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7 octobre 2009 3 07 /10 /octobre /2009 05:07

"L'écriture c'est le coeur qui éclate en silence"

Christian Bobin.



Ce sont ces mots confiés au premier qui passe, parce qu'il fait gris et qu'il pleut sur notre vie.

Ces mots qui débordent de notre cœur en crue, trimballant les débris d'un amour fracassé et la boue de la désillusion.

Accroché à cette oreille ouverte pour ne pas se laisser emporter par la vague du désespoir, on lâche ces mots qu'on devrait garder, cachés au fond de soi en attendant le retrait des nuages, le retour du beau temps, du calme qui toujours, revient après la tempête.

Ce sont ces mots qui font si mal lorsqu'ils sont éructés d'une bouche en colère.


Ces mots qui jaillissent du cratère de notre être dans un grondement furieux.


Chaque parole provoquant une brûlure au cœur, une brûlure à l'âme jusqu'au dernier degré.

Cette coulée de haine à laquelle rien ne résiste et qui détruit irrémédiablement tout espoir de renaissance, figeant à tout jamais, ce que fut le bonheur.


Ce sont tous ces mots d'amitié et d'amour, ces paroles réconfortantes ou de compassion, tous ces petits grains, ces petites particules de bonheur qui, enfermés dans le sablier de la pudeur ne franchissent pas nos lèvres.

Retournés à chaque épreuve, ils nous font mesurer combien le temps passe trop vite, et, lorsque s'achève  celui qui était imparti au proche aimé, on prend alors seulement conscience de tous ces mots, qui nous ont échappés.

 


Claudie Becques ( 01/07/2006 )

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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 22:00




vision-copie-1.jpg


Notork a trop mal dormi ce jour. Pour calmer son insomnie il a ressorti des vieux DVD sacrés pour revoir sur son antique écran plasma les images de la vie d’antan.

 

Ce qui lui paraît le plus dingue c’est d’imaginer qu’il y a eu des icebergs sur la terre, des ours polaires, des pingouins. Et cette vie en plein jour, protégée par ce qu’ils appelaient la couche d’ozone, ça le fait rêver.

Il aime revoir les visages différents des hommes de ce temps, avec des oreilles sur le côté et cette aspérité en plein milieu appelée "nez". Leur couleur même était différente. Ca entraînait paraît-il des guerres ! Il fallait vraiment être sous-développés pour se battre pour une raison aussi futile ! Au moins, maintenant on est tous égaux : tous couleur terre brûlée, et ce même aspect de corps fondu.

Il doit bien faire encore 70° ce soir ! Il avale sa pilule de concentré de protéines et de vitamines, il boucle soigneusement sa combinaison anti-UV, met sa paire de lunettes infra-rouges, et il sort de sa coupole réfrigérée pour se rendre à son usine de fusées intergalactiques. Ca aussi c’est un plus : il n’y a plus de problème de chômage. Lors du grand tremblement de la planète en l’an 2125, qui a fait exploser plusieurs dizaines de centrales nucléaires, seuls les plus jeunes et vigoureux s’en sont sortis.

Bientôt Notork ira passer ses vacances sur Mars. Là-haut ils ont réalisé un grand parc d’attractions avec des objets, des espèces animales et végétales reconstituées, comme en 2006.

Claudie Becques
(2006)

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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 15:42

"Nos défauts ont la fâcheuse habitude d’être plus flagrants que nos qualités !" (Claudie Becques)

 

Il regardait souvent ses mains avec mépris en disant :"Je ne sais rien faire de mes dix doigts".
Moi je les trouve belles ses mains. Elles sont fines, douces, bien blanches et soignées.
C’est important les mains. C’est si sensuel.
J’aime quand elles enserrent mes épaules ou ma taille, quand elles deviennent baladeuses et qu’elles caressent ma peau...

- "Arrête, tu n’es jamais sérieuse !
- Mais, si...
- Je ne suis même ...........
 
Désolée par respect pour ceux qui l'ont acheté pour lire la suite cliquer sur :Trace recto

Claudie Becques (31/01/06)
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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 20:00

Un jour mon prince viendra....


Voici ma contribution au Défi n° 5
de l'Abeilles50
dans le cadre
de la Communauté de
la Ruche des Beaux Mots :

 Votre
"coup de gueule"
contre une
(ou plusieurs)  exploitation humaine qui vous révolte.

