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24 juin 2008 2 24 /06 /juin /2008 09:22


L'autre jour, au matin je me suis levée.

Enfin j'ai essayé, parce que mon genou faisait la tête.

-         "Lève-toi si tu veux, mais je ne marcherai pas. Aujourd'hui je suis en grève.

-         Tu plaisantes ? Allez debout ! On ne se met pas en grève comme ça, sans préavis…

-         Tu en as eu des préavis mais tu n'en eus point cure !

-         Oh, mais s'il fallait s'arrêter à tout bout de champ… Faut pas se laisser aller !

-         Ben vas-y toi si tu veux, mais moi j'arrête d'aller et venir dans tous les sens.

-         Tu me fais marcher ? dis-je avec un sourire jaune

-         Justement non, j'ai décidé que toi, tu m'avais fait assez marcher comme ça,

-         Allez, arrête… viens…

-         Non, je n'irai nulle part. J'en ai marre de me plier à toutes tes exigences, tu marches, tu cours, tu danses, tu sautes… As-tu demandé mon avis ?

-         Allez  ! Je te le demande à genoux, essayai-je de l'attendrir en lui faisant mes yeux-papillons

-         Pfff ! Ca m'étonnerait ricana-t-il

-         Si tu continues, je te tords le cou menaçai-je alors

-         Oh, sur un autre ton veux-tu, s'emporta-t-il, après tout c'est toi qui m'a mis sur la rotule !

-         Pardon… On va y aller molo maintenant…

-         Non, non, non je ne plierai pas !

-         Ok, fais comme tu veux, je saurai bien me passer de toi ! Traîne la patte si tu veux mais moi je n'arrêterai pas !"

 

Et cahin-caha, je me passai de son aide et persistai à aller de l'avant sans regarder en arrière.

Alors je le vis se fâcher, et il gonfla, gonfla… comme une mongolfière.

Comme j'ai le mal de l'air et quand même un peu les pieds sur terre, j'ai plié :

 

-         "D'accord, tu as gagné ! Qu'est-ce que tu veux ?

-         Une petite cure de repos. Quelques jours, s'il te plaît…

-         Juste quelques jours alors ?

-         Promis !"

 

Et voilà pourquoi je me retrouve à écrire ces conneries !

 

Claudie Becques (24/06/08)

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11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 20:40


Finalement, je suis bien tout là-haut.

Jolie vue !

  

Ca n’a pas été sans mal pour y arriver tout de même.

 

Je me souviens que toute petite, il me semblait infranchissable, mais je n’avais pourtant qu’une idée en tête : y grimper.

 

Mes parents ont du m’aider pour les premiers barreaux, ils me tenaient les mains pour que je ne tombe pas, ils me guidaient aussi, m’évitaient les faux-pas.

 

Avec le temps, j’ai pris de l’assurance et le nez levé vers l’avenir, j’ai gravi les autres marches, forte de mes certitudes.

J’ai trébuché parfois, mais je me suis accrochée et n’ai jamais renoncé.

 

Je me disais, quand tu y seras là-haut, bien assise, bien installée, après, il n’y aura plus qu’à te laisser glisser dans une vie tranquille, dans la sérénité.

 

Alors pourquoi ?

Pourquoi ne suis-je pas apaisée, maintenant que j’y suis, à mi-parcours, à mi-chemin, à mi-vie ?

 

Certes, la voie est lisse et directe, sans risque et sans danger, du moins c’est ce qu’il y paraît.

Ce qui m’inquiète le plus, c’est l’absence de rambarde de ce côté, rien pour se raccrocher si tout allait trop vite.

 

Et puis, la chute finale, le nez dans la poussière.

 

Mais, poussez-pas derrière !

 

Tout compte fait, je préfère redescendre par où je suis montée.

 

Comment ça, c’est pas possible ? Bon ! Alors... J’y vais ?

