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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 02:31

 

chiffres-et-lettres.jpg

 

Depuis toujours les lettres régnaient sur ma vie. L’égayaient. L’enchantaient. Conféraient à un quotidien fade et routinier, la part de rêve nécessaire à l’épanouissement de l’être.

Une consonne… Une voyelle... Une syllabe.

Une syllabe qui s’accroche à une autre syllabe… Un mot.

Un mot qui entraîne un autre mot et soudain c’est l’imagination qui danse une sarabande et l’existence prend des couleurs et une brillance magique qui transforment l’instant en un bonheur intemporel, indescriptible…

Les lettres sont malléables, conciliantes, indulgentes.

Lorsqu’elles sont confrontées aux règles grammaticales trop drastiques ou à une défaillance orthographique, elles nous offrent tout un éventail de synonymes qui se placent et se déplacent pour pallier à nos lacunes… Et l’écriture devient jeu.

Le jeu des mots est un plaisir qui illumine l’âme, laissant sur le papier l’indélébile trace de l’émotion qui vous fait sentir humain.

 

Depuis toujours je fuis les chiffres que je hais.

Ils pourrissent la vie. Ils quantifient, notent, décomptent, monnayent avec une froideur implacable.

Avec les chiffres, le rêve n’est pas de mise.

Ils se placent cote à cote, bien  rangés comme des petits soldats, s’ajoutent, se soustraient et se divisent sans fantaisie.

Aucun chiffre ne peut en remplacer un autre. Chacun doit être à sa place… Unique… n’appelant qu’un seul bon résultat.

La moindre erreur est fatale. Impardonnable.

 

La vie prend parfois des tournants que l’on n’attendait pas.

J’ai appris à faire remplir des cuves de x mètres cubes  de litres de produits de différentes densités livrés en kilos. Je jongle avec les plannings, les dates, les délais, les aléas, les grèves, les statistiques, les probabilités, les exigences des financiers qui raisonnent en kilos-euros (si, si ça existe… dingue n’est-ce pas ?) parfois incompatibles avec celles d’une production…

Bref, mon cerveau explose parfois  tout au long de la journée et … végète le soir.

Parfois la nuit, il se rebelle, osant un vers, une idée… Que vient rapidement tuer le doute d’un chiffre que j’ai pu mal entrer dans l’ordinateur dans la journée, et la poésie explose telle une bulle dans l’air…

Je ne me plains pas… Je n’ai pas le droit de me plaindre… Tant et tant jonglent avec les centimes d’euros pour savoir comment boucler la fin de mois pour nourrir sa famille et payer les factures et les traites.

En bon petit soldat, je travaille plus pour… seulement  garder mon travail jusqu’à soixante… trois, quatre, cinq…

Euh, pardon !

Vous le voyez les chiffres bouffent la vie !

Et se perdent mes… litterrances...

Et nos rendez-vous...

Vous me manquez...

Clo

 

 

 

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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 22:00

 
Réédition dans le cadre du défi de l'Abeille 50 

 

 
abeilles.jpg
                                              Sur le thème "Septième Art"                                                


A l’issue d’une ballade dans SA ville, ma mémoire a fait ce jour là un travelling arrière, et, l’espace d’un instant mon imagination a fait son cinéma...

Je suis assise à la terrasse d’un café.
Mon mari m’avait laissée, le temps d’aller satisfaire un petit besoin pressant.
J’offre mon visage aux doux rayons du soleil printanier.

A travers le rideau de mes cils semi-clos, je reconnais sans l’ombre d’une hésitation, la silhouette mince et sportive de cet homme qui s’installe à la table voisine.
Il commande un Ice-Tea et je sens son regard me détailler.
Il se lève et s’avance vers moi, sûr de lui.
Mon cœur bat la chamade et mes jambes deviennent cotonneuses.
Que les tempes argentées lui vont bien !....

-"Coupeeeeezzzzzzzz ! Mais Cocotte, qu’est-ce tu nous joues là ? Julia Roberts et Richard Gere ? Trop vu, trop surfait... Allez, on la refait plus réaliste ok ? Tourneeezzz ! Moteur !"

