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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 00:55

 fetes-paques-2-copie-2.gif

 

 

Monsieur Printemps dort.

-          « Debout paresseux ! dit le soleil »

-          ZZZzzz, répond le printemps

-          Debout paresseux ! disent les petits oiseaux

-          Rrronn, répond le printemps

-          Debout paresseux ! disent les primevères, les jonquilles,  les tulipes…

Mais Monsieur Printemps ne bouge pas.

Il continue de roupiller le vilain paresseux.

Madame Nature est très inquiète, il faut trouver rapidement le moyen de le réveiller.

L’hiver a été si long !

Le ciel tellement gris.

Les hommes sont tous pâles et tristes.

Ils ont besoin de lui pour retrouver le sourire et des couleurs !

Les petits lapins et tous les autres petits animaux ont besoin de sortir de leurs terriers.

Les petits oiseaux doivent construire leurs nids.

Alors Madame Nature a l’idée d’appeler toutes les cloches de la terre à la rescousse pour réveiller Monsieur Printemps.

-          « D’accord ! disent les cloches, on va vous le réveiller. Faîtes-nous confiance ! Mais PAS QUE le réveiller :  on va même en profiter pour lui jouer un vilain tour. »

Elles emportent en leurs ventres des milliers de petits œufs et de formes d'animaux en chocolat recouverts de papiers brillants et multicolores qui s’éparpillent dans tous les jardins lorsqu’elles se mettent à tinter aux oreilles de Monsieur Printemps.

-          « Hein ? Quoi ? Qu’est-ce qui se passe ? sursaute Monsieur Printemps »

Et tout étonné il découvre plein de petits points colorés répandus sur le sol,  des lapins, des poussins…

-          « Mais qu’est-ce qui se passe ici ? Qui a fait pousser toutes ces fleurs ? Qui a fait naître ces animaux ?  Quel est l’imposteur qui m’a piqué ma place ? C’est mon travail de faire renaître la nature ! »

Puis il aperçoit des petits enfants la bouche toute barbouillée de chocolat, qui emplissent leurs petits paniers, tandis que le soleil rit de tous ses rayons.

-          « Ah ! J’ai compris : c’est une blague ! dit Monsieur Printemps. En tout cas, c’est une bonne idée. Alors désormais, tous les ans on fêtera  « PAS QUE ».

Ainsi est née la fête de PÂQUES !

Non ?

Et pourquoi pas ?

 

 

©  Claudie Becques (19/04/2011)

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 00:55

 fetes-paques-2-copie-2.gif

 

 

Monsieur Printemps dort.

-          « Debout paresseux ! dit le soleil »

-          ZZZzzz, répond le printemps

-          Debout paresseux ! disent les petits oiseaux

-          Rrronn, répond le printemps

-          Debout paresseux ! disent les primevères, les jonquilles,  les tulipes…

Mais Monsieur Printemps ne bouge pas.

Il continue de roupiller le vilain paresseux.

Madame Nature est très inquiète, il faut trouver rapidement le moyen de le réveiller.

L’hiver a été si long !

Le ciel tellement gris.

Les hommes sont tous pâles et tristes.

Ils ont besoin de lui pour retrouver le sourire et des couleurs !

Les petits lapins et tous les autres petits animaux ont besoin de sortir de leurs terriers.

Les petits oiseaux doivent construire leurs nids.

Alors Madame Nature a l’idée d’appeler toutes les cloches de la terre à la rescousse pour réveiller Monsieur Printemps.

-          « D’accord ! disent les cloches, on va vous le réveiller. Faîtes-nous confiance ! Mais PAS QUE le réveiller :  on va même en profiter pour lui jouer un vilain tour. »

Elles emportent en leurs ventres des milliers de petits œufs et de formes d'animaux en chocolat recouverts de papiers brillants et multicolores qui s’éparpillent dans tous les jardins lorsqu’elles se mettent à tinter aux oreilles de Monsieur Printemps.

-          « Hein ? Quoi ? Qu’est-ce qui se passe ? sursaute Monsieur Printemps »

Et tout étonné il découvre plein de petits points colorés répandus sur le sol,  des lapins, des poussins…

-          « Mais qu’est-ce qui se passe ici ? Qui a fait pousser toutes ces fleurs ? Qui a fait naître ces animaux ?  Quel est l’imposteur qui m’a piqué ma place ? C’est mon travail de faire renaître la nature ! »

Puis il aperçoit des petits enfants la bouche toute barbouillée de chocolat, qui emplissent leurs petits paniers, tandis que le soleil rit de tous ses rayons.

-          « Ah ! J’ai compris : c’est une blague ! dit Monsieur Printemps. En tout cas, c’est une bonne idée. Alors désormais, tous les ans on fêtera  « PAS QUE ».

Ainsi est née la fête de PÂQUES !

Non ?

Et pourquoi pas ?

 

 

©  Claudie Becques (19/04/2011)

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 20:18

 

MGacel

 

 Ayé ! Il est paru !

 

C'est un grand jour pour moi aujourd'hui : Hervé Mineur, des Editions AIRVEY, a réalisé mon rêve en publiant ce 10 mars 2011 mon premier livre pour enfants  :

 

Avez-vous peur de Marie-Grouette ?   

 

destiné aux 7/9 ans.

 

Cet ouvrage  regroupe à la fois ma passion des contes, de la poésie et surtout l’occasion de promouvoir ma région à travers un personnage légendaire.

 

 

Plusieurs contes autour de Marie Grouette et un peu d’histoire pour connaître l’origine de la légende. Egalement, des arguments pour une réhabilitation de la sorcière, peut-être pas si vilaine qu'on l'a toujours pensé...

 

 

 

Chez AIRVEY Jeunesse, mars 2011.

Par Claudie Becques, l'auteure et Evelyne Boyard, illustratrice.

48 pages illustrées en couleur. Format A5. Couverture carton.

http://www.acel-france.com/115-avez-vous-peur-de-marie-grouette-.html

 

Je le découvrirai moi-même et le présenterai en avant-première les 12 & 13 mars 2011 au salon du livre de Bondues (59)

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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 00:38

 

Image du Blog cassis.centerblog.net
 

 

Plus d'images sur cassis.centerblog.net.

 

 

 

 

 _____________________________________

 

Ce matin, le ciel est triste.

Il est tout gris et des gros nuages noirs lui font comme de gros sourcils froncés de colère, qui empêchent le soleil de passer.

  

En bas, dans la rue, les gens font grise mine.

Ils sont tristes.

Ils enfoncent leurs têtes dans leurs cols et se cachent sous leurs parapluies.

 

Dans les maisons, les enfants sont tristes.

Ils regardent par la fenêtre la pluie qui tombe.

Ils font grise mine parce qu’ils ne peuvent pas aller jouer dehors.

 

Un petit rayon de soleil coquin et malin se dit :

- « Ce n’est pas possible toute cette tristesse ! »

et il réussit à se faufiler entre deux gros nuages noirs.

