même s’ils ont peu ils sont toujours prêts à donner ce qu’ils peuvent. Le grand cœur des gens du Nord, vous en avez entendu parler non ? dit fièrement Marie

-         Bien sûr … Tu les aimes tes audomarois, n’est-ce pas ?

-         Oui, Pépé, comme chacun d’entre vous est attaché à sa région… Merci à tous ! Grâce à vous j’ai passé la plus merveilleuse soirée d’halloween de toute mon existence, et lorsque j’aurai à nouveau un coup de cafard, j’y repenserai…

-         Voilà qui est mieux ! Alors on va retourner également hanter nos points d’eau dans nos campagnes respectives…Porte-toi bien Marie, et rassure-toi on n’est pas encore complètement tombés dans l’oubli,  notre mission est intacte : protéger les enfants, et on la mènera jusqu’à la fin des temps…

 

-         Croâ crôa crôa

-         Bzzzz bzzzz bzzzzz

-         Kekekekeke  kekekekeke

-         Ca va les amis… Soyez rassurés je vais bien… Merci pour cette belle surprise ! Il est temps de dormir maintenant, dit Marie avant de refermer la porte de sa grotte, tandis que la lune s’emmitoufle dans les gros nuages du Nord.

 

 

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14 octobre 2008 2 14 /10 /octobre /2008 22:00



L’histoire remonte aux premiers jours de la création, lorsque Dieu sépara le ciel et la terre.

 

Le lendemain, il créa l’océan et les petits poissons.

 

Le troisième jour, il éleva les montagnes, creusa les vallées et fit pousser les forêts.

 

Le suivant, il égaya le tout de petits oiseaux.

 

L’autre encore, il créa les animaux du plus gros au plus petit, en fonction du cycle de la vie.

 

Le sixième jour enfin, il décida de créer son chef  d’œuvre : un bel animal à quatre pattes, et à la truffe humide et tant de bonté dans le regard que Dieu lui-même s’y sentait fondre, mais avec un caractère si bien trempé qu’il ne pouvait vivre que dans ma région.

 

Je vous parle du magnifique et brave chien, le Bouvier des Flandres.

 

Chacun sait que le Créateur s’octroya ensuite un jour de repos bien mérité, pourtant très vite las de courir la campagne tout seul, le toutou fit les yeux doux à Dieu pour qu’il lui donne un compagnon de jeux.

 

Ce dernier refusa, conscient que d’avoir fait tant de beautés six jours d’affilée, il ne pouvait que rater toute œuvre supplémentaire.

 

Il faiblit néanmoins sous l’insistance et le regard affectueux du bouvier.


Il prit une petite motte de terre, la façonna et la jeta par terre.

 

L’homme ainsi créé –car c’est de lui qu’il s’agissait- se releva, et, sous la douleur, proféra un juron :

 

- « Tu le vois bien, dit Dieu au bouvier, il jure déjà : il est raté, je te l’avais prédit ».

 

Mais le chien le remercia quand même d’une grosse lèche, heureux d’entendre cet homme raté lui donner les ordres et le gronder et avec qui désormais, il pourrait parcourir la Flandre.

 

Claudie Becques (retranscris le 19/04/2006)

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 20:15

Lors d'une fête médiévale locale, j'ai été émerveillée par un conteur qui nous a raconté cette histoire fabuleuse, que j'ai essayé de vous retranscrire au mieux...

Tudor était ce soir là resté seul dans sa maisonnette, tandis que sa femme bien-aimée était allée rendre visite à sa famille dans le village voisin.

 

Avant de partir, elle avait pris soin de lui préparer une assiette garnie pour son souper, qu'il mangea de bon cœur en se félicitant d'avoir si brave épouse.

 

Peu habitué à son absence, il s'ennuya très vite ainsi seul, aussi se mit-il à chantonner pour tuer le temps avant d'aller se coucher.

 

A cette époque, vivaient dans les bois ceux que l'on appelait "le petit peuple", c'est à dire des lutins, gnomes, farfadets et fées qui, de temps à autre rendaient visite aux hommes sous la forme de mendiants ou lépreux, pour vérifier l'accueil que ces derniers faisaient aux malheureux.

 

Tudor chantait lorsque l'on frappa à la porte.

-  "Entrez" cria-t-il, mais la porte ne s'ouvrit pas. Aussi se remit-il  à chanter.

 

Quelques minutes plus tard on frappa à nouveau et il invita encore les visiteurs à entrer sans qu'ils n'obtempérèrent.

Se croyant victime de son imagination, il reprit sa chansonnette sans s'en préoccuper davantage.

Pour la troisième fois des coups retentirent à la porte d'entrée. Bien décidé à élucider cette affaire, il courut cette fois vérifier qu'il n'avait pas rêvé, et il se trouva face à trois voyageurs en guenilles, épuisés, qui lui demandèrent l'hospitalité.

