Moments de rêves et d'émotions en prose ou poésie pour petits et grands.

On dit qu'un jour, Carl sonneur et fossoyeur zélé mais très mal payé par son patron la paroisse de Pitgam, fit un soir de Noël, une rencontre avec le Malin.
Ce dernier lui proposa de signer un pacte qui devait le rendre riche et lui attirer la sympathie de toutes les flamandes.
Sans aucune hésitation Carl signa le parchemin, y compris la petite clause presque illisible tout en bas, qui spécifiait que dix ans plus tard il rendrait son corps et son âme à Satan.
Le petit fossoyeur vécut heureux, voyageant et s'amusant tout son saoûl.
De temps en temps son regard s'assombrissait un peu en pensant à la petite condition, mais il la balayait de son esprit en buvant du bon vin et caressant la chevelure de sa compagne du moment.
L'échéance arrivée, le Diable demanda à Carl de le suivre en pointant son doigt crochu sur les dernières lignes du pacte.
Prétextant d'y voir un peu moins bien que dix ans plus tôt, le fossoyeur l'entraîna dans l'église sous la lumière des cierges afin d'y voir, soi-disant, plus clair.
A peine arrivés dans le saint édifice, Carl jeta le parchemin dans l'eau du bénitier, ce qui eut cet inexplicable effet physique, que de se consumer.
Le malin n'est pas toujours ce que l'on croit !
Eperdu de rage, Satan s'enfuit et tapa le sol de la grand-place de toutes ses forces.
Les abîmes de la terre s'ouvrirent alors, pour accueillir leur maître, de retour de son infructueux voyage chez les flamands.
Le sol ne se referma jamais, et encore aujourd'hui à Pitgam, il reste à cet endroit, une mare toute noire dont personne n'a jamais pu en sonder
le fond, et dont il est souhaitable d'éviter de s'en approcher.