 

 

 

 

Claudie BECQUES

 

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7 juin 2008 6 07 /06 /juin /2008 14:15
A partir d'un fait divers, entendu sur les ondes, aux infos....


Snif, Snif, Snif…

- Pleure pas !
- Je veux rentrer chez moi !
- Je sais, moi aussi ! Arrête de pleurer, çà sert à rien.
- J'ai froid, il fait noir, j'ai peur !
- Je sais, viens contre moi, remet bien ton bonnet là comme çà.
- Tu crois qu'ils vont nous faire du mal ?
- Mais non !… du moins je l'espère…

Ils étaient une bonne trentaine, terrorisés, entassés les uns contre les autres dans cette camionnette.

- Pourquoi ? Pourquoi ils nous ont pris ?
- Va savoir ! Une rançon peut-être ?
- C'est parce qu'on est petit, on peut pas se défendre !

- Regarde le gros là-bas, même lui, ils l'ont eu !
- Ben ouais, ils s'y sont mis à deux pour m'enlever. J'ai rien vu venir. Le chien les a poursuivis pourtant ! Il a même arraché le fond du pantalon du mec qui portait un treillis, tandis qu'il montait sur le muret ; mais il m'a poussé dans les bras de l'autre qui attendait de l'autre côté, et me voilà.

Snif, Snif, Snif

En entendant le récit "du Gros", les plus petits se mirent à pleurer.

Puis, soudain, la camionnette s'immobilisa. Un claquement de portières. Des bruits de pas.
Ils attendaient le souffle court, le sort que leur réserveraient leurs ravisseurs.

Le haillon arrière s'ouvrit :
"Allez ouste, les nains, tous dehors ! La voilà votre vraie place : dans la forêt, plutôt que d'orner les jardins de vos maîtres. Et s'ils viennent vous rechercher faites leur le bonjour du F.L.N.J. (Front de Libération des nains de Jardin)."

Claudie Becques

nains-de-jardin.jpg

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28 mai 2008 3 28 /05 /mai /2008 15:05


Femme nue au chien de Gustave Courbet (1868)



Pour tous, je suis l'infâme, la briseuse de ménage, la voleuse de père, la sale bête.


C'est vrai que je n'ai pas mesuré tout de suite la portée de cette relation.

J'ai craqué au premier regard et je suis très vite devenue "à crocs".

Son amour est maintenant à tout jamais tatoué dans ma chair.


On me jette la pierre, mais imagine t-on seulement ce qu'est ma vie, toutes ces heures d'attente truffées de contre-temps.


Je l'écoute patiemment me parler de son travail, de sa femme, de ses enfants et le laisse repartir sans gémir.


Je ne dois me contenter que de quelques restes volés à sa vie conjugale.


Il m'offre le collier mais c'est elle qu'il sort.


Il me fait livrer des boîtes par le traiteur et il l'emmène au restaurant.


Je reçois quelques caresses, elle a toutes ses nuits.


Je l'attends, épilée, toilettée et fait une fête de chaque minute qu'il veut bien m'accorder.


Mais j'en ai marre de vivre muselée et de ronger mon frein.


Je brise mes chaînes et m'euthanasie.


De toute façon, c'était ma destinée, de crever toute seule, comme une chienne.

Claudie Becques (22/04/05)

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27 mai 2008 2 27 /05 /mai /2008 14:03

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Par un jour de grand vent, je suis tombée amoureuse d’un cerf-volant.


J’ai bien essayé de le retenir par le fil de mon cœur, mais le volage ne demandait qu’à s’envoyer en l’air, toujours plus haut et loin de moi.


Je me suis dit : "Si Rocco est ainsi, soyons dans le vent et lâchons du lest, bientôt j’aurai le Mistral gagnant."


Mais le vent ne tournait jamais en ma faveur et lui, alors de se la jouer freestyle, de virevolter, de tourbillonner et d’enchaîner les figures porté par les courants d’air, tandis que moi, au sol, je maintenais tant bien que mal l’infime fil de ma patience.