  

Alors, dans le ciel, un magnifique arc-en-ciel vient colorier toute la grisaille et les gens font :

- « Oh ! Que c’est beau ! » et sourient.

 

Dans les maisons derrière les carreaux, les enfants font :

- « Oh ! Que c’est beau ! » et ils sourient.

 

La vie est parfois triste et toute grise, qui fait froncer les sourcils et fait paraître en colère, mais, quand un enfant sourit, ça met de la couleur dans la vie.

 

Alors, sois mon petit rayon de soleil coquin et malin et…

 

souris-moi ! 

 

 

 

Claudie Becques (10/03/2009)

 

 

 

 


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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 05:42

 

 

diddle&diddlina

 

Je t'aime...

 

Un peu...

J'attendais mieux !

 

Beaucoup...

C'est tout ?

 

Passionnément...

Vraiment ?

 

A la folie...

Youpiiiiiiii !

 

Pas du tout !

Oh ! Le voyou !

 

 

Claudie Becques (2010)

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 16:46

 

 

 

  chandeleur8

A la chandeleur
Sautent, sautent, sautent les crêpes !
chandeleur5
A la chandeleur
On va se régaler.

 

chandeleur3

Hop ! En voilà une,
Tiens elle est pour toi !

 

chandeleur6

Hop ! En voilà deux,
Celle-la est pour moi !


chandeleur2
A la chandeleur
Sautent, sautent, sautent les crêpes !
 
chandeleur7

A la chandeleur
Miam, miam, on se régale !
chandeleur.gif

Claudie Becques (03/02/09)

 

 

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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 10:26

 

chardonneret.jpg

 

Il était une fois une petite fille qui vivait dans une famille modeste de trois enfants.

Elle s’appelait Martha.

Son papa travaillait à l’usine  et sa maman s’occupait de la maison et de ses enfants. Ca ne  paraît pas comme ça, mais c’est quand même beaucoup de travail quand on sait qu’elle fabriquait tout ce dont avait besoin la petite famille. Elle savait confectionner en effet du pyjama à la doudoune d’hiver, de la robe pailletée de Noël au costume  du dimanche du papa. Et quand elle n’était pas la tête penchée sur sa machine à coudre, sa maman brodait les serviettes de table ou tricotait les pulls chauds de tous pour l’hiver.

Bref, la maman de Martha était rarement sans rien faire, mais gardait le temps après les bonnes crêpes  ou gaufres du goûter de surveiller  les devoirs des enfants et de les câliner quand ils en  avaient besoin.

Lorsque le  papa rentrait le soir de l’usine, toute la petite famille se rendait joyeusement au jardin pour sarcler les salades, motter les pommes de terre, biner les petits pois, arracher les mauvaises herbes et ramener de jolies fleurs que maman disposait en rentrant dans un vase sur la table de la salle à manger.

C’est dire si Martha et son grand frère José était très heureux.

Pourtant l’un et l’autre ne cessaient  de se chamailler. Il faut dire que José était déjà un grand garçon de six ans quand Martha est née, alors ils ne pouvaient pas partager les mêmes jeux.

Martha était en quelque sorte  la petite sœur casse-pieds qu’il envoyait bouler, même s’il l’aimait beaucoup quand même.

José rêvait de quitter la Province pour partir vivre un jour à Paris !

Paris la Capitale ! Paris et sa Tour Eiffel, sa cathédrale Notre-Dame, le Sacré-Cœur de Montmartre, son Arc de Triomphe, sa Place de l’Etoile… Il passait des heures le nez dans les livres à apprendre le nom des rues et des monuments de Paris.

Martha, elle, le nez en l’air s’émerveillait de tout, chantonnait les comptines apprises à la maternelle et récitait les poèmes que la maîtresse lui avait appris.

Un jour d’hiver enneigé, alors qu’elle partait toute seule à l’école du haut de ses huit ans, elle trouva à moitié gelé, un petit chardonneret à la patte cassée. Elle l’emmitoufla dans son cache-nez pour  le ramener chez elle avant de repartir en courant à l’école et y arriver avant la sonnerie. La matinée lui paraissait interminable. Ses pensées l’emmenaient  auprès du pauvre oiseau blessé. Serait-il encore en vie à son retour ?  L’institutrice parvint pourtant à captiver son attention par la lecture d’une fable de Jean de la Fontaine. L’histoire et la forme de ce poème fascinait Martha.

-          « Madame ! Il est mort celui qui a écrit ça ? demanda-t-elle après avoir levé le doigt

-          Oui Martha, il y a très longtemps… Mais il continue de vivre à travers ses nombreux écrits… »

Il y a comme ça des petites phrases qui marquent à tout jamais les enfants…

L’écriture pouvait donc en quelque sorte apporter l’immortalité !!!

Quand elle rentra déjeuner à la maison, elle trouva le petit chardonneret à la même place où elle l’avait déposé, dans une cage que son papa avait fabriqué pour les canaris siffleurs qu’il gardait désormais dans une jolie volière. Le pauvre animal blessé semblait bien réchauffé par la ouate sur laquelle Martha l’avait posé. La petite fille s’occupait maintenant à lui donner la becquée comme elle avait vu faire son papa, avec le bout taillé d’une allumette,  de la biscotte écrasée dans du jaune d’œuf cuit. Le soir, elle recommença puis les deux jours suivants… Mais le midi du troisième jour, Martha trouva le malheureux volatile raide sur son nid de coton.

L‘enfant était profondément triste. Son papa et sa maman n’arrivaient pas à la consoler. Les grimaces et bêtises de  José restaient également sans effet sur le moral de sa petite sœur, qui restait enfermée dans sa chambre à ruminer son chagrin.

Martha venait de découvrir  l’impuissance à soulager parfois ceux qui souffrent et surtout la mort.

En larmes, elle essayait de dessiner le petit chardonneret mais malheureusement elle n’avait pas le talent de son papa pour reproduire l’image de l’oiseau.

Soudain, les mots se mirent à danser sur le papier. Son crayon, porté par une étrange force alignait les lettres les unes après les autres, sans qu’elle ne put l’en empêcher,  jusqu’au point final.

Etourdie, essoufflée elle posa enfin son stylo. Elle lut.  

Là de sa main, était né un poème qui racontait la découverte du petit chardonneret, sa volonté de vouloir le guérir, son espoir et finalement la peine immense d’avoir échoué.

Sur ses joues, les larmes s’étaient séchées. Dans son petit cœur, la paix était revenue.  

Dans son âme, un rêve était né : écrire un jour un livre et ainsi, ne jamais mourir.

Peu de temps après, Martha connut la joie d’avoir une petite sœur et de jouer en quelque sorte en vrai à la maman… Que du bonheur ! Mais la différence d’âge entre elle et la petite Cathy, ne permettait pas la complicité qu’elle aurait aimé trouver.

C’est donc à ses petits carnets qu’elle continuait de confier ses pensées les plus intimes, ses joies, ses peines, ses émotions.

