Moments de rêves et d'émotions en prose ou poésie pour petits et grands.
C'est à ce texte, écrit à partir de cette image, dans le cadre du concours Fulgures (3ème prix)
http://www.unendroit.fr/index.php?option=com_docman&task=doc_view&gid=34
que je dois l'obtention du premier site de Litterrances
que j'ai perdu à cause des hackers et tenté de recréé sur Overblog.
Dégage saleté de porte !
Qu’est-ce que tu peux encore vouloir me dire ? Tu n’as plus rien à me prendre.!
Qu’est-ce que j’ai bien pu faire pour que ton image m’apparaisse avant chaque nouveau malheur : une porte de bois brut, massive, criblée de clous apparents comme autant d’impacts de souffrance
que je n’imaginais pas être amené à subir ; un portail d’un autre temps qui ne tient que par un grand mystère au centre d’un mur de pierres grossièrement taillées, envahi par quelques herbes
folles, qui semblent vouloir vous entortiller les pieds pour vous tirer au plus profond du fond.
Qu’est ce que tu me veux encore ?
Il y a bien longtemps que toutes les larmes de mon corps ont emporté dans le caniveau de ma déchéance toute lucidité et toute honte de n’être plus que ce déchet humain.
Oh, ils sont bien essayé de me sortir de là, mais qu’avaient-ils à m’offrir ?
Un bol de soupe chaude, une douche, un lit pour une nuit... Et quand je serai revenu là, mes affaires auraient été fouillées ou pillées ou investies par quelque autre frère de misère.
Qu’ils me laissent avec mes souvenirs et mes regrets.
Qu’ils me laissent m’étourdir dans les vapeurs de mon alcoolisme...
Qu’ils me laissent rêver au temps où j’étais quelqu’un ... quand elle me caressait, et quand nous cajolions nos enfants, de toute la force de notre amour ...
Qu’ils me laissent oublier que le bonheur est éphémère et qu’un jour tout peut s’arrêter, qu’un jour... tout s’est arrêté.
Je peux la regarder sans aucune impression de malaise aujourd’hui, cette porte.
Bizarrement, il flotte en moi, une immense paix intérieure en la voyant.
Je ne ressens plus les brûlures du froid, et une douce torpeur m’envahit. Je me sens bien.
Soudain je la vois s’ouvrir sur une lumière blanche qui m’enveloppe, et me porte...
Je vous vois mes amours, vous semblez m’attendre....
Hé, attendez-moi....
Ne partez pas sans moi...
Ne m’abandonnez plus...
C’est moi... Dîtes vous me reconnaissez ! Je n’ai pas changé à ce point... Je suis...
J’ai oublié mon nom... mais pas vos visages, pas votre chaleur !
Referme-toi derrière moi maintenant, saleté de porte, je reste là, auprès d’eux , enfin !"
Claudie Becques