Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
30 avril 2008 3 30 /04 /avril /2008 16:21



J’aurais aimé retenir...

 

Cet amour, que je n’attendais pas et qui m’était tombé du ciel.
Mais son cœur cerf-volant suivait la course du vent.
Et moi, clouée au sol, je tenais désespérément la corde qui le reliait à moi.
Alors mes forces m’ont lâchée et je l’ai vu repartir, dans l’immensité bleue.


J’aurais aimé retenir...


Ces enfants que ...

 



Claudie Becques (23/05/07)

Désolée par respect pour ceux qui l'ont acheté pour lire la suite cliquer sur :Trace recto

Repost 0
29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 14:52


Voilà ce que c’est de ne jamais faire attention à rien : tu t’es pris les pieds dedans et tu es là, sur le sol, vautré, en larmes au beau milieu des débris.


En d’autres temps, d’autres saisons, j’aurais pris garde à ne pas le laisser traîner.
Je l’aurais soigneusement posé en évidence pour que tous puissent l’admirer mais toutefois à hauteur respectable, pour que nul ne puisse y toucher au risque de l’abîmer ou même de le briser.

Mais j’oubliais que les années ternissent tout, même les plus jolies choses.
Les couleurs ont pâli et j’ai vu peu à peu ton regard glisser dessus comme sur n’importe quel autre objet jusqu’à ne plus s’y attarder du tout.

Pire, je l’ai vu se perdre dans les brumes d’un monde où tout ce que nous partagions n’avait plus sa place et s’attarder sur d’autres choses moins stylées mais plus jeunes, plus attrayantes...

Alors, j’ai voulu le dépoussiérer, le raviver pour retrouver sa splendeur d’antan, en espérant que, comme avant, tu prendrais ma main dans la tienne, pour le contempler religieusement comme un objet d’art que nous aurions réussi à sauver de l’érosion du temps.

Mais je me suis vite aperçue que mes efforts seraient vains, que les quelques ébréchures, et menus morceaux que j’avais déjà à plusieurs reprises recollés dans le passé, lui ôtaient à tout jamais la valeur inestimable qu’il avait au départ.

Il me semblait néanmoins important que tu lui accordes encore un dernier coup d’œil attendri, alors je l’ai placé là, au beau milieu de cette maison vide, pour que tu ne le loupes pas.

Apparemment tu y tenais encore un peu à notre amour !



Claudie Becques (10/09/07)

Repost 0
10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 13:20


Elle s’était faufilée devant le surveillant telle une souris devant un gros chat.
Ils se sont aperçus de son absence un peu avant l’heure d’appeler tout le monde au dîner.

Des volontaires furent désignés d’office afin de chercher la fugitive.
L’un d’eux la trouva très vite, déambulant environ un kilomètre au-delà de la "maison des vieux". 
- "Alors mamie, vous avez eu envie de vous dégourdir les jambes de ce froid-là ?"

Elle était ainsi sortie sans manteau, sous le ciel anthracite et venteux de cet hiver glacial, mais non sans emporter son sac à main, accessoire indispensable.
L’implorant de ses yeux humides et désolés : 
- "Je veux aller chez moi. Ma maison... Elle était là avant... Où elle est cachée ? 
- Mais mamie, c’était avant çà ! Maintenant c’est chez nous votre maison, avec toutes vos amies... 
- Pfff ! Mes z’amies... Des vieilles !"

L’aide soignant enveloppa d’une couverture le corps tout entier, usé et fané de Marcelle : 
- "Une virée dans ma voiture avant d’aller manger, ça vous dirait ?"

Elle ouvrit des grands yeux de fillette : 
- "Et comment ! 
- Alors allons-y jeune fille, je vous fais la visite de la ville illuminée et décorée pour Noël et après on accepte sans histoire, l’ultimatum de la directrice : "tous dans la salle à manger à dix-neuf heures" hein ?... Chut, c’est un secret : il y a des éclairs au dessert." ajouta-t-il sur le ton de la confidence 
- "Hum, des éclairs... Chut... Mais, la ballade d’abord... Je t’aime bien toi... Mais les vieux... Beurk !"