Un amour si Blizzard, Aquilon ne peut se fier était Autan dire voué à l’échec.
Fallait-il à ce point avoir le cerveau lent ou pire un Grain pour ne pas s’en rendre compte !


Bourrasquement j’ai fini par lâcher le lien avant qu’il ne me Brise, et je l’ai vu monter très haut dans le ciel, aux vents mauvais, pour ne plus devenir qu’un tout petit point que j’ai perdu de vue.


Curieusement, mon chagrin que j’avais envisagé Cyclone ne fut que Zéphyr et je me suis enfin sentie libre comme l’air.


Claudie Becques

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22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 14:03
 "L'indifférence" de Daniel JOUX


-         "Quand je serai grand, je sauverai les gens !"

 

C'est à quinze ans qu'il prit cette décision et qu'il écrivit sur la fiche d'orientation, son vœu de poursuivre ses études dans le scientifique.

 

Soulager ceux qui souffrent, donner en quelques sorte une seconde vie à celui qui, par accident ou maladie, risque un jour de la voir écourtée.

 

C'était son vœu le plus cher.

Sa destinée.

 

A force de courage et de ténacité, il parvint au but fixé.

 

Le Professeur, réputé dans le monde entier se dévoua corps et âme à la médecine.

 

Rafistoler les chairs, scier, couper, greffer des membres ou organes atrophiés, remettre en état de marche des tuyauteries défectueuses… tout ça n'avait plus aucun mystère pour lui.

 

-         "Ce n'est pas parce que vous m'avez sauvé que vous êtes Dieu le Père, et que vous avez le droit de me parler sur ce ton !" lui avait rétorqué le malade.

 

Interloqué, il se retourna et toisa ce patient.

 

C'était la première fois qu'on l'apostrophait de cette façon, Lui, ce grand ponte qui avait consacré tant d'années sur les bancs des facultés et dans les blocs opératoires.

 

Son regard détailla alors les traits douloureux et angoissés du rebelle, puis se perdit dans les brumes du passé, vers cet adolescent qui "voulait faire quelque chose de sa vie en soignant les gens", et il murmura, tout en se demandant à quel moment il avait bien pu perdre son âme :

 

-         "Vous avez raison, excusez-moi !"

 

 

 

Claudie Becques (01/06/07)

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19 mai 2008 1 19 /05 /mai /2008 09:09






Portée par la musique de mon cours d’aérobic, je virevoltais dans tous les sens, le cerveau vide de tous tracas.
Une drôle de sensation me déconcentra soudain.
Face à moi elle suivait des yeux, les mouvements de mes pieds.
Je pris alors conscience d’être ridicule, à sautiller ainsi à mon âge, alors qu’elle, si jeune… J’en perdais le tempo et la chorégraphie.
Je n’avais plus qu’une hâte : arrêter.
Quand ce fut le cas, j’allai prendre mes affaires, juste à côté du fauteuil roulant de la jeune fille.
Elle me regarda, droit dans les yeux, et me dit d’une voix claire et nette :
- Bonsoir… J’adore vous regarder danser !
- Merci, c’est gentil balbutiai-je, le regard fuyant, et comme je ne trouvai rien de plus intelligent à ajouter, je me dirigeai vers les vestiaires avec un "B’soir".

Après avoir douché ma honte, je repassai par la salle, où l’on avait installé des tables de ping pong. Intriguée, je m’attardai quelques minutes.
Elle prit place, avec une raquette, derrière l’une d’elle.
Et cette gamine si fragile dans son immobilité, se mit à faire virevolter d’une main, son fauteuil de façon stupéfiante et renvoyer, de l’autre la balle avec une précision incroyable.
Son rire cristallin, résonnait dans toute la salle.
Son jeune partenaire "valide" fit les frais de son dernier smatch, et s’avoua vaincu en lui tapant joyeusement dans la main comme le font tous les jeunes entre eux.
Consciente d’être observée, elle se tourna alors vers moi, et m’adressa, mutine, ce clin d’œil qui me permit de partir, le coeur léger.

