Portée par la musique de mon cours d’aérobic, je virevoltais dans tous les sens, le cerveau vide de tous
tracas.
Une drôle de sensation me déconcentra soudain.
Face à moi elle suivait des yeux, les mouvements de mes pieds.
Je pris alors conscience d’être ridicule, à sautiller ainsi à mon âge, alors qu’elle, si jeune… J’en perdais le tempo et la chorégraphie.
Je n’avais plus qu’une hâte : arrêter.
Quand ce fut le cas, j’allai prendre mes affaires, juste à côté du fauteuil roulant de la jeune fille.
Elle me regarda, droit dans les yeux, et me dit d’une voix claire et nette :
- Bonsoir… J’adore vous regarder danser !
- Merci, c’est gentil balbutiai-je, le regard fuyant, et comme je ne trouvai rien de plus intelligent à ajouter, je me dirigeai vers les vestiaires avec un "B’soir".
Après avoir douché ma honte, je repassai par la salle, où l’on avait installé des tables de ping pong. Intriguée, je m’attardai quelques minutes.
Elle prit place, avec une raquette, derrière l’une d’elle.
Et cette gamine si fragile dans son immobilité, se mit à faire virevolter d’une main, son fauteuil de façon stupéfiante et renvoyer, de l’autre la balle avec une précision incroyable.
Son rire cristallin, résonnait dans toute la salle.
Son jeune partenaire "valide" fit les frais de son dernier smatch, et s’avoua vaincu en lui tapant joyeusement dans la main comme le font tous les jeunes entre eux.
Consciente d’être observée, elle se tourna alors vers moi, et m’adressa, mutine, ce clin d’œil qui me permit de partir, le coeur léger.
Je trouve ton témoignage magnifique, Clo. Cette honte que tu as ressenti marginalise tellement! Chacun d'entre nous a ressenti ce sentiment un jour ou l'autre. Cette belle leçon d'humanité nous montre combien nous définissons l'autre juste par son apparence physique alors que la personnalité humaine est si riche et si diverse. Une jambe plus courte, un nez long, une jambe en moins, la cécité.... autant de différences certaines plus difficiles à compenser que d'autres, mais toujours un être humain riche de ses talents et tellement pluriel! Merci pour ce joli conte sans doute autobiographique. Je t'embrasse Clo avec grande amitié. Malou
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Je vois que tu as bien saisi le message que je voulais faire passer et j'en suis très heureuse.<br />
Merci Malou. Je t'embrasse également. Amicalement. Clo<br />
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A
aimela
19/05/2008 20:31
On perd facilement nos moyens, nous croyant ridicules lorsqu'on nous observe alors que dans le regard de l'autre c'est de l'admiration . En tout cas , on sort enrichi de ces échanges