 

Tudor s'effaça pour les laisser entrer :

-   "Prenez la peine d'entrer mes amis. Moi, j'ai déjà mangé et c'est bien dommage parce que si j'avais pu prévoir votre arrivée nous aurions pu partager. Je n'ai, pour l'heure, plus grand chose à vous offrir en l'absence de mon épouse, qui elle, vous aurait préparé un festin, mais je peux néanmoins vous donner du pain et du fromage et une cruche de bon vin. Régalez-vous !"

 

Et il les fit asseoir à sa table leur offrant tout ce qu'il avait, cherchant encore dans le garde-manger ce qu'il aurait pu apporter comme ce cake un peu rassis et quelques fruits qu'il leur proposa en dessert.

 

Les trois voyageurs mangèrent en silence, sous le regard bienveillant de Tudor.

Lorsqu'ils furent repus, le maître des lieux leur demanda ce qui pourrait encore leur faire plaisir.

L'un d'eux dit alors :

-     "Nous vous avons entendu chanter tantôt quand nous étions derrière la porte, pouvez-vous encore chanter pour nous ?

-     Ah, mes amis ! Je ne suis point chanteur, toutefois si vous avez de bonnes oreilles et que cela vous fait plaisir, je veux bien vous chanter un petit quelque chose…"

 

Et Tudor de commencer timidement, puis de prendre de l'assurance et d'enchaîner les chansons jusque tard dans la nuit.

 

Les trois voyageurs finirent par se lever pour poursuivre leur chemin, mais avant de partir, l'un d'eux dit :

-    "Vous êtes un brave homme Tudor, et nous aimerions vous remercier pour votre charmante hospitalité. Si nous pouvions réaliser un vœu, lequel choisiriez-vous ?

-     Mon Dieu, j'ai déjà tout ce dont un homme a besoin : la santé, une maison, un travail, une excellente épouse et de quoi boire et manger… Ma foi, je suis déjà comblé…

-     Mais encore, en y réfléchissant bien ?

-     En y réfléchissant bien, j'ai au fond de mon âme un tout petit regret, celui de ne pas savoir jouer d'un instrument de musique quel qu'il soit, même très simple, pour égayer un peu nos soirées à ma femme et moi et nos amis…

-         Soyez exaucé Tudor…"

 

Les visiteurs disparurent comme par enchantement. Mais là, près de l'âtre, il découvrit alors une très jolie harpe dorée à l'or fin et toute incrustée de pierres précieuses.

Notre brave homme l'effleura de la main ce qui suffit à faire résonner dans la maison une guillerette musique qui l'enchanta. Il passa tout le reste de la nuit à jouer et à danser.

 

Le lendemain, lorsque sa femme rentra il lui raconta son étrange visite et les circonstances de l'arrivée de cette harpe près de la cheminée, qui répandit l'allégresse dans toute la maison et son épouse dansa, dansa…

 

La nouvelle fit bien entendu tout le tour du village, et finit par arriver jusqu'aux oreilles de l'ennemi juré de Tudor. (Eh, oui ! Même les braves hommes ont un ennemi juré.)

 

Un jour, les deux hommes se croisèrent au marché et l'ennemi de se moquer :

-   "Alors, Tudor ! Il paraît que tu es musicien et qu'on ne peut s'empêcher de danser sur ta musique ? Comment peux-tu répandre pareille sottise ?

-    Viens quand tu veux le vérifier si tu ne le crois pas !

-    Soit !"

 

Tudor l'emmena chez lui et posa délicatement les mains sur les cordes de la harpe magique et son ennemi juré se mit à danser tout aussitôt sans pouvoir s'arrêter. Notre ami de jouer de plus en plus vite et durant des heures sans interruption, et l'autre de hurler :

-   "Arrête Tudor ! Arrête ! Je t'en supplie, arrête !"

 

Mais ravi de pouvoir enfin se venger, il continua jusqu'à ce que le malheureux tombe épuisé sur le sol.

 

Une voix venue de nulle part résonna alors dans toute la maison :

-   "Ce n'est pas bien d'utiliser la magie du petit peuple pour faire le mal !"

 

Et la harpe disparut en une fraction de seconde.

 

Tudor passa tout le reste de sa vie à attendre de nouveaux voyageurs ou mendiants pour leur faire bon accueil et retrouver ce précieux don qui lui avait été retiré et qui lui manquait tant.

Mais cela ne s'est jamais reproduit et il mourut quelques années plus tard dans la tristesse et le remord.

 

MORALITE :
N
'utilisez jamais les dons qui vous ont été généreusement attribués pour faire des vilenies, de peur que cela ne se retourne contre vous.

