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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 22:00

paris point zéro

 

AU-DELA DE LA HAINE

 

(page 23)

 

 

Devenir père, ne m’effrayait pas plus que ça parce que maman avait mis au monde ma plus jeune sœur alors que j’étais âgé de quatorze ans.

Que de larmes encore cette année-là ! Si mes parents s’adoraient, ils nous ont assez rebattu les oreilles que nous étions trois accidents… Accidents de l’amour, soit, mais aucun de nous trois n’avait été désiré. Faut dire qu’en ce temps-là on ne parlait pas de pilule…

Néanmoins, une fois là, nous avons été largement dorlotés.

Cet écart de six ans avec Véronique puis huit de plus avec Raphaëlle ne nous a pas permis d’avoir une vraie complicité, même si nous nous aimons indiscutablement. Une sorte de pudeur nous a toujours empêchés de se dire les mots  de tendresse que nous ressentions l’un pour l’autre. Mais nos regards en étaient chargés, c’était déjà beaucoup !

Néanmoins ma relation avec Rapha a toujours été plus intense qu’avec Véro. Est-ce le fait d’avoir souvent aidé maman à m’occuper de ce bébé arrivé un peu sur le tard (maman approchait la quarantaine) en lui donnant le biberon ou lui changeant ses couches ? Toujours est-il  que mon affection pour elle s’approchait davantage du paternalisme que de la fraternité.

 

Comment oublier ce déchirement que de quitter le cocon familial et prendre son envol ?

C’est la vie dit-on !

Oui, certes, c’est la vie…

Partir…

Laisser ceux que l’on aime et chercher sa place ailleurs, tout construire seul, par soi-même… c’est peut-être la vie mais n’empêche qu’il faut une sacrée force de caractère…

Je n’ai jamais eu cette force. Maman a toujours été là pour décider de tout. Heureusement ma mère adoptive était devenue l’armée, ça me facilitait un peu la tâche.

Et comment oublier également cette fête qui régnait à la maison à chacune de mes permissions ?

Maman a durant toute notre scolarité toujours été intransigeante : pas de tire-au-flanc à la maison. Seul le thermomètre décidait de la nécessité de manquer la classe. Un mal de ventre sans fièvre était forcément synonyme de leçon non sue, travail pas fait ou interrogation écrite ou orale non révisée. Alors ouste, en cours ! On assume !

En tout cas personnellement j’avais bien essayé tous les plans, toutes les ruses pour me faire porter pâle, à chaque fois démasqués par l’instinct maternel.

J’avoue être très fier d’avoir pu enfin, en ayant quitté la région, faire valoir à notre mère à chacun de mes retours,  

mon droit d’aînesse pour la faire plier et permettre  à mes

sœurs de leur aménager quelques entorses à la règle.

Prétextant la rareté de mes courts passages à la maison qui ne coïncidaient que très rarement avec la période de vacances ou des week-ends, je sollicitai de l’autorité maternelle un « billet d’excuse pour cause de crise de foie » à l’attention de Madame la Directrice de l’école de Rapha et de Monsieur le Proviseur du lycée de Véro.

Trop heureuse, d’avoir ses trois enfants auprès d’elle maman, s’y sacrifiait  en soupirant « Tu m’en fais faire ! » avec un plaisir non dissimulé.

Seul papa, un peu déçu de ne pouvoir se joindre à nous, partait à l’usine tandis que  nous  partions tous les quatre dans une joyeuse expédition passer la journée au bord de la mer, ou nous balader en forêt, ou même dans un parc d’attraction.

Le soir nous achevions cette journée par un repas familial, où pour l’occasion maman sortait la vaisselle de porcelaine, mettait les petits plats dans les grands et mon père remontait de la cave une bonne bouteille de vin  tout couverte de poussière et de toiles d’araignées.

Evidemment l’arrivée d’Anaïs dans ma vie bouleversa un peu ces festives habitudes…

La suite : paris point zéro 

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Published by Clo - dans Nouvelles
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commentaires

valou 25/06/2010 21:52



Désolée de ne pas toujours être prèsente..Mais comme tu as pu le voir domenech a quelques petits soucis.lol.Enfin,je réusssis quand même à te lire.Je vois que tu n'as pas baissé les bras. Super!!
toujours au top.Qu'elles sont toujours douces ces retrouvailles familiales .Que de bons souvenirs,Un peu de bonheur ne fait pas de mal dans cette triste histoire,belle mais poignante,on a
l'impression que Dimitri s'apaise un peu.Biz



Clo 26/06/2010 08:27



Pas fier de toi hein Raymond ! Pffff ! Quelle débâcle !


C'est quelqu'un comme moi qu'il faudrait recruter dans l'équipe de France : pas de grève ! On avance même si le résultat n'est pas forcément probant ! mdrrrrrrrrrr... Si tu peux en
glisser un mot à Laurent...


Oui ça fait du bien à Dimitri de se raconter... Peut-être cessera-t-il enfin de penser que tout vient de lui et qu'il a mérité cette fin... Bisous Valou !



Solange 25/06/2010 02:19



C'est certain qu'une fois en couple les liens familiaux change, on s'aime quand même ,mais c'est différent.



Clo 26/06/2010 08:16



Et puis il y a la difficulté de se partager entre sa nouvelle vie et les habitudes familiales...