Claudie Becques

Repost 0
Published by Claudie Becques - dans Textes courts
commenter cet article
6 avril 2008 7 06 /04 /avril /2008 18:07

"L'écriture c'est le coeur qui éclate en silence"

Christian Bobin.



Ce sont ces mots confiés au premier qui passe, parce qu'il fait gris et qu'il pleut sur notre vie.

Ces mots qui débordent de notre cœur en crue, trimballant les débris d'un amour fracassé et la boue de la désillusion.

Accroché à cette oreille ouverte pour ne pas se laisser emporter par la vague du désespoir, on lâche ces mots qu'on devrait garder, cachés au fond de soi en attendant le retrait des nuages, le retour du beau temps, du calme qui toujours, revient après la tempête.

Ce sont ces mots qui font si mal lorsqu'ils sont éructés d'une bouche en colère.


Ces mots qui jaillissent du cratère de notre être dans un grondement furieux.


Chaque parole provoquant une brûlure au cœur, une brûlure à l'âme jusqu'au dernier degré.

Cette coulée de haine à laquelle rien ne résiste et qui détruit irrémédiablement tout espoir de renaissance, figeant à tout jamais, ce que fut le bonheur.


Ce sont tous ces mots d'amitié et d'amour, ces paroles réconfortantes ou de compassion, tous ces petits grains, ces petites particules de bonheur qui, enfermés dans le sablier de la pudeur ne franchissent pas nos lèvres.

Retournés à chaque épreuve, ils nous font mesurer combien le temps passe trop vite, et, lorsque s'achève  celui qui était imparti au proche aimé, on prend alors seulement conscience de tous ces mots, qui nous ont échappés.

 


Claudie Becques ( 01/07/2006 )

Repost 0
Published by Claudie Becques - dans Textes courts
commenter cet article
4 avril 2008 5 04 /04 /avril /2008 11:40
 Eminem



L’ado, pour aller à l’école, il met son uniforme d’ado : son jean extra large, un baggi ça s’appelle, qu’il laisse descendre un peu, pour qu’on puisse voir l’élastique de son caleçon, parce que c’est comme ça que ça se porte un baggi.

Et puis par dessus, un sweat, à capuche, parce que sans, çà ne le fait pas, et pour finir, les chaussures, des grosses, sur lesquelles dévale le baggi. Les lacets, on les rentre à l’intérieur, çà sert à rien les lacets, c’est garniture.

Ah oui, surtout ne pas oublier : le baladeur..............


Désolée par respect pour ceux qui l'ont acheté pour lire la suite cliquer sur :Trace recto


Claudie Becques (12/10/2004)

Repost 0
Published by Claudie Becques - dans Textes courts
commenter cet article
4 avril 2008 5 04 /04 /avril /2008 11:09

Ce texte est la suite de "la petite Elfe de lune".  La maladie, vue de l'intérieur, par l'ado elle-même.


Putain, c’est pas vrai ! Qu’est-ce qu’ils m’ont encore inventé aujourd’hui : plus de télé !

Ils veulent me rendre dingue où quoi ? Pourquoi ils sont comme çà avec moi ? J’étais tranquille, peinarde, j’embêtais personne, d’ailleurs tout le monde vous le dira que je suis cool, souriante, dynamique...
Je croyais vivre dans un pays de liberté... Foutaise !

Ils m’ont enfermée ici çà fait plus d’un mois, pour « me refaire une santé ». Je ne vois pas pourquoi, je ne suis pas malade !
Je suis dans cette prison aux murs blancs sans l’avoir mérité.
Ils m’interdisent de voir mes parents. Je ne comprend pas.
Je les aime mes parents. Et eux aussi, je l’ai vu dans leurs yeux pleins de larmes quand ils sont repartis sans moi.
Ce sont les enfants martyrs que l’on enlève à leur famille, pas les enfants heureux.
Ils disent que je dois couper le cordon. Trop nuls !
Quand mon père et ma mère viennent apporter mes habits, j’essaie de les voir derrière les carreaux, mais ces derniers temps, les infirmières m’ont dit que c’était inutile d’attendre, qu’ils n’ont plus le droit de passer par là.

