Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
25 mai 2008 7 25 /05 /mai /2008 08:00
 La chute d'un monde de Daniel Joux



Renié par mes parents,
Vous m'avez braves gens,
Donné pour quatre années
Une maman à aimer.

Nous on s'entendait bien.
Je ne manquais de rien :
Je buvais, je mangeais,
J'avais plein de jouets.

Elle a soigné mes fièvres
Et elle berçait mes rêves.
Quel péché ai-je commis
Pour qu'on change ma vie ?

Vous parlez d'une chance,
Vous brisez mon enfance :
Celle qui m'a tout donné,
Il me faut l'oublier.

Je ne suis qu'un enfant,
Vos histoires de grands,
Moi, je n'y comprend rien ;
Je sais que j'étais bien.

Moi qui suis si petit,
Vous bouleversez ma vie.
Vous me parlez bonheur
Mais vous cassez mon cœur.

Non, je ne savais pas
Qu'il y avait ici bas
Trois sortes de maman :

Celle qui fait les enfants
Celle qui prête sa maison
Et celle qui donne son nom.


Claudie Becques (1988)

Partager cet article

Repost 0
Published by Clo - dans Poèmes
commenter cet article

commentaires

hicham 27/05/2008 20:23

Que dire là encore?Beaucoup de tes écrits me renvoient dans mes souvenirs, celui-ci y compris.Que penser de ces parents qui abandonnent leurs enfants?Comme le dit Sarang, on devient parent, il n'y a rien d'inné en cela, que l'on soit femme, que l'on soit homme.Alors faut-il juger "sévèrement" ceux et celles qui n'y parviennent pas, ou qui ne se vivent pas ainsi?Je crois que chaque situation est unique, mais que dans la majorité des cas, c'est réellement à contre-coeur que ce choix est fait (surtout par les mères qui, ensuite, ne font que culpabiliser).En ce qui concerne les enfants, là, il n'y a plus de "situation unique". Tous sont malheureusement logés à la même enseigne, c'est à dire dans le manque de leur "géniteur" et de leur "génitrice", s'interrogeant presque constament sur leur histoire et leur sens.Tous souffrent.Bisou Clo

Clo 28/05/2008 15:55


Chaque cas est différent et bien malin qui pourrait affirmer quoique ce soit pour en faire une généralité.
Je te rejoins donc dans ton raisonnement, même si je ne crois pas qu'on devient parent.
On a la fibre en soi ou pas.

Je ne condamne pas les parents qui ne s'assument pas, mais le système long et pénible de la justice qui, sous prétexte de donner une chance à ces adultes de revenir sur leur décision
d'abandon, inflige à des bambins le placement dans des familles d'accueil provoquant ainsi des déchirures, qui à mon humble avis ne peuvent que laisser des séquelles aux enfants, qui
déjà, de part le fait de savoir qu'ils ont été abandonnés garderont en eux une irrémédiable souffrance. 
Bisous à toi Hicham.


Malou 27/05/2008 15:10

Trés émouvant, Clo, ce poème, un jour de fête des mères. Prendre le point de vue de l'enfant est vraiment une belle chose. En effet, dans ces histoires de famille d'accueil et d'adoption, le point de vue de l'adulte est souvent prégnant même si on s'en défend. J'ai été très émue par ce petit bout d'homme que l'on arrache à ses amours d'enfant sans qu'il y comprenne rien. Merci et amitiés. Malou

Clo 28/05/2008 15:06


Sans doute suis-je restée une toute petite fille dans ma tête, et c'est souvent en tant que telle que je ressens les choses. 
Les enfants sont tellement sans défense !
Merci pour cette émotion.
Bises amicales. Clo


stellamaris 26/05/2008 22:55

Quand je parlais de atroce, je pensais bien au point de vue des enfants. Si c'est atroce pour les accueillants, c'est surtoutla douleur de voir le mal fait à ces enfants

Clo 28/05/2008 15:00



J'entends bien Stellamaris, et je reconnais bien-là le "nouveau papi" attentionné.



stellamaris 25/05/2008 23:42

Très beau poème. J'y suis sensibilisé car je connais personnellement une superbe famille d'accueil, ils n'ont pas encore vécu le drame d'une séparation avec les enfants accueillis mais ce doit être atroce.Merci pour eux, toute mon amitié.

Clo 26/05/2008 18:14


C'est effectivement atroce pour la famille d'accueil, bien qu'elle sache que cela n'est que temporaire, mais que doit-il se passer dans la tête d'un bambin de 4 ans qui n'a jamais connu d'autre
foyer ? J'ai, par ce poème, essayé de me substituer à lui.
Amicalement. Clo


Théo 25/05/2008 19:28

Une situation douloureuse dans laquelle l'intérêt de l'enfant, quoi qu'on en dise, n'est pas toujours respecté ... Les "droits" des parents l'emportent souvent ...Une mère, pour moi, c'est celle qui aime, qui nourrit, qui élève --celle que l'enfant aime et dont il a besoin ...Amitiés Clo

Clo 26/05/2008 18:23



C'est également ainsi que je vois les choses Théo.
Malheureusement les lois françaises et démarches juridiques sont longues et un bébé renié par ses parents peut être placé dans une famille d'accueil pendant 4 longues années puis après
avoir subi le procès qui décide définitivement de déchoir de leurs droits ses vrais parents, est  alors déclaré adoptable et confié enfin à une famille qui lui donnera son nom.
Je ne vois personnellement pas le côté "humain" des faits. Merci Théo. Amicalement. Clo