Un jour, malgré les larmes de sa maman, son grand frère prit le train pour Paris où il avait trouvé un travail qui lui permettrait de sillonner chaque jour les rues de sa très chère capitale.

 José réalisait son rêve à l’aube de ses vingt ans!

Martha grandit et devint une jeune femme. Elle trouva l’amour, se maria, eut à son tour des enfants.

Ses journées étaient bien remplies entre son travail dans un bureau, la maison à entretenir, les repas à préparer et les enfants à câliner.

De temps en temps, quand, on ne sait pourquoi,  une boule se logeait là au creux de sa gorge, qu’un grand vide, malgré tout ce bonheur, se mettait à emplir son âme, elle s’enfermait dans une bulle de rêve. Elle écrivait alors des poèmes, des histoires qu’elle inventait dans lesquelles elle évacuait ses peurs, ses colères, ses doutes…

Le mélange de sa vie réelle et virtuelle, faisait d’elle une femme heureuse.

Les années passent vite et l’on se rend vite compte qu’une vie c’est bien court !

Martha constate que ses enfants sont grands désormais, et qu’ils ont besoin de suivre seuls leur propre chemin.

Sa tristesse est immense, quand ils quittent la maison, mais… « c’est la vie » comme on dit, « la roue qui tourne » comme d’autres disent encore.

Pour tarir son chagrin, Martha se réfugie alors encore dans sa bulle de poésie.

Elle écrit, elle écrit…  

Pour elle,  pour son mari et  ses enfants qui ne la liront peut-être jamais, pour les petits enfants qui un jour peut-être naitront et viendront se blottir contre elle.

Pour le livre qu’elle rêve de tenir un jour dans ses mains…

Autour d’elle durant  toute sa vie, beaucoup souriaient de la voir encore « croire au père-noël » …

Et puis, un jour elle reçoit une lettre d’un monsieur à qui elle a envoyé quelques unes de ses histoires.

Ce monsieur est un éditeur qui a aimé ce qu’elle a écrit.

Il veut en faire un vrai livre, avec son nom « Martha » sur la couverture.

C’est le 24 décembre qu’elle a reçu le contrat d’édition.

Martha a cinquante ans, et les yeux tournés vers le ciel, elle remercie l’homme à l’habit rouge qui a déposé son rêve dans son petit soulier.

Il n’y a pas d’âge pour les rêves !

 

 

 

Claudie BECK-BECQUES (15/01/2011)

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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 22:18

Bonne Année à tous !

 

Santé, Bonheur, Argent et la réalisation de tous vos voeux pour 2011 !

  

____________________

  

  

On va retirer les décorations de la maison, porter le malheureux sapin déplumé à la décharge, et la vie va reprendre son train-train quotidien...

 

Avant  de ranger nos rêves, je vous laisse un autre conte de Noël à la "mode" () d'aujourd'hui.

 

____________________

   

  

Père-Noël à l'Association

 

 

pere noel2 

 

 

 

 

Le Père-Noël pressentait que cette  tournée lui réserverait des surprises.

Les rennes étaient particulièrement énervés ces jours-ci, sans cesse à chahuter et même à se battre.

D’après lutin Jacquot qui parle couramment le langage renne, il était question d’une histoire de rivalité entre Tornado et Cupidon à savoir qui était le plus rapide. Dilemme complètement saugrenu puisque de toute façon sous le même harnais, c’est côte à côte qu’ils doivent  courir avec le seul but : permettre au Père-Noël de faire dans les meilleures conditions sa distribution de cadeaux.

Le grand soir est arrivé et les lutins ont chargé le traîneau. Le Père-Noël traverse le ciel pour parcourir la terre et déposer tous les joujoux des enfants dans les petits chaussons qu’ils ont déposés face à la cheminée ou aux pieds des sapins.

Il a déjà comblé les vœux de tous les enfants de plusieurs villages et c’est maintenant le tour des petits enfants de la grande ville. Là, évidemment il s’absente un peu plus longtemps de son attelage puisque desservir tous les appartements d’un immeuble de plusieurs étages, prend beaucoup plus de temps qu’une simple maison.

Pendant qu’il effectue le plus rapidement possible sa mission, Tornado et Cupidon recommencent à se quereller, et les voilà qu’ils en oublient leur rôle pour s’élancer dans une course folle dans le ciel.

Lorsque le Père-Noël revient  à l’endroit où il avait laissé les rennes et le traîneau, il ne peut que constater qu’il n’y a plus a plus rien, et que les bêtes l’ont abandonné.  Il est très embêté en pensant à tous les cadeaux non encore distribués et à la déception de tous les petits enfants qui n’auront pas leurs vœux réalisés le lendemain au réveil.

Mais que faire ? Il cherche un peu alentour, appelle doucement Cupidon et Tornado  pour ne pas se faire remarquer. Rien ! Il se dit qu’il va se servir de son sucre d’orge magique pour appeler Lutin Jacquot à l’aide, mais il l’a laissé dans le traîneau… Alors il espère de toutes ses forces que les rennes retrouvent la raison ou que Jacquot se serve de la lorgnette magique pour vérifier que tout se passe bien. En attendant, n’ayant rien de mieux à faire, il s’assied sur un banc, où il finit par s’assoupir.

Or, une équipe de bénévoles d’une association d’aide aux sans domicile fait une maraude dans ce quartier-là de la ville. Ils s’inquiètent aussitôt de voir ce vieil homme en costume de père-noël, endormi.

-          « Monsieur ! Eh, Oh ! Monsieur ! Vous allez bien ?

-          Hein ! Mais oui je vais bien…

-          Vous êtes gelé, voulez-vous un bol de soupe bien chaude Monsieur ?

-          Mais non, le froid ne me fait pas peur, je suis le Père-Noël…

-          Bien-sûr Monsieur… Euh Père-Noël ! Mais un bol de soupe ne peut pas vous faire de mal. Si vous voulez on peut même vous emmener la boire dans un endroit chauffé, où l’on vous servira ensuite un vrai repas de Noël…

-          Je dois rester ici, refuse le Père-Noël, c’est que j’attends mes rennes pour finir ma tournée moi…

-          Bien sûr Père-Noël, fait semblant d’acquiescer le bénévole, persuadé de se trouver devant une personne dérangée ou complètement ivre, mais venez fêter Noël avec nous et on vous redépose ensuite ici si vous le souhaitez, c’est trop triste de rester seul une nuit pareille, sans compter que si ça se trouve vos rennes ne reviendront pas avant le lever du jour…

-          Ah ! Vous croyez, dit le vieil homme contrarié, ça serait ennuyeux ça que je ne puisse remplir ma mission, ce serait bien la première année, et cela ferait trop de peine aux enfants…

-          Bien sûr Monsieur… euh, Père-Noël, c’est pour ça qu’on vous ramènera dès le repas terminé avec une couverture bien chaude pour vous terminer votre tournée, insiste encore le jeune soignant avec succès, car le Père-Noël accepte de monter dans le véhicule qui le conduit au sein de l’Association.