Claudie Becques (05/02/05)
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9 mai 2008 5 09 /05 /mai /2008 17:43



J'ai rêvé pour toi une vie paradisiaque.

J'ai construit pour toi un environnement pastel, tout en douceur.

J'ai bercé tes peines en te chantonnant des berceuses.

J'ai anticipé tes gestes pour que tu ne te blesses pas.

Je t'ai tenu la main pour traverser la route.

Je t'ai appris la tolérance ...............

Désolée par respect pour ceux qui l'ont acheté pour lire la suite cliquer sur :Trace recto

Claudie Becques (15/01/06)

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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 08:48


Oeuvre de daniel Joux "J'arrive"

Dans mes rêves d'enfant, je voyais les choses en grand.

Normal ! Quand tu es tout petit, tout le monde paraît géant.
Et puis avant de devenir grand,quand tu es petit,
tu te dis que tu as  tout le temps !
Et dans ta petite tête germent les grandes idées, les grands projets.

Pour y arriver j'avais ma petite idée :
poursuivre de grandes études, 
devenir un grand patron,
avoir une grande maison,
fonder une grande famille.
Bref, devenir un grand homme avec son petit bonheur.

Je considère le chemin parcouru.
Plus j'ai grandi,
plus mes grands projets se sont rapetissés.
Ma petite idée s'est envolée
dans le vent des grands tourments.

J'ai fait des petits boulots.
Jamais pu me payer une petite maison.
Ma petite famille s'en est allée, me laissant avec mon grand désarroi.

C'est trop tard.
Plus assez de temps.
Maintenant que je suis grand je me sens si petit !

Maman !


Claudie Becques

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2 mai 2008 5 02 /05 /mai /2008 14:36

Pour certaines, la vie n'est pas forcément celle qu'elles avaient rêvée...

 


"Du rêve à la réalité" Oeuvre de Daniel JOUX.
  (http://pagesperso-orange.fr/daniel.joux/)

 

Au creux d’un lit douillet, entourée de peluches, de cotonneux nuages m’emportaient vers ce que serait ma vie de demain, celle de "quand je serai grande".
Je ressentais alors le souffle pur du baiser de mon Prince charmant qui m’enlevait sur son destrier blanc.
Je portais une longue robe couleur du printemps brodée de pierres précieuses.
Nous habitions un palais somptueux adulés par notre cour et nos fidèles serviteurs.
L’amour régnait partout autour de nous. Je passais mes journées à broder et peindre.
De notre belle union naquirent de beaux enfants et nous vécûmes ainsi irradiés de bonheur jusqu’à la fin des temps....

 


Sur mon vieux canapé troué, je n’arrive pas à trouver le sommeil. Je cherche désespérément le moyen de fuir mon quotidien.
Je suis sortie sur la pointe des pieds de notre chambre et de ce maudit lit, pour fuir l’haleine de vinasse du porc qui ronflait à côté de moi.
On habite un F3 dans une zone surpeuplée, où s’affrontent chaque jour les flics et les loubards sur le parking en bas où notre vieille R5 est sur quatre parpaings, complètement calcinée.
Dans les cinq heures du matin, dans ma blouse rayée et le visage tuméfié par ma dernière raclée, je partirai alors à pieds, nettoyer les toilettes de la gare et tenter d’effacer les derniers graffitis obscènes.
Les antidépresseurs m’aident à oublier que mes enfants sont en foyers d’accueil.
Je sais qu’un de ces jours je déciderai d’en finir et de partir rejoindre les cotonneux nuages de mes rêves d’enfant.

Claudie Becques (04/09/07)

 

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