En plus ces salops de cerbères fouillent mes affaires, l’autre jour ils m’ont rendu le petit mot que j’avais glissé dans le linge sale à l’attention de maman. Je les hais !
Oui, ils m’aiment mes parents, et ils ne m’oublient pas.
Je sais qu’ils n’ont pas le droit de m’écrire, mais ils sont malins : l’autre jour ils avaient glissé dans mes affaires, ma boîte à bijoux, et j’ai trouvé une petite bague que je n’avais jamais vue. Il y avait de gravé dessus « LOVE ».
Et puis ils m’achètent des nouvelles chemises de nuit et des tee-shirts avec plein de cœurs, de bisous, de nounours...
Je fais semblant de rien. Mais je comprends.

Tous les jours il y a un prof qui passe, mais il ne m’apprend rien : faut pas que j’étudie.
Avec leurs conneries, si je m’éternise ici, je ne vais même pas pouvoir passer mon brevet.
J’avais pourtant 15 de moyenne !

Remarque, je l’aime bien ce mec, il est marrant. Il me prend en photos, et à l’ordi on s’amuse à les déformer... Il fait ce qu’on lui a demandé.
S’ils croient que je ne vois pas où ils veulent en venir !
Ils me prennent pour une débile où quoi ?

C’est pareil, ils m’ont montré ces machines pour me foutre la trouille. Ils m’ont dit que si je continuais à m’obstiner, ils vont me dialyser et me mettre une sonde gastrique.
Alors je les ai roulés : l’autre jour avant la pesée, j’ai bu deux litres d’eau et j’avais repris 600 grammes, ils étaient vachement contents !
Du coup ils m’ont fichu la paix avec leurs machines.

Par contre ce matin, ils ont déboulé sans crier gare avec la balance et ils ont fait la gueule en voyant qu’ils étaient repartis leurs 600 grammes.
Alors ils m’ont piqué les photos de mes parents et de mon frère que j’avais accrochées au mur, ainsi que la télécommande de la télévision.
« Faut que je réfléchisse », ils m’ont dit.
A quoi ? Je fais ce que je veux.
De toute façon j’ai encore 3 kilos à perdre ! Et ils peuvent me faire tout ce qu’ils veulent, mon corps est à moi, et il m’obéit au doigt et à l’œil.
C’est comme ces trucs de fille. Quelle horreur ! Eh ben voilà, çà fait six mois que je suis tranquille !
Ils m’ont dit pour me faire peur, comme d’hab que çà m’empêcherait sûrement d’avoir des enfants plus tard !
N’importe quoi !
De toute façon je pourrai toujours en adopter.. et puis à 15 ans, j’ai le temps !

N’empêche qu’ils vont finir par m’attaquer le moral avec toutes leurs mesures draconiennes.
Plus de télé ! Je m’ennuie.
Ils arrêtent pas de chambouler mes petites habitudes.
Du coup ce matin je ne me suis même pas maquillée... pas coiffée... pas de bonjour... pas de sourire...

J’en ai marre ! Qu’ils me foutent la paix !
Qu’ils me la mette cette machine, de toute façon mon corps il a l’ordre de ne rien sentir.

Claudie Becques

Repost 0
Published by Claudie Becques - dans Textes courts
commenter cet article
2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 11:13

 

  On est tous un peu coupable. La justice, les médias, et nous les anonymes.

Voici ma participation au défi n° 19
de l'Abeilles50
dans le cadre de la communauté
"La Ruche des Beaux Mots"
Ecrire un texte en qui évoquera un fait d
ivers
que vous avez suivi dans votre ville,
 à la télévision, dans un journal...

 

abeilles.jpg


J'étais un anonyme sans histoire, un quidam.


J'avais une vie tranquille, calme et bien rangée, banale, voire ennuyeuse, sans coup d'éclat, sans coup d'esclandre, sans coup tordu.


J'étais un être humain aimé et estimé.


Je croyais aux institutions, à la justice, en mon pays de liberté.


Du jour au lendemain, je suis devenu un monstre, une créature répugnante.................


Désolée par respect pour ceux qui l'ont acheté pour lire la suite cliquer sur :Trace recto

Claudie Becques (17/03/06)

Repost 0
Published by Claudie Becques - dans Textes courts
commenter cet article
29 mars 2008 6 29 /03 /mars /2008 08:23

 



Bzz, Bzz, Bzzz...