Il est alors gentiment accueilli par tout  le personnel qui lui sert immédiatement un bol de soupe chaude en guise de bienvenue.

-          Nous avons de superbes douches Monsieur lui dit un homme aimable qui le traite bien évidemment comme tous les clochards qui échouent chaque jour dans ces locaux, vous devriez en profiter et raser cette barbe. Une bonne toilette fera de vous un homme tout neuf, continue-t­-il avec un clin d’œil

-          Non, mais vous êtes malade bougonne notre vieillard, vous avez déjà vu le Père-Noël sans sa barbe blanche ?

-          Comme ça ce sera l’occasion, répond le brave homme sur le ton de la plaisanterie, je rêve de voir depuis tout petit le vrai visage du Père-Noël. Allez-y, c’est cette porte là à droite, je vais vous apporter des vêtements propres et chauds. Si vous souhaitez également voir un médecin pour un problème particulier je…

-          Non, non, non je ne veux pas de docteur, je garde mes habits et ma barbe et je veux retourner voir immédiatement mes rennes, se met en colère le Père-Noël, je n’aurai jamais du venir ici…

-          Bon, bon, ne vous fâchez pas, je vous laisse tranquille. Personne ne veut vous forcer à quoique de ce soit. Gardez votre bel habit rouge et venez vous joindre à nous pour partager de la bonne dinde aux marrons avec des pommes de terre et des légumes. Vous aurez ensuite un bon morceau de bûche au chocolat. Lorsque vous serez repus, ajoute le bénévole, vous pourrez, si vous le souhaitez, dormir ici où demander à ce que l’on vous ramène là où nous vous avons trouvé. Ca va comme ça ? Moi c’est Francis, et vous, c’est quoi votre petit nom ?

-          Ben… Noël évidemment, marmonne l’homme en rouge

-          Bien sûr, sourit Francis, où avais-je la tête ? Alors monsieur Noël, je vous demande juste de vous laver les mains au savon avant de passer à table et de me suivre jusque dans la salle à manger, peut-être y trouverez-vous quelques amis que  vous aurez plaisir à retrouver.

Le Père-Noël suivit le jeune homme jusqu’à une grande salle où une immense table avait été dressée avec tout autour multitude d’hommes et de femmes de tous âges plus ou moins marqués par la rue et par la vie.  Le regard du vieil homme passait de l’un à l’autre avec étonnement et compassion en découvrant les yeux comme éteints de ses congénères.

 

Lui, qui vivait dans la chaleur de son chalet de bois entouré de milliers de lutins joyeux et farceurs, dans un univers de couleurs, de paillettes et de rêve, il découvrait la triste réalité de certains des habitants de cette terre ou les siècles s’étaient succédés sans que la misère n’aie jamais pu disparaître.

Alors il se dit alors qu’il avait peut-être ici,  un rôle à jouer, une autre mission à remplir en ces lieux, précisément en ce soir de Noël, pour faire oublier la rue à ces oubliés de la vie, et tenter de faire se dessiner un sourire sur ces visages émaciés et burinés.

Il décide donc de rentrer dans la pièce avec un tonitruant « Hoo, hoo, hoo ».

L’effet est immédiat, tous les regards se tournent alors vers lui et certains, sans doute les moins meurtris sourient déjà. Quelques voix chuchotent « Père-Noël ! ». Quelques ronchons ronchonnent « un maboule » ou d’autres encore qui ont su garder un certain « standing » malgré leur situation précaire, d’ajouter avec mépris : « en voilà un qui a déjà bien arrosé la fête de Noël ».

Mais le Père-Noël ne s’émeut pas de ces remarques désobligeantes et cherche dans ses poches à l’aide du peu de magie dont il dispose à l’instant, quelques cadeaux à distribuer et dont il est certain du bon accueil. Il fait donc le tour de la salle déposant à l’un des barres de chocolat, à l’autre des bonbons ou encore des paquets de cigarettes.

-          « Attendez d’être dehors pour fumer, sermonne immédiatement les bénévoles, monsieur Noël, cessez de semer ici la zizanie, l’heure n’est pas encore aux cadeaux, et d’où sortez-vous toutes ces choses ? 

-          Je suis le Père Noël, et c’est mon rôle de faire des cadeaux, hoo hoo hoo !

-          Ok Père Noël mais, vous les distribuerez après le repas dit Francis en courant derrière l’homme en rouge tandis que ce dernier continue de glisser dans les mains gercées ses petits présents. Regardez tous ces paquets au pied du sapin, ajoute encore le bénévole agacé, c’est vous qui les donnerez tout à l’heure mais après la dinde, soyez raisonnable…

Toute l’assemblée se trouve si dissipée que Père-Noël comprend qu’il compromet ainsi toute l’organisation de ces braves gens qui se dévouent sans compter pour leurs semblables, alors il prend un air penaud et contrit pour obéir et suivre Francis. Celui-ci ne peut s’empêcher en le voyant, de partir dans un immense éclat de rire, suivi par presque tous les convives.

-          « Allez, Père-Noël, venez que je vous trouve une place, dit le volontaire en lui tapotant dans le dos et en lui montrant une chaise entre deux pauvres ères qui le regardent en souriant.

L’ambiance s’était bien réchauffée et beaucoup se mettent à dialoguer entre eux.

Ses voisins de table lui demandent quelques cigarettes qu’eux n’ont pas eues ce que le vieil homme leur accorde mais en dessous de table pour ne pas fâcher Francis.

Cela les met en confiance et ils se mettent à lui poser plein de questions pensant le taquiner.

-          « Alors Père-Noël comment t’as fait pour échouer ici ?

-          Mes rennes se sont enfuis avec le traîneau plein de jouets en me laissant seul dans la rue…

-          Pas de chance dis-donc, et comment tu vas faire pour rentrer au pôle nord ? se moquent-ils

-          Oh Jacquot va finir par s’inquiéter et me faire chercher, explique notre vieillard

-          Et qui c’est Jacquot ?

-          Mon lutin, enfin un de mes lutins… »

Et les autres d’éclater de rire, découvrant des dents gâtées et clairsemées.

La dinde fait alors son entrée et le Père Noël, blessé de ne pas être cru en est très content : au moins pendant qu’ils mangent ils vont cesser de lui poser toutes ces questions qui commencent à l’agacer.

Mais dès que les ventres sont pleins quelques-uns l’interpellent à nouveau pour lui demander comment il s’y prend pour déposer ses cadeaux dans les cheminées sans faire de bruit etc…

Le Père-Noël se décide alors de faire son show le temps d’une petite digestion avant l’arrivée de la bûche au chocolat.