 

(Retranscrit par Claudie Becques en juin 2007)

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30 mai 2008 5 30 /05 /mai /2008 16:21

Suite au portrait chinois suggéré par Moun sur Poésia - Inspirations poétiques, voici la légende que l'on raconte dans ma région :




Laissez-moi vous conter
L'histoire que racontaient
Les vieux de ma région
Aux enfants polissons.

On dit qu'il y aurait
Au fond de nos marais,
Une créature étrange
Mi-femme, mi-crapaud.

Elle tire au fond de l'eau
A l'aide d'un grouet
- Une espèce de crochet -
Tous les petits enfants
Un peu trop turbulents
Et qui, de l'eau trop près,
Osent s'aventurer.

Vous savez désormais,
Qu'au Nord/Pas-de-Calais
Marie Grouette hante
Toutes nos eaux courantes,
Les fossés, les étangs,
Depuis la nuit des temps.


Claudie Becques (2004) 

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30 mai 2008 5 30 /05 /mai /2008 16:01



Aquarelle de Edith Vasseur


Jérôme, le petit parisien, est venu passer ses vacances, seul, chez ses grand-parents.
Ils habitent à St-Omer, dans le Nord de la France, au beau milieu des marais. On ne peut se rendre chez eux, que par bateau.

Ce matin, tandis que papi "arrange" les lapins et que mamie s'affaire sur ses confitures, Jérôme observe les insectes. Le bac à chaînes qui permet le passage d'une berge à l'autre, l'attire beaucoup.
Bien-sûr il a promis à grand-père de ne pas s'en approcher, néanmoins, sans le manipuler, s'il se contentait de s'y asseoir, il pourrait approfondir son observation et voir d'un peu plus près, les grenouilles qu'il entend coasser.
A peine est-il installé, que l'eau se mit à bouillonner, et qu'il en sortit une créature monstrueuse, dégoulinante de vase et de lentilles. Elle avait un corps de femme et une face de crapaud. Jérôme en restait muet de terreur. Il la vit soudain brandir dans sa direction, le groët (espèce de crochet) qu'elle tenait à la main, pour le saisir et l'entraîner avec elle dans les profondeurs du marais.

-"Mamiiiiiiie !
- Que se passe t'il mon Chéri ?
- J'ai-vu-Marie-Groëtte, hoqueta le gamin
- Mais non, mon petit, c'est juste un cauchemar. Papi n'aurait jamais du te raconter cette légende avant de te coucher. Rendors-toi mon enfant."

Elle serra son petit-fils contre elle, et le berça doucement en chantonnant :
"Dors min p'tit quinquin, min p'tit pouchin, min gros rogin
T'es m'fro du chagrin, si t'es n'dors pas ch'quà d'min !"

Claudie Becques (28/11/2004 )

 

 

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9 mai 2008 5 09 /05 /mai /2008 17:13
Pas très loin de Bergues, il y a la petite commune de Pitgam...
Et la légende dit que ....





On dit qu'un jour, Carl sonneur et fossoyeur zélé mais très mal payé par son patron la paroisse de Pitgam, fit un soir de Noël, une rencontre avec le Malin.

 

Ce dernier lui proposa de signer un pacte qui devait le rendre riche et lui attirer la sympathie de toutes les flamandes.

 

Sans aucune hésitation Carl signa le parchemin, y compris la petite clause presque illisible tout en bas, qui spécifiait que dix ans plus tard il rendrait son corps et son âme à Satan.

 

Le petit fossoyeur vécut heureux, voyageant et s'amusant tout son saoûl.

 

De temps en temps son regard s'assombrissait un peu en pensant à la petite condition, mais il la balayait de son esprit en buvant du bon vin et caressant la chevelure de sa compagne du moment.

 

L'échéance arrivée, le Diable demanda à Carl de le suivre en pointant son doigt crochu sur les dernières lignes du pacte.

 

Prétextant d'y voir un peu moins bien que dix ans plus tôt, le fossoyeur l'entraîna dans l'église sous la lumière des cierges afin d'y voir, soi-disant, plus clair.

 

A peine arrivés dans le saint édifice, Carl jeta le parchemin dans l'eau du bénitier, ce qui eut cet inexplicable effet physique, que de se consumer.

 

Le malin n'est pas toujours ce que l'on croit !

 

Eperdu de rage, Satan s'enfuit et tapa le sol de la grand-place de toutes ses forces.

 

Les abîmes de la terre s'ouvrirent alors, pour accueillir leur maître, de retour de son infructueux voyage chez les flamands.

 

Le sol ne se referma jamais, et encore aujourd'hui à Pitgam, il reste à cet endroit, une mare toute noire dont personne n'a jamais pu en sonder le fond, et dont il est souhaitable d'éviter de s'en approcher.



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