 




Il était demandé si possible
en vers,
mais ce texte est une réédition...

Les exploitations humaines sont tellement nombreuses que je trouverai certainement
un autre coup de gueule à pousser en vers !
 




 

Elle l'aime parce que ce fut une évidence dès le premier regard dans la cour du lycée.

Qu'il était beau comme un dieu et que malgré toutes les filles qui tournaient autour de lui, c'est elle qu'il a choisie.

Elle l'aurait suivi n'importe où... C'est d'ailleurs ce qu'elle a fait.

Elle l'aime parce que c'est dans ses bras qu'elle a découvert l'amour et que malgré toutes ses maîtresses, c'est auprès d'elle qu'il revient toujours, elle qui l'attend fébrilement.

Elle l'aime parce qu'il a des allures de prince quand il lui ouvre la porte de la voiture ou qu'il l'aide à mettre son manteau quand il l'emmène au restaurant.

Elle l'aime parce que c'est le gendre modèle et .....................

 

Désolée par respect pour ceux qui l'ont acheté pour lire la suite cliquer sur :Trace recto
 

 

Claudie Becques (26/11/08)




Aucune femme ne doit jamais accepter d'être battue, encore moins par amour :
SOS FEMMES

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29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 06:48



On me poussa et m’obligea à m’agenouiller face à ce Roi qui trônait au centre de la pièce.
A ses pieds, des scribes, et tout autour, ces monstres mi-hommes, mi-animaux...
Akhenaton ! Mais oui, c’était bien lui. Mais alors... les autres ? Des Dieux égyptiens !
Il était temps de faire marcher ma matière grise, parce que tout me donnait à croire que j’allais assister à mon propre jugement. Pourquoi et comment j’en étais arrivée là, je l’ignorais, mais pour l’heure, la question était plutôt, comment me tirer de cette situation, plus que critique. Le peson et les quatre vases canopes ne me disaient rien qui vaille.

Maât, déesse de la justice, coiffée d’une plume d’autruche étendit ses ailes pour commencer les débats. Osiris, que je reconnus à son sceptre, son fouet et sa face bleutée relata ce qui devait être les faits, qui m’étaient reprochés. Face à lui, Seth, apparemment très irrité, se transforma successivement en crocodile puis en hippopotame, ce qui me perturba au point de le confondre avec Sobek et Thoueris.

Horus épiait la scène de son œil de facon. Thot, qui jusque là était resté pensif, prit la parole en recommandant aux scribes de tout noter.

Ce n’était évidemment pas au vieux babouin qu’il était, que l’on aurait appris à faire la grimace !
D’autant plus que Bes, ajoutant à son physique grotesque  s’en chargeait bien !
Mais aucune de ses pitreries n’aurait pu à cet instant me faire sourire. Sekhmet rugit pour lui intimer l’ordre de cesser.
Je cherchais désespérément quelqu’un dans l’assemblée, qui aurait pu faire preuve de clémence à mon égard...

Les autres Rois peut-être ? ... Mais le masque de Toutânkhamon demeura impassible et Nerfertiti ne broncha pas non plus. Anubis laissa échapper un petit aboiement d’impatience.
Je me sentais perdue. L’heure de la fin était proche. J’allais être sacrifiée.
Je priais Rê de toutes mes forces, pour qu’il me libérât de ce cauchemar.
Un claquement retentit, la sentence était donnée : la mort.

Soudain, le Dieu du Soleil sembla me faire l’honneur de sa Grâce en envoyant un rayon qui m’aveugla :
-« Maman !
- Hum ! Heu ! Oui ! Je suis là...
- Qu’est-ce que tu fais ?
- Eh bien tu vois, j’époussetais ta collection de statuettes égyptiennes, et je crois bien que j’ai du m’assoupir quelques instant sur ton lit. »

Claudie Becques
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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 22:00

Texte écrit dans le cadre du concours d'Ecriture & Partage clos le 31/10/06
La seule contrainte étant la première phrase obligatoire







Lorsqu’elle s’aperçut de sa maladresse, elle ne broncha pas
.

Cette inertie lui coûta un suprême effort, mais elle réussit à garder un air dégagé, assise confortablement au fond du divan, les jambes croisées.