Et le voilà qui raconte toutes ses aventures les plus pittoresques qui lui sont arrivées au cours de plusieurs siècles de Grande Distribution : la fois où il rencontra une vilaine sorcière dans le Nord de la France qui s’en prenait aux enfants* ; celle où après un régime, il a perdu son pantalon face à un petit garçon qui s’était caché derrière un fauteuil pour le surprendre **; cette autre où il avait demandé à de grands professeurs de lui cloner des frères pour l’aider dans sa tâche*** ; comment il a su déjouer les plans du Père Fouettard pour gâter les enfants malgré quelques petites bêtises ****; cette fois encore où un virus s’était attaqué à son ordinateur ce qui l’a obligé à retaper toutes les listes de cadeaux***** et tant d’autres anecdotes encore.

Il joint le geste à la parole et c’est bientôt l’hilarité générale dans toute l’association, bénévoles comme défavorisés.  

Le Père-Noël est  fou de joie de voir que son plan a réussi. Il peut voir en effet s’allumer autour de lui tous ces yeux qui lui ont semblé éteints lors de son arrivée en ces lieux.

L’espace d’un instant tous ces malheureux ont oublié la rue et la misère.

C’est alors qu’il aperçoit deux petits yeux qui l’observent par la fenêtre, et qu’il reconnait immédiatement comme étant ceux de lutin Jacquot.

Il profite alors de l’arrivée de la bûche au chocolat pour s’éclipser.

-          « Ah ! Mon brave Jacquot, comme je suis heureux de te voir ! Comment as-tu su que j’avais un problème ?

-          Mais, Père-Noël je l’ai vu sur ma carte satellitaire !

-          Ta carte satellitaire ?

-          Mais oui, elle est reliée à l’ordinateur où figurent toutes les adresses des enfants à gâter qui sont  autant de petites lumières allumées sur cette carte. Chaque fois que vous quittez une maison une petite lampe s’éteint. Comme plus rien ne bougeait depuis plusieurs heures, j’ai compris après avoir vérifié que ce n’était pas un problème informatique, que vous étiez en détresse.

-          Ouf ! Merci le progrès ! Le XXIème siècle a quand même du bon, mais pour ce qui est de la détresse, il y en a ici qui la côtoient chaque jour. As-tu mon sucre d’orge magique ?

-          Bien sûr Père-Noël, que voulez-vous en faire ?

-          Laisser en ces lieux à ces valeureux bénévoles de quoi aider les malheureux jusqu’à l’été… » répond notre homme en rouge.

Et il utilise le précieux objet tel une baguette magique en direction des stocks de l’association pour les remplir à raz-bord de victuailles, habits chauds et couvertures.

 

-          « Bon ! Père-Noël il est grand temps de rattraper le temps perdu…

-          Je n’ai pas perdu mon temps mon brave Jacquot… Mais tu as raison, il est grand temps maintenant de terminer la tournée, as-tu retrouvé Tornado et Cupidon ?

-          Ils vous attendent tous penauds…

-          Eh bien puisqu’ils voulaient faire la course, c’est le moment de mettre le turbo… » conclut le Père-Noël en montant dans le traîneau avec son lutin.

Lorsque le jour se lève, tous les enfants découvrent, joyeux, ces merveilleux présents sont ils rêvaient.

A l’Association, les bénévoles se demandent quel généreux donateur remercier, tandis que la plupart des malheureux retrouvent la rue…

Certains d’entre eux se surprennent à espérer retrouver sur un banc ou sous un pont, un homme à l’habit rouge qui, l’espace de quelques heures, leur a réchauffé le cœur.

   

 Claudie Becques (décembre 2010)

 

* fait référence à d'autres contes que j'ai également écrits :

* Le Père-Noël rencontre Marie-Grouette

** Le Père-Noël et le petit curieux

*** Le Père-Noël et ses clones

**** Le tribunal de Noël

***** Le virus du Père-Noel

 

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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 19:56

 

 

 

        

  au pays de Dickens 067

 

Le Père-Noël est embêté

Car son traîneau a disparu

Il cherche, il court de tous côtés

Inspecte chaque coin de rue.

 

Le Père-Noël est contrarié :

Mais bon sang perdrait-il la boule ?

C'était là... Il peut le parier

Le Père-Noël n'est pas maboule !

 

Ca c'est un coup du Père Fouettard

Le vilain a du le cacher,

Exprès pour le mettre en retard

Et de cadeaux, les enfants, priver.

 

Mais Père Fouettard est un nigaud

Et Père-Noël un magicien

Il claque des doigts et le traîneau

De suite auprès de lui revient.

 

Petits et grands rassurez-vous

Demain dans vos petits souliers

Vous trouverez au rendez-vous

Tous les cadeaux que vous vouliez.

 

 

 

Claudie Becques (décembre 2010)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 17:38

Je suis certaine que comme moi, à une semaine de Noël, quand vous compulsez votre magazine TV, vous vous apercevez dégoûtés, qu'aucun conte n'a été progrogrammé.  

Alors pour palier ce manque, je vous offre ce conte de Noël que j'ai écrit ce jour, et que j'ai intitulé :

 

Un Noël différent. 

noel.jpg

 

 

 

Martino  le lutin vient retrouver le Père-Noël dans son salon pour lui exposer un grave problème. En effet les rennes se sont encore disputés et ils en sont maintenant à régler leurs différents à grands  coups de bois. Il faut absolument les empêcher de s’entre-tuer ou de se blesser une semaine avant la grande distribution !

 

Il trouve le vieil homme dans son fauteuil face à l’âtre de la cheminée, une lettre à la main et… il pleure !

-          « Ca ne va pas Père-Noël ? Etes-vous malade ? Avez-vous besoin de quelque chose ? demande le brave lutin très inquiet

Le Père-Noël semble alors seulement prendre conscience de ne plus être seul. Il prend dans sa poche son grand mouchoir à carreaux pour s’essuyer les yeux et se moucher bruyamment.

-          « Ca va, ça va Martino… Je vais bien… Je suis juste très ému par la lettre du petit Matthieu

-          Que dit-il Père-Noël, pour que cela vous mette dans un tel état ? interroge le lutin

-          Il vit depuis plusieurs mois pour y être soigné, dans le service pédiatrie d’un grand hôpital en France, explique alors le Père Noël. Oh, il ne se plaint pas, même si je crois que sa maladie est très grave, non, il me parle juste d’une autre petite fille, Anaïs,  dans une chambre voisine…

Martino a déjà la gorge serrée en entendant le début du récit du Père-Noël, car il sent que pour une fois, il va y avoir une grande chose à réaliser dans le cadre de l’Esprit de Noël.

Les lettres des enfants ne sont que trop souvent emplies de souhaits un petit peu égoïstes, mais après tout, Noël c’est une fête destinée à les combler de bonheur ; alors avec tous ses amis lutins ils construisent, préparent et disposent dans le traîneau, tout ce qui figure sur les listes sans trop se poser de questions.