Je suis toujours à la terrasse du café.
Mon mari est toujours là où vous savez.
A travers mes cils semi-clos, je vois un type grassouillet s’installer à la table voisine.
Il commande une chope de bière.
Le soleil reflète sur son crâne chauve. Quelques cheveux hirsutes sur les côtés me font penser à un clown.
Il me dévisage. Je suis mal à l’aise.
Il boit une grande rasade sans me quitter des yeux, et se frotte la bouche d’un revers de main boudinée.
Il se lève, s’avance vers moi :
-"On se s’rait pas connu dans l’temps ?
- Non ! Je ne crois pas... S’il vous plaît... Coupe... Coupez !
- Allons quoi Cocotte, qu’est-ce que tu nous fais encore là ? C’était bien ça ! Regarde ton script : elle le retrouve trente ans plus tard ! On y croyait là ! Balasko et Villeret... Allez, on reprend !..."



-"Ouh, ouh, Chérie ! Tu dors ? On y va ?
- Ah, mon Amour... Oui... On y va !
- Mon Amour ? Hum ! c’est le printemps qui me vaut cet honneur ?
- Euh ! Non. Je voulais juste te dire... comme ça... Je t’aime ! »

Gros plan sur ma main qui se glisse dans la sienne.
Zoom arrière sur notre couple qui repart vers son petit bonheur tranquille.

_______________________ F. I. N. ___________________________

Voix Off : "Dis Chéri, si j’étais une actrice, tu me verrais plutôt en Josiane Balasko ou en Julia Roberts ?..."

Claudie Becques (2005)


 
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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 11:00



 

 

Réédition dans le cadre du défi n° 28 de l'Abeille dans sa Ruche des bons mots"  abeilles.jpg

 

 

Cela faisait bien longtemps que je n'étais allée danser.

 

Le temps de faire des enfants.
D'avoir vieilli.
D'avoir perdu l'habitude de penser à moi.

Le temps de douter de ma féminité.

 

Assise à une table au bord de la piste, j'observe les autres femmes l'esprit critique, comparatif. 

Celle-ci est trop mince.

Elle, par contre devrait faire un régime.

Cette autre n'a pas très bon goût pour s'habiller.

Quant à celle-ci elle est drôlement jolie… mais aussi drôlement "bêcheuse".

Oh ! Là, c'est vraiment trop ! On se doit quand même de respecter son âge !

 

Diagnostic final, je suis dans la moyenne : ni un top-modèle, ni un boudin.

"Je passe mon chemin", selon l'expression favorite de mon père.

 

Ca me fait drôle d'être là, tout comme il y a plus de vingt ans.

En ces lieux, rien n'a vraiment changé….

Sauf moi !

 

Suis-je seulement encore capable de danser ?

Mon mari me prend la main.

Je me blottis contre lui.

Apparemment c'est comme le vélo : ça ne s'oublie pas.

 

Je tangue sur un slow, les yeux clos.

 

Le temps s'est arrêté.

 

J'ouvre les yeux.

Un homme me regarde.

Je me détourne gênée, mais je continue de le sentir me dévisager.

 

La musique reprend.

 

J'ondule à nouveau et son regard de braise continue à me détailler effrontément.

Je vois ses mains presser et caresser le dos de sa cavalière, tandis que je me serre un peu plus contre l'homme de ma vie.

 

Nos yeux sont aimantés, mais nos corps séparés par nos vies respectives.

 

La musique s'éteint.

La lumière s'allume.

Je reprends contact avec la réalité.

 

J'ai un peu honte de ce flirt du bout des yeux, mais…

 

Je me sens belle.

Je me sens femme.

Je me sens en vie.

 

 

Claudie Becques (24/02/2007)

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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 20:30

 

 

clochard.jpg

 

« Mais les yeux sont aveugles. Il faut regarder avec le cœur. »

Antoine de St-Exupéry

 

 

Nos yeux ne voient que…

Des épaves échouées sur des bancs de la ville…

Sur les bancs de sable mouvants de la vie…

Engloutis dans la viscosité du malheur…

Mélange immonde de cataclysmes sociaux, affectifs et psychologiques…

 

 

Nos yeux ne voient que…

Des coques vides, sales et déglinguées…

                Délavées par les intempéries…

                               Par la crasse et la vinasse…

                                               Masses spongieuses gisantes, jetées au ban de la société…

 

Notre cœur devrait voir…

Des naufragés victimes d’une avarie de la vie…

                Ballotés par les vagues déferlantes du malheur…

                               Brisés sur les écueils de l’indifférence…

                                               Usés de trop de vaines luttes.