Croâ, Croâ, Croâ...

Coin, Coin, Coin, Coin ...

Ah ! Ici c'est le paradis ! Quel bonheur !

Je suis cachée dans les roseaux et je regarde autour de moi. Le silence... où du  moins le léger clapotis de l'eau... et la faune !

Je suis en parfaite osmose avec la nature !

 
Une grenouille est là, posée sur une feuille de nénuphar... Je retiens mon souffle pour ne pas l'effrayer... Plouf !

Un grand cormoran noir qui survole l'étang l'a effrayée. Oh ! Une libellule !

Coin, coin, coin... Voilà le cygne, majestueux, il gonfle fièrement les ailes... Les poules d'eau lui laissent le passage... Une perche saute !... Oh, une carpe là dans le fond...


Tandis que sur la berge d'en face, un éléphant ....???? ...

Un éléphant ?????...

-"Dis, Chérie, tu vas sortir quand du bain ?

Et, tu n'es pas un peu... "grande", pour t'amuser avec les jouets du gamin ?"
 

Becques Claudie (10/10/04)


Repost 0
Published by Claudie Becques - dans Textes courts
commenter cet article
29 mars 2008 6 29 /03 /mars /2008 07:53

 

 

On en parlait pourtant depuis des années ! Tant qu’un petit sourire en coin, se dessinait sur nos lèvres en évoquant cette éventualité.
Mais lorsque le facteur sonne pour la signature de l’accusé réception de cette fameuse lettre de licenciement, c’est une énorme claque, que l’on prend en pleine figure.
On s’assied. Puis on lit... Economique... Fermeture définitive de l’usine... Celle où mon grand-père a commencé à travailler à 14 ans, qui y a fait entrer mon père pour ses 14 ans également, qui m’a ensuite « pistonné » à son tour pour mes 18 ans. C’est qu’elle faisait partie de la famille cette bonne vieille papeterie ! Dès lors commence le triste décompte jusqu’à la fin du préavis.
A la réception des papiers de l’allocation de chômage, on se dit que finalement, on est encore à l’abri du besoin pendant quelques mois, et que cela ne posera sûrement pas de problème de retrouver un nouvel emploi.
Une douce euphorie vous envahit alors, et c’est avec  jouissance que vous vous laissez aller à quelques grasses
matinées et à la nouvelle organisation de vos journées.
Avoir enfin le temps de faire ce que l’on aime !
Lire, écrire, écouter de la musique, regarder la télévision, entretenir sa maison, son jardin...
Après quelques semaines, on commence à s’activer un peu plus sur la recherche d’un nouveau travail : on compulse les journaux, on se présente aux bureaux d’embauche des Sociétés du coin...
Les premiers refus ne tardent pas à attaquer le moral.
Je me souviens être restée des matinées entières, assise à côté de la fenêtre, à guetter le passage du facteur, qui n’apportait aucune réponse à mes nombreux courriers.
Les mois passent. Vous êtes déprimée, vous vous sentez inutile. Tout ce temps libre est insupportable, et vous n’avez même plus le goût à rien. On finit par faire fi de toute coquetterie, pour ne plus traîner qu’en jogging, plus
pratique pour passer de la chaise au fauteuil, et du fauteuil au divan.
Et puis tombe la convocation à l’ASSEDIC, où il s’agit de justifier ses recherches à un type qui vous assène le coup de grâce par un :
« Dîtes donc Madame, quand on n’a pas de diplôme, on fait pas la fière ! Il faudrait peut-être voir à envisager de
troquer la machine à écrire contre un balai et une serpillière ! »
Comment lui expliquer que toutes ces choses apprises au fil des ans, directement sur le « tas », font certainement une bien meilleure secrétaire qu’une petite mijaurée avec bac +x, que ce métier c’est ma passion et qu’il me manque ; que j’ai rien contre le balai et que je le prendrai s’il le fallait, lorsque j’aurai épuisé la totalité de mes allocations. Parce que, après tout, j’ai cotisé pour çà non, quand j’étais active !