-          « Matthieu me dit d’Anaïs, que lorsqu’elle est arrivée, il y a environ trois mois, dans son service, il l’a trouvée tellement jolie, que c’était un peu comme si son visage était éclairé d’une lumière, reprend le Père-Noël, mais il ajoute que chaque jour qui passe éteint un peu cette lumière parce qu’elle ne sourit ni ne parle jamais. Il m’explique qu’il s’assied souvent au bord de son lit pour lui lire des histoires qu’elle écoute et semble aimer, mais elle ne dit jamais rien. Alors il retourne dans sa chambre, sans avoir entendu le son de sa voix. »

Deux grosses larmes se remettent à couler sur les joues du vieil homme et s’en vont se perdre dans la grosse barbe blanche.

Sur le visage de Martino, deux grosses larmes coulent également et s’écrasent sur le lainage vert de son habit de lutin.

Un grand silence règne maintenant dans le salon. Seul le crépitement de la danse des flammes sur les bûches retentit.

Ils restent ainsi tous deux quelques secondes perdus dans leurs pensées…

Le Père-Noël renifle soudain un grand coup, se lève de son fauteuil et se met à marcher à grands pas dans le salon :

-          « A quoi sert toute cette magie finalement ? demande-t-il rageusement, je n’ai aucun pouvoir pour guérir, ni pour obliger à aimer… Je ne sers pas grand-chose en fait… »

Et il retourne s’asseoir dans son fauteuil, en se prenant la tête entre les mains, complètement découragé.

Lutin Martino se racle un peu la gorge pour tenter de retrouver un peu de voix perdue dans l’émotion et dit :

-          « Que souhaite réellement ce petit Matthieu, Père-Noël ? Parle-t-il de miracle ? 

-          Non, mon brave lutin, il ne demande rien qui ne soit irréalisable, il veut seulement que je me déplace en personne pour l’Arbre de Noël de l’hôpital, l’après-midi du 24 décembre. Il me dit dans sa lettre que si je ne viens pas, ce sera comme l’année dernière un aide-soignant – que tous les enfants vont immédiatement reconnaître - qui va se déguiser pour distribuer les cadeaux. Or, pour tenter de remettre un peu de lumière dans les yeux d’Anaïs, Matthieu lui a promis de faire venir le vrai Père-Noël… 

-          Hum, hum… réfléchit Martino, c’est vrai que l’après-midi du 24 vous devez en principe vous reposer pour être en forme pour la grande Tournée de la nuit...

-          Oh, mais ça n’est pas le problème Martino, j’aurai 364 jours pour me reposer après, mais ce qui me contrarie c’est que je ne pourrai pas les guérir tous ces malheureux petits enfants…

-          Evidemment non Père-Noël, mais la joie et quelques instants de bonheur en votre présence leur donneront le courage d’affronter les soins et les traitements et de se battre pour aller mieux… J’ai lu ça un jour dans une revue, que l’on guérit plus vite quand on a un bon moral… ajoute le brave lutin. »

Il dit ces paroles avec tant de conviction que le Père-Noël retrouve le sourire :

-          « Tu as tout à fait raison, Martino, mais tu vas m’accompagner, avec quelques autres de tes amis lutins que tu choisiras parmi les plus drôles, farceurs et acrobates. Vous ferez des cabrioles, jouerez aux clowns… enfin tu vois, toutes ces pitreries auxquelles vous vous adonnez derrière mon dos quand vous croyez que je vous vois pas, ajoute-t-il avec un clin d’œil moqueur. Eh bien cette fois c’est un ordre vous ferez toutes les bêtises que vous voudrez sans modération…

-          Mais…

-          Il n’y a pas de mais, mon cher lutin, on va leur offrir le plus beau des Arbres de Noël à ces enfants. Et puis tu demandes aux lutins Colombo et Navarro de mener une enquête sur les cadeaux qu’ils aimeraient puisqu’à part Matthieu aucun dans cet hôpital, ne m’a envoyé de lettre, et qu’ils se renseignent aussi sur ce qui peut rendre si triste cette petite Anaïs, et… »

Martino avait sorti de sa poche un petit carnet où il note maintenant aussi vite qu’il peut toutes les consignes du Père-Noël.

Le lutin sourit de voir le vieil homme si enthousiaste et si investi dans cette belle action.

Il sait qu’il va falloir travailler plus vite encore et plus tard le soir pour finir de préparer le traineau pour la nuit de Noël pour les autres enfants, mais ça ne lui fait pas peur…

Cette année Noël sera encore plus magique que les autres parce qu’en plus des cadeaux, le Père-Noël va en plus, distribuer de l’Espoir et permettre à quelques-uns de ses lutins d’y participer et de voir les petites étoiles briller dans les yeux des enfants.

Les lutins Navarro et Colombo se présentent le lendemain au rapport dans le bureau du Père-Noël, avec la liste des jouets souhaités par les enfants du service pédiatrie.

Aucun n’a été oublié. Même l’homme à la barbe blanche ignore quel est leur secret, mais une chose est sûre c’est qu’ils sont doués pour passer incognito et mener à bien leurs enquêtes sans que personne ne s’en aperçoive.

Le Père-Noël la passe rapidement en revue et convoque lutin Martino pour qu’il fasse préparer une hotte spéciale pour l’hôpital. Mais soudain il reprend la liste, vérifie, et dit aux lutins enquêteurs :

-          « Mais, je ne vois pas le souhait de la petite Anaïs…

-          C’est qu’elle ne veut rien Père-Noël, répond Navarro

-          Comment ça rien ! Vous avez échoué cette fois reconnaissez-le…

-          Non, non Père-Noël, confirme Colombo, elle ne veut rien qui soit en votre pouvoir.

-          Bon sang, c’est vrai, Matthieu m’a dit qu’elle ne parle pas, réfléchit à haute voix le vieil homme, sans doute est-elle muette…

-          Muette ou pas, si elle souhaitait quoique ce soit que vous puissiez lui donner, je vous assure que nous le saurions, mais ce n’est pas le cas : rassembler auprès d’elle ses parents divorcés sans qu’ils ne se disputent n’est pas à votre portée, lui rendre sa maison d’autrefois ou son petit chat qui est mort… Tout ça vous ne le pouvez pas Père-Noël !

-          C’est donc ça… murmure l’homme à l’habit rouge, avant d’ajouter à haute voix, c’est vrai que je ne peux pas forcer les gens à s’aimer, ni guérir qui que ce soit, ni encore moins ressusciter les morts, mais je peux peut-être essayer de faire entrer un peu de plomb dans la caboche des parents ! Il faut que j’y aille. Que je tente quelque chose pour cette petite. »

 

Normalement le Père-Noël n’utilise la magie que dans les cas extrêmes, mais là en l’occurrence, il lui semble tout à fait normal d’y avoir recours.

 

Et même si ce n’est pas la première fois que les lutins y assistent, ils ouvrent grands leurs yeux face à  ce spectacle :

« Un claquement de doigts pour un pantalon en velours côtelé.

Un claquement de doigts pour un pull col roulé.

Un claquement de doigts pour des chaussures cloutées.

Un claquement de doigts pour une parka trouée.

Un claquement de doigts pour un  vilain bonnet.