Seul, le balancement du bout de son pied trahissait son agitation intérieure.

Il lui avait dit qu’il n’avait besoin de personne et qu’il se débrouillait très bien tout seul, alors elle ne bougerait pas.

Elle était encore épuisée de cette longue discussion qu’ils avaient eue.
Elle lui avait ouvert son cœur sans pudeur, dit et répété à quel point elle l’aimait et qu’elle ne pouvait pas concevoir sa vie sans lui, et il l’avait repoussée de tout son orgueil de mâle blessé.

Il l’aimait, elle le savait. Ils s’étaient jurés avant tout çà, que ce serait pour la vie, mais aujourd’hui les données étaient faussées.

Elle le regarda s’éloigner et revenir avec une éponge et se pencher, pour tenter d’absorber la tâche sur le tapis.

Il étouffa un juron en se sentant glisser.
Il se raccrocha à son fauteuil et se redressa finalement :
- "Tu peux m’aider ?"

Elle retint ces larmes qui lui étaient montées aux yeux en le regardant faire, et cette exclamation de joie qu’elle faillit laisser échapper suite à sa demande.

Elle se leva nonchalamment, lui prit l’éponge des mains, s’accroupit et frotta la tâche.

Il posa la main sur ses cheveux, les caressa, et lui dit :
- "C’est vraiment çà que tu veux, passer toute ta vie à réparer les bêtises d’un invalide ?"

Elle releva la tête, et droit dans les yeux, lui répondit avec toute la force de son amour :
- "La seule chose que je veux, c’est rester pour toujours, auprès de l’homme que j’aime".

Il lui prit la main et la fit asseoir sur ses genoux.
Elle se lova contre lui, et chargé de son précieux fardeau, il fit rouler son fauteuil jusque la chambre à coucher.

Claudie Becques (16/09/06)

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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 05:27

femme-aujourdhui.jpg

De toute la journée, elle n'attendait que ce moment : rentrer chez elle pour consulter sa boîte mail.

Elle n'a pas encore ôté son manteau, qu'elle a déjà branché l'ordinateur.

- "Il est si long à se mettre en route" se croit-elle obligée de dire pour se justifier.

Elle a perdu ce regard triste qu'elle affiche si souvent.
La lumière de l'écran n'est pas suffisante pour illuminer ainsi son visage : l'irradiation vient de l'intérieur.

Elle prend un air dégagé, pour ceux qui l'entourent, mais sa façon fiévreuse de manier la souris ne peux tromper personne.
Elle ouvre en parallèle à sa messagerie, une recherche sur laquelle elle revient nerveusement, en retenant un claquement de langue excédé, à chaque fois que l'on passe derrière son dos.

Elle lit, d'une apparence lascive, les jambes croisées, un bras replié sur le dossier du siège, mais du bout du pied, elle martèle la cadence des battements de son cœur.

Puis un sourire furtif glisse sur ses lèvres.
Elle décroise les jambes, redresse les épaules, rapproche sa chaise, et se met au clavier.

Ses doigts courent délivrer la réponse à son destinataire, à une vitesse vertigineuse.
L'inspiration semble jaillir de tout son être.
Puis elle s'arrête soudain, comme essoufflée.

Ses yeux prennent le relais de la course folle de ses phalanges maintenant immobiles, et, dans un soupir, elle clique sur "envoyer".

Elle ferme les fenêtres. Elle repousse le tiroir. S'étire nonchalamment. Son visage se referme.

Elle est amoureuse.

Claudie Becques

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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 18:20
Texte écrit pour la communauté "Ecriture ludique"
Défi n° 38 proposé par Kildar : Début et fin (phrases en italique)



La petite vieille ratatinée se sentit toute réjouie en voyant ce joli enfant à qui chacun faisait fête, à qui tout le monde voulait plaire, ce joli être, si fragile comme elle, la petite vieille, et, comme elle aussi, sans dents et sans cheveux.

 Elle ne dit pourtant rien.

A quoi bon ? Puisque personne ne l'écoutait plus depuis déjà longtemps.

Sa frêle silhouette transparente aux yeux de tous, se dirigea vers la fenêtre donnant sur le jardin.

Son regard se posa attendri, sur un arbre qui brandissait, victorieux, vers le ciel azuré, ses longs bras décharnés boutonnant comme un adolescent timide.