 

Notre cœur devrait  voir…

Des hommes à l’âme qui divague dans la solitude…

                Des Robinson qui vident des bouteilles pour les jeter à la mer…

                               Des sinistrés, engloutis, qui s’accrochent à la vie comme à une planche…

                                               Que personne ne salue.

 

 

Claudie Becques (03/04/10)

 

 
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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 06:10
Réédition....

La Communauté " Ruche de beaux mots "
lance son Défi n° 24
 
Thème : " ELAN FURTIF "
Ecrire un texte (en vers ou en prose)
qui décrira un(des) élan(s) furtif(s)...

Coup de coeur pour un(e) inconnu(e), réel(le) ou virtuel(le),
Imagination incontrôlable d'un Amour irréel
,
Désir secret d'une personne de votre entourage...

Dans tous les cas, fruit(s) non consommé(s) !

abeilles.jpg


Si j’osais... Si seulement j’osais...


Je vous raconterais la façon dont votre ombre
Se glisse certains soirs, chez moi, dans la pénombre
Pour matérialiser mes rêves les plus fous
Défiant la bienséance, transgressant mes tabous ;
Le frôlement .......

 

Désolée par respect pour ceux qui l'ont acheté pour lire la suite cliquer sur :Trace recto


Claudie Becques

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Published by Claudie Becques - dans Textes courts
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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 23:00

(réédition)

 
Petit cœur blessé errait l’âme en peine.
Il avançait à reculons, pour ne jamais quitter de ses yeux embués, ce passé tant regretté. 
 
Gros cœur brisé fonçait, rageur, tête baissée.
Il bousculait tout sur son passage, sans jamais se retourner, pour tenter d’ôter de sa mémoire, ce passé qu’il fuyait.

Le choc de leur collision fut d’une violence extrême.
Dans un bruit de tonnerre ils tombèrent foudroyés.

- "Pouvez pas regarder devant vous ? maugréa gros cœur
- Et vous, autour de vous ?
- J’aurais pu vous tuer...
- Vous m’auriez rendu grand service !" soupira petit cœur.
 
Attendri par la douceur et la tristesse de cet aveu, gros cœur perdit son agressivité et aida petit cœur à se relever.

Ils plongèrent alors chacun, leurs yeux délavés dans le regard de l’autre, sans parvenir à s’en détacher.
Et durant de longues heures de se raconter, se comparer, se comprendre, se consoler et de s’apercevoir à quel point ils se ressemblent, et... s’aiment.


Blottis l’un contre l’autre, ils regardaient enfin dans la même direction : vers le soleil et l’espoir qui se levaient sur demain.


 



Claudie Becques
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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 23:00
Réédition dans le cadre du défi n° 20 de l'Abeilles50 "SOUVENIR D'ENFANCE :

Ecrire un texte (en vers ou en prose)
qui contera un(des) Souvenir(s) d'Enfance...


Souvenir d'Ecole, Souvenir de Fête(s), Souvenir de Camarade(s),
Souvenir d'Amour juvénile, Souvenir d'un Lieu
... agréable ou désagréable...





L'inébranlable amour que se sont toujours voués mes parents qui se sont connus à quatorze ans dans une salle de bal, a toujours été bercé par leur passion de la danse.
 

Aussi, lorsque je fus en âge de rester sagement assise sur une chaise, ils envisagèrent de reprendre cette activité en m'emmenant avec eux chaque dimanche après-midi, dans un café-dancing en Belgique à l'ambiance très familiale et dont l'âge moyen de ses habitués devait avoisiner la soixantaine.

 

Si j'ai suivi avec intérêt au début,  le mécanisme de cet orchestre-automate qui fonctionnait à l'aide de cartes perforées, je dois dire qu'au bout de quelques mois, je commençai à me lasser, en sirotant mon soda.

 

Fort heureusement, d'autres familles semblables à la mienne  y vinrent également, ce qui me permit de me lier d'amitié avec quelques filles de mon âge, avec lesquelles je pus moi aussi danser.