Un claquement de doigts pour, sur la terre…aller ! »

 

 

Et pfuiiiiiiit... Plus de Père-Noël dans le grand salon…

… par contre sur un banc sur le parking d’un hôpital de France, un vieil homme attend une voiture bleue qui –d’après les instructions de Lutin Navarro- ne devrait pas tarder à arriver avec au volant la maman d’Anaïs.

Effectivement la voici qui arrive et se gare. La jeune femme, élégante dans son manteau de lainage beige, en descend. Ses talons hauts résonnent sur le sol et le vieil homme la regarde monter les quelques marches face aux portes vitrées qui s’écartent automatiquement pour la laisser entrer et se referment.

Il ne quitte pas la porte des yeux. Il attend que la femme reparaisse.

Une bonne heure plus tard, il la voit enfin, les yeux rougis, la démarche mal assurée. Elle regagne lentement son automobile, ouvre la porte, s’assied, claque la porte et éclate en sanglots, les mains et la tête sur le volant. L’homme soupire de soulagement. Cette maman a beaucoup d’amour pour son enfant et souffre sincèrement. Après quelques minutes, il la voit se redresser, abaisser le pare-soleil pour se regarder dans le petit miroir de courtoisie et s’éponger le visage d’un mouchoir en papier.

Le vieil homme (en réalité le Père-Noël) claque alors des doigts en la voyant rabattre le pare-soleil sur le plafond de la voiture avant de tourner la clef de contact.

Rien ne se produit. La femme essaie à nouveau, mais la voiture refuse de démarrer. Le Père-Noël la voit regarder sa montre, souffler, puis sortir son téléphone portable.

Le vieil homme claque encore à nouveau des doigts ce qui a pour effet de décharger complètement la batterie du téléphone. Il sait que dans quelques instants –si lutin Colombo a raison-  une autre voiture, grise cette fois, va arriver avec à son bord le papa d’Anaïs.

C’est effectivement ce qui se produit, tandis que la jeune femme claque la portière et soulève le capot de la voiture.

L’homme se gare et sourit amusé en voyant son ex-femme observer en faisant la moue ce moteur qui refuse de démarrer.  Il sort de sa voiture, semble hésiter mais finit quand même par demander :

-          « Un problème ?

-          Non. Ca va. Je n’ai pas besoin de toi, répond la femme sèchement

-          Comme tu veux ! »

 Il se tourne pour se diriger en direction de l’entrée de l’hôpital, puis semble se raviser et repars  vers son  ex pour demander anxieusement :

-          « Comment tu l’as trouvée aujourd’hui ? »

Le regard de la maman s’embue immédiatement de larmes et elle hoche la tête doucement pour répondre silencieusement « pas bien du tout ».  L’homme serra les dents et donna un violent coup de poing dans l’arbre qui se trouvait là  à côté d’eux  planté sur un petit terre-plein de pelouse qui sépare les emplacements de parking.

-          « Bon sang qu’est-ce qu’on peut faire ? grommela-t-il »

Le Père-Noël –enfin le vieil homme du banc- décide alors d’intervenir et s’avance vers eux pour leur dire doucement :

-          « Donnez-lui l’envie de se battre ! Votre enfant renonce à vivre. Elle ne mange plus. Elle ne communique plus. Elle se laisse mourir pour aller rejoindre son petit Mistrigri… 

-          Mais qui êtes-vous ? Vous connaissez Anaïs ? Elle vous a parlé ? demandent les parents d’une seule voix

-          A moi, non, mais à mon petit fils, malade lui aussi, ment pour la bonne cause le Père-Noël car en réalité ce sont les Lutins Navarro et Colombo qui lui ont donné toutes ces informations.

-          Et que lui a-t-elle dit encore Monsieur ? Dîtes-le nous, il y a bien longtemps qu’elle ne nous dit plus rien à nous…

-          Vous le savez bien… Qu’elle est triste de vous voir séparés, qu’elle ne veut pas choisir entre son papa et sa maman, qu’elle ne veut plus voir vous disputer…

-          Ce n’est pas simple vous savez, dit le papa ému, la vie nous entraîne parfois sur des routes qu’on n’a pas choisies…

-          On n’a pas voulu non plus la maladie de notre fille, ajoute la maman dans un sanglot

-          Je sais. Je sais,  leur répond le vieil homme, mais ne pouvez-vous faire un effort de temps en temps rien que pour elle, en l’entourant et en l’accompagnant ensemble dans son combat contre la maladie ? Ne pensez-vous pas que quelques soient les raisons de vos différents, votre fille est plus importante et mérite que vous fassiez cet effort aussi intense soit-il ?

-          Nous ne pouvons lui donner de faux espoirs, tente de justifier le papa, elle refuse notre séparation mais nous avons refait notre vie l’un et l’autre…

-          Soyez unis sur la route de sa guérison, expliquez-lui que vous êtes toujours ses parents et que votre amour pour elle n’a pas faibli en vous séparant et elle finira ensuite par admettre que votre vie emprunte des chemins différents. Offrez-lui la chance d’y parvenir en vous oubliant un peu » dit gentiment le vieil homme en s’éloignant. 

Le père et la mère d’Anaïs ne disent rien.

Ils  réfléchissent.

Puis le papa, retire la barre de blocage qui maintient toujours ouvert le capot de la voiture de sa femme, pour le laisser retomber et il dit doucement à son ex :

-          « On pourrait peut-être essayer ? pour Anaïs… Elle m’attend. Tu m’accompagnes ?

-          Mais… j’en viens moi… c’est tellement dur de la voir comme ça…

-          Ensemble, ce sera peut-être moins dur, non ? insiste-t-il avec douceur

-          Mais… on m’attend…

-          Téléphone !

-          J’ai plus de batterie…

-          Je te prête le mien… »

A bout d’argument la jeune femme finit par sourire tristement et prendre le portable que lui présente son ex-mari.

Quelques instants plus tard le Père-Noël les voit monter ensemble les quelques marches face aux portes vitrées qui s’écartent automatiquement pour les laisser entrer et se referment.

« Finalement, ça n’a pas été trop difficile, pensa-t-il en souriant. Tant qu’il reste en l’humain du bon sens et de l’Amour on peut toujours espérer. »  

Il lui faut retourner dans son royaume… « Un claquement de doigts pour maintenant rentrer ! »

Et Hop ! Le Père-Noël est à nouveau dans son grand salon. Bien-sûr les lutins n’étaient plus là ! Ils avaient bien trop à faire avant la Grande Distribution.

-          « Qu’est-ce que je pourrai bien faire encore, se demande le Père-Noël, Ah ! je vais aller voir un peu si ces garnements de rennes ne bagarrent plus ! »

Il ne sait pas qu’Anaïs, de plus en plus faible, s’est déjà endormie et qu’elle ne peut avoir la joie de trouver auprès d’elle, enfin réunis, son papa et sa maman.