Demain sous son feuillage courra cet enfant dont les jeux bruyants se mêleront au doux chant des oiseaux.

La petite vieille se dit que l'Homme par la nature n'a pas été doté de ces multiples chances qu'ont les végétaux et que son pauvre tronc à elle, la petite vieille ne renaîtra jamais.

Le sablier du temps s'écoule inexorablement et ce qui naît un jour meurt irrémédiablement, définitivement.

Lorsque s'en vient l'hiver, l'Homme s'endort pour toujours et ne subsiste l'espoir que dans la descendance.

Si de savoir que dans ce tout petit être coulait un peu son sang, elle ne put s'empêcher de penser avec un soupir que ce qui fut merveilleux devient un jour hideux, et que près d'elle aussi, il y a bien des années, on s'était extasié.

Mais, à quoi bon tout ça ? Puisque…


L'étude du beau est un duel où l'artiste crie de frayeur avant d'être vaincu.

Claudie Becques

(Phrases en italique issues des Petits poèmes en prose de "Le Spleen de Paris" de Charles Baudelaire)

 

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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 16:38

porte.jpg  

C'est à ce texte, écrit à partir de cette image, dans le cadre du concours Fulgures (3ème prix)
http://www.unendroit.fr/index.php?option=com_docman&task=doc_view&gid=34
que je dois l'obtention du premier site de Litterrances
que j'ai perdu à cause des hackers et tenté de recréé sur Overblog.



Dégage saleté de porte !
Qu’est-ce que tu peux encore vouloir me dire ? Tu n’as plus rien à me prendre.!
Qu’est-ce que j’ai bien pu faire pour que ton image m’apparaisse avant chaque nouveau malheur : une porte de bois brut, massive, criblée de clous apparents comme autant d’impacts de souffrance que je n’imaginais pas être amené à subir ; un portail d’un autre temps qui ne tient que par un grand mystère au centre d’un mur de pierres grossièrement taillées, envahi par quelques herbes folles, qui semblent vouloir vous entortiller les pieds pour vous tirer au plus profond du fond.

Qu’est ce que tu me veux encore ?
Il y a bien longtemps que toutes les larmes de mon corps ont emporté dans le caniveau de ma déchéance toute lucidité et toute honte de n’être plus que ce déchet humain.

Oh, ils sont bien essayé de me sortir de là, mais qu’avaient-ils à m’offrir ?
Un bol de soupe chaude, une douche, un lit pour une nuit... Et quand je serai revenu là, mes affaires auraient été fouillées ou pillées ou investies par quelque autre frère de misère.

Qu’ils me laissent avec mes souvenirs et mes regrets.
Qu’ils me laissent m’étourdir dans les vapeurs de mon alcoolisme...
Qu’ils me laissent rêver au temps où j’étais quelqu’un ... quand elle me caressait, et quand nous cajolions nos enfants, de toute la force de notre amour ...
Qu’ils me laissent oublier que le bonheur est éphémère et qu’un jour tout peut s’arrêter, qu’un jour... tout s’est arrêté.

Je peux la regarder sans aucune impression de malaise aujourd’hui, cette porte.
Bizarrement, il flotte en moi, une immense paix intérieure en la voyant.
Je ne ressens plus les brûlures du froid, et une douce torpeur m’envahit. Je me sens bien.

Soudain je la vois s’ouvrir sur une lumière blanche qui m’enveloppe, et me porte...

Je vous vois mes amours, vous semblez m’attendre....
Hé, attendez-moi....
Ne partez pas sans moi...
Ne m’abandonnez plus...
C’est moi... Dîtes vous me reconnaissez ! Je n’ai pas changé à ce point... Je suis...
J’ai oublié mon nom... mais pas vos visages, pas votre chaleur !

Referme-toi derrière moi maintenant, saleté de porte, je reste là, auprès d’eux , enfin !" 


Claudie Becques

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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 09:00


chat.jpgA ma fille...

Des petits pas feutrés... Je l’entends qui rentre.
Sa démarche est souple et légère.
Je vais pouvoir dormir tranquille : le petit chat est rentré.

Je ressens pourtant une irrésistible envie d’aller m’assurer qu’il va bien, lui ...............

Désolée par respect pour ceux qui l'ont acheté pour lire la suite cliquer sur :Trace recto

Claudie Becques

 

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