Indignée, humiliée, dégoûtée, je suis rentrée chez moi plus déterminée que jamais à prouver à ce goujat que je trouverai ce nouveau poste d’employée de bureau.

Quelques jours plus tard, je passais avec succès, l’épreuve de l’entretien, avec celui qui devint mon nouveau patron !

Claudie Becques

Repost 0
Published by Claudie Becques - dans Textes courts
commenter cet article
21 mars 2008 5 21 /03 /mars /2008 15:47

a-la-mode.jpg

 

Julie a six ans. C'est une petite fille très éveillée pour son âge. Elle habite un HLM avec ses parents. Mais à six ans on ne comprend ces histoires de loyer modéré alors elle dit un "Ah je l'aime…. PAS!".

Ses parents sourient quand elle dit ça. Un sourire triste.

 

-         "Bientôt on habitera à nouveau dans une vraie maison" promet sa maman.

 

Son père, lui, serre les poings et les dents. C'est pourtant pas un fainéant. Depuis la fermeture de l'usine où il travaillait Luc enchaîne les petits boulots intérimaires, du moins quand on lui en propose. Il accepte tout, mais quand il a déduit les frais d'essence et payé les factures il ne reste plus grand chose pour le superflus.

Alors il a fallu supprimer les vacances, puis revendre la petite maison pour laquelle il s'était endetté pour vingt ans, et finalement emménager dans cet appartement en ville.

Luc et Sylvie s'étaient connus dans la même entreprise.

Deux étoiles de mer… sur le sable.

 

Sylvie travaille à domicile. Elle propose des petits travaux de couture et de repassage. Une façon d'arrondir un peu les fins de mois.

 

-         "Avec un grand jardin, plein d'arbres et de fleurs ? demande Julie

-         Oui, chérie, comme chez papi." la rassure sa maman.

 

Tous les mardis soirs, les grand-parents viennent chercher la petite pour l'emmener chez eux à la campagne à une quinzaine de kilomètres de là, et la re-dépose le jeudi matin à l'école.

 

L'enfant passe ainsi tout le mercredi au grand air. Elle est imbattable pour reconnaître les allées de plantations :

 

-         "Les carottes, les zaricots, de la salade, des patates… énumère-telle en pointant son petit doigt.

 

Papi est très fier de son apprentie cultivatrice. Il lui a offert de vrais outils, à sa taille et lui a aménagé une petite parcelle de terre rien que pour elle.

 

-         "C'est de la bonne terre ça pitchounette, tu peux y faire pousser n'importe quoi. Tiens tu trouveras dans cette boîte toutes les graines que tu veux, des fleurs, des légumes comme sur l'image des petits sachets."

 

Julie bine. Julie sème. Julie arrose. Julie observe.

Et papi observe Julie d'un œil attendri.

 

Le week-end Julie montre fièrement à ses parents son joli petit jardin, où un peu de verdure paraît enfin.

 

Les semaines passent et l'enfant semble inquiète. Rien ne pousse à un endroit précis. Elle s'accroupit, fouille la terre du regard. Rien. Elle va remplir son petit arrosoir sans rien dire et inonde la parcelle récalcitrante.

-         "Il faudra bientôt déduire tes carottes, remarque papi, sinon elles vont étouffer ainsi serrées".

 

Et de ses petits doigts,  la gamine imite son grand-père en prélevant ça et là  quelques fines tiges de la route quelque peu tortueuse tracée par l'enfant.

 

Bientôt les premières récoltes.

 

Mais la fillette pleure soudain devant le petit bout de terrain toujours vierge.

 

-         "T'avais dit que je pouvais planter n'importe quoi, que ça pousserait !" hoquète-t-elle tandis que le grand père l'interroge sur ce gros chagrin

-         Ah, mais ça arrive aux meilleurs jardiniers, c'est peut-être la maladie ! Qu'avais-tu planté à cet endroit ?

-         Des sous… Pour faire pousser un arbre à sous pour acheter une vraie maison à papa et maman, parce que moi : Ah  je l'aime vraiment… pas !"



Claudie Becques 

 

 

Repost 0
Published by Claudie Becques - dans Textes courts
commenter cet article