 

En fait depuis le départ du Père-Noël, dans l’atelier des lutins, règne comme un vent de folie. Le patron l’avait dit « Toutes les bêtises étaient permises ». Martino avait donc organisé une sorte de casting pour ce qu’il avait appelé le Christmas Academy. Tous les lutins devaient accomplir les tâches habituelles mais de façon gaie, comique, artistique voire acrobatique. Le mot d’ordre était « lâchez-vous mes amis ». C’est dire s’il régnait dans l’atelier une bonne humeur et une dynamique absolument géniale et pourtant le travail n’en était pas moins fait consciencieusement.

S’ils pouvaient le voir, les chefs d’entreprise sur Terre feraient bien d’en prendre de la graine en constatant que travailler ne rime pas forcément avec  morosité, mais c’est là une parenthèse qui ne fait pas avancer notre histoire.

 

A la fin de la journée, lutin Martino convie le Père-Noël pour le résultat du concours :

Lutin Hugo sera sculpteur de ballons de baudruche, Lutin Ludo sera le marionnettiste de la fête, Lutin Fabio fera un numéro de magie plein de poésie, Lutins Pipo et  Mario seront bien entendu les clowns de l’Arbre de Noël. Martino quant à lui, serait le conteur de l’après-midi. Il avait en réserve quelques fabuleuses histoires d’animaux pour remplacer leur présence, malheureusement interdite au sein de l’hôpital.  

Le Père-Noël est très fier de voir combien ses petits amis avaient pris à cœur leur mission, et peut donc attendre patiemment le grand jour.

 

Dans la grande salle de réception de l’hôpital, le personnel  a soigneusement disposé autour d’un immense sapin étincelant de lumières et de paillettes, les lits des malades les plus faibles et les fauteuils roulants de quelques uns.  Les autres, plus mobiles avaient pris place sur des chaises et des bancs.

Puis vers quatorze heures, à l’heure habituelle des visites, les parents viennent entourer leurs enfants pour assister au spectacle que les «  nez-rouges » ont préparé. Ce sont en réalité des médecins et infirmières qui jouent un peu au clown en dehors de leurs heures de travail pour faire oublier aux enfants qu’ils sont malades. Ils ont préparé pour l’occasion des petits sketches très amusants avec des déguisements très colorés, qui semblent vraiment amuser les enfants. Puis ils les invitent à reprendre en chœur quelques chansons.

A côté du sapin il y a un énorme fauteuil de velours rouge qui n’attend plus que le Père-Noël.

Puisque tout est prêt les infirmières invitent les enfants à taper joyeusement dans leurs mains pour l’appeler. Ces derniers ne se font pas prier et le voici qui arrive avec un immense sac aussi rouge que son costume. Les plus grands enfants rient sous cape en reconnaissant sous la fausse barbe, Fabrice qui n’est autre qu’un des brancardiers de l’hôpital. Qu’importe puisque les plus petits n’y voient que du feu !

Mais Matthieu, lui ne rit pas. Il devrait pourtant être content que ses parents, bien qu’ils habitent très loin, aient pourtant fait la route rien que pour être auprès de lui pour à l’occasion de Noël, mais il est triste quand même : son souhait ne sera pas exaucé.

Il est assis au bord du lit de la petite Anaïs à lui tenir la main. Elle regarde à peine ce qui l’entoure. Pourtant il la voit soudain reprendre quelques couleurs tandis qu’un homme et une femme entrent en courant dans la salle. Matthieu les connaît. Ce sont les parents d’Anaïs mais jamais ils ne sont venus la voir ensemble. Alors il quitte le bord du lit pour leur laisser la place et auprès des siens, contemple de loin, la lumière qui semble à nouveau illuminer le visage de son amie.  Il ne peut s’empêcher de penser que finalement, même si sa lettre est restée sans effet, ce sera quand même un beau Noël.

Quand soudain, une joyeuse équipe de nains entre tapageusement dans la salle en faisant mille cabrioles. Le personnel soignant s’interroge du regard « Qui sont-ils ? » mais personne ne peut dire qui les a fait venir et encore moins retenir cette troupe bondissante qui circule et cabriole entre les enfants pour leur faire mille tours de magie, distribuer des ballons de toutes les formes et de toutes les couleurs.

Quelques minutes plus tard un tonitruant « Ooh ! Ooh ! Ooh !» résonne dans la salle et un deuxième Père-Noël entre avec une gigantesque hotte sur le dos.

Il se dirige droit sur le fauteuil et tirant sur la barbe de l’imposteur qui y est assis, il lui dit : « Merci mon brave, de m’avoir remplacé pendant que je finissais mes paquets, vous pouvez maintenant me laisser la place. » 

Devant la tête du brancardier démasqué, tous les enfants éclatent de rire en tapant dans leur main et en scandant : « Fabrice ! Fabrice ! Fabrice ! » et lui, même s’il n’y comprend plus rien,  est heureux de voir tous ces visages d’enfants traumatisés par la vie, aussi hilares. Alors, il enlève son bonnet rouge en faisant mine de saluer et en disant « merci, merci beaucoup ».

Matthieu qui n’a rien perdu de la scène, tourne alors le visage vers celui d’Anaïs qui lui sourit pour la première fois, et qui bouge en articulant ses lèvres, pour qu’il puisse comprendre du loin : « MERCI ! »

Son petit cœur bat la chamade. Il est si heureux, qu’il ne prête même pas attention à la distribution des jouets qui a commencé, jusqu’au moment où Martino lui met entre les mains un énorme livre de contes d’animaux : « J’avais pensé  raconter quelques unes de ces histoires cet après-midi mais ce n’est pas le bon moment, alors je crois que c’est mieux que je te l’offre pour que tu les lises à la petite Anaïs quand vous serez seuls. »

L’enfant remercie le lutin et regarde sa petite copine toujours  couchée dans son lit, mais souriante, entourée de ses parents  qui l’aident à déballer un joli petit chat en peluche. Elle rassemble ses forces pour se redresser un peu et lui montrer du loin le cadeau qui semble lui faire un immense plaisir et il lit encore sur ses lèvres : « MISTRIGRI ».

Alors des milliers d’étoiles dans les yeux, Matthieu s’avance vers le Père-Noël et l’embrasse en murmurant « Merci d’être venu ! ».

Le vieil homme ne répond rien. Une espèce de grosse boule dans la gorge l’en empêche. Mais il décoche un énorme clin d’œil au gamin si heureux.

Quand la hotte est enfin vide, toute la joyeuse troupe s’éclipse alors aussi vite qu’elle était arrivée en laissant derrière elle, l’espoir que la joie seule fait naître dans l’âme de ceux que la vie éprouve.

-          « C’était vraiment un Noël différent, mes amis ! conclut le Père-Noël en se frottant les mains,

-     Mais ça ne fait que commencer Père-Noël, êtes-vous en forme pour la grande distribution de cette nuit ?

-      Plus que jamais ! Ooh ! Ooh ! Ooh !»

 

  

Claudie Beck-Becques (le 18/12/2010)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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