Les années passèrent ainsi, stupéfiantes de monotonie et d'habitudes jusqu'à l'aube de mes quinze ans, où il est entré dans le dancing.

 

Je ne pus détacher mon regard de la silhouette altière de ce garçon, qui s'en aperçut et me gratifia d'un sourire… à tomber par terre.

 

Si je gardais un calme apparent, assise sur mon siège, un tumulte intérieur faisait voler en tous sens tous les a-priori que j'avais à l'époque pour la gente masculine de ma génération, et je n'avais plus qu'une seule envie : qu'il m'invite.

Ce qu'il fit, après quelques minutes qui me parurent des heures,  et je me jetai littéralement dans ses bras, sous l'œil protecteur de mon papa, qui n'avait pas manqué d'observer mon trouble.

La chose ne s'atténua pas loin de là, puisqu'il dansait comme un Dieu et je priais silencieusement pour que la musique ne n'arrêtât pas.

Ce fut pourtant le cas mais il ne me lâcha pas pour autant et nous enchaînâmes  tangos, valses, salsas et slows tout en échangeant quelques présentations d'usage, jusqu'à se laisser aller à quelques confidences.

C'est ainsi que j'appris que bien que paraissant beaucoup plus que son âge, il n'était en fait que d'un an mon aîné, et qu'il avait une admiration sans borne pour la chanteuse Joëlle du groupe mythique de l'époque "Il était une fois", parce qu'elle était blonde, jolie, fine avec de longues jambes.

 

Inutile de vous dire que s'opéra immédiatement dans ma tête une comparaison entre elle et moi.

Pour les cheveux longs et blonds, pas de problème, et le temps n'ayant pas encore fait son œuvre ma taille n'avait alors, rien à envier à celle de l'artiste.

Pour ce qui était des longues jambes je mesurais très vite l'étendue de mon problème avec mon mètre soixante, que je déplorais d'autant plus que lui, devait bien avoir vingt-cinq centimètres de plus que moi.

 

Le temps passa très vite et, désappointée  je dus me résoudre  à suivre mes parents pour un retour à la maison non sans un dernier slow durant lequel il  promit de revenir la semaine suivante, et me dit cette phrase mémorable  : "dommage que tu sois si petite, parce que je t'aurai bien volontiers pris la bouche avant de te quitter".

 

Il avait du entendre cette réplique dans un film en se jurant de la recaser à l'occasion, c'était fait et moi j'avoue avoir à cet instant, maudit la nature qui m'avait ainsi dotée de si courtes pattes et me privait du baiser de mon prince.

 

 

Les sept jours qui suivirent furent à la fois interminables et rapides.

Mon journal "Podium" entre les mains, je passai mon temps à chercher le moyen de ressembler le plus possible à l'icône de mon bien-aimé.

Je tannai donc maman de me confectionner un jean blanc à pattes d'éléphant, très branché à l'époque, ainsi qu'un chemisier ultra-cintré pour mettre en valeur la finesse de ma taille, ce qu'elle fit de bonne grâce, consciente que sa fille, amoureuse, souhaitait renouveler sa garde-robe.

 

Je l'entraînais finalement chez le marchand de chaussures où elle me fit cette immense joie que d'accepter l'achat d'une paire de nu-pieds  à semelles compensées, le summum de la mode de cet été-là : cinq centimètres de semelle et quinze de talon.

 

Le week-end arriva finalement… et lui aussi !

 

Je me souviendrai longtemps du point d'interrogation dans ses yeux lorsque je fus dans ses bras et que je logeai naturellement ma tête dans le creux de son cou pour m'enivrer de son eau de toilette.

 

Il ne posa pas de question, et blottis l'un contre l'autre, nous ondulâmes longtemps au son du crin-crin de l'accordéon mécanique jusqu'à ce que, hors du champs de vision de mes parents il déposa  sur mes lèvres ce baiser qui devait déchaîner au creux de mes reins un courant électrique jamais encore ressenti et que je n'ai jamais pu oublier.

 

Notre idylle dura le temps que les enfants sont capables de croire aux contes de fées, mais je dois avouer que certaines nuits...

j'ai encore rêvé d'elle…

 

 

Claudie Becques

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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 18:47

Rien d'inventé dans ce texte.
Je vous recommande même de vous repasser ce magnifique  film :

    

 
Réédition de ce texte
dans le cadre du défi n° 17
d'Abeilles50

Thème : Noël

abeilles.jpg


24 décembre 1914.


A Neuville Saint-Vaast, dans le Nord de la France, au fin fond des tranchées froides et humides, des gosses et des moins jeunes se demandent ce qu'ils font là ce soir de Noël.

Certains pleurent une photo dans la main, d'autres prient, d'autres plus résignés attendent...

Soudain de la tranchée ennemie montent des chants de Noël.

S'agit-il d'un piège ?

Quelques jeunes allemands se montrent, sans arme.

Les français, puis les anglais comprennent que ce n'est pas une ruse, et s'avancent à leur rencontre.

La scène est surréaliste : les soldats échangent des cadeaux, partagent leurs vivres.

Un air de fête flotte sur le champ de bataille durant tout la nuit.

Une trêve est observée pour la fête de Noël.

Le lendemain chaque camp restitue ses morts pour les enterrer dans la dignité.

Puis soudain, s'improvise  un match de football sur ce terrain troué d'impacts d'obus.

Il n'y a plus de soldats... simplement des hommes qui jouent en toute fraternité.

C'est le miracle de Noël !

Le jour suivant, aux premières lueurs sur ordre des hauts-officiers, "les poilus" baïonnette au fusil montent au front et se battent à nouveau contre "les boches".

Sur le terrain de football, gisent les cadavres de pauvres soldats. 



Claudie Becques le 17/01/05





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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 19:30

      SOS FEMMES         


Avancer. Le pas mal assuré, dépourvu d'équilibre.

 

Avancer sans quitter des yeux ce lumignon dans la nuit, cette faible lueur à laquelle se raccrocher.

 

Avancer. Fuir.

 

Fuir ? Haut-le-cœur de dégoût tant ce verbe dégouline de lâcheté…

 

Sait-on seulement ce qu'il a fallu de courage pour admettre, pour oser,  pour défier les conventions, les convenances, pour affronter les regards, le mépris, la pitié, l'affection … la honte ?

 

Que sait-on de ces hurlements silencieux, de ces journées, ces mois, ces années à maquiller la vérité, les apparences… les ecchymoses ?

 

Que sait-on de cette honte cachée derrière les volets, derrière les lunettes noires, derrière les paupières boursouflées par les larmes ?

 

Que sait-on de cette souffrance muette muselée par un sourire forcé, une joie de vivre feinte ?

 

Certes, avancer…

 

Mais non sans laisser dans son sillage des lambeaux de rêves, de confiance, d'illusions et d'amour sans limite.

 

Fuir ?

 

Il aurait été tellement plus facile de rester, d'attendre le coup fatal et ainsi ne plus jamais être confrontée à son miroir, à sa mémoire… à sa conscience !

 

Fuir ?

 

Non ! Avancer.

 

S'accrocher à cette faible lueur dans la nuit comme à une aube qui se lèverait sur l'espoir, sur l'avenir…

 

Avancer. Le pas mal assuré, dépourvu d'équilibre…

 

Mais avancer jusqu'à ce lumignon : la dignité.

 

 

Claudie Becques (Avril 2009) 

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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 05:06


- "Bon, ben tu vois, je suis là... Ca faisait un bon bout de temps que je voulais revenir, mais... C’est pas facile. Et puis, la dernière fois qu’on s’est parlé... où plutôt engueulé, tu m’avais dit "Si tu passes cette porte c’est plus la peine de revenir, petit con !" alors, je te connais quand t’es braqué comme ça... Et puis je suis têtu comme toi... Pourtant, t’avais raison pour les études, le boulot, le pognon... 3 ans de galère ça force la réflexion ! Mais, c’est pas parce qu’on mange pas à sa faim qu’on doit manquer de fierté. Je me disais qu’un jour la chance allait tourner et que je trouverais un job... Je voulais revenir la tête haute, et te............

 

Désolée par respect pour ceux qui l'ont acheté pour lire la suite cliquer sur :Trace recto

Claudie Becques (2006)

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Published by Claudie Becques - dans Textes courts
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