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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 22:00

 

 

geddes1[1]

 

Il était une fois une petite graine d’amour qui poussait dans le ventre d’une maman.

Plus la petite graine poussait, plus le ventre de la maman grossissait.

Au début la petite graine avait l’impression de flotter.
Et elle aimait ça la petite graine.

Elle était bien dans son petit cocon d’amour.

Il était si confortable ce petit nid douillet et chaud !

La petite graine se laissait pousser sans se poser de question.

Elle ne se préoccupait pas non plus des petits bruits lointains qu’elle entendait vaguement grâce à la petite tête qu’elle avait désormais avec un petit nez, une petite bouche, mais surtout deux petites oreilles sur les côtés..

 

Plus les jours passaient et plus la petite graine d’amour entendait mieux ces bruits.

Mais il en était un, surtout, qu’elle préférait aux autres : celui que faisait la voix douce de la maman. SA maman !

De temps en temps pourtant, au fil du temps, la petite graine s’ennuyait.

Alors elle se mettait à tambouriner avec les petits pieds et  les petites mains. qui lui étaient poussés aussi.

- « Ouh ! Ouh ! Je suis là ! Faudrait voir à ne pas m’oublier… » semblait-elle dire.

Elle entendait alors la voix douce de SA maman rire, lui parler ou chantonner tandis que sa main caressait doucement son ventre tout rond.

Quelquefois, une voix plus grosse se mêlait à celle de SA maman.

La petite graine n’avait pas peur de cette grosse voix parce qu’elle lui parlait doucement aussi et parce que la petite graine avait compris que c’était la voix du papa. SON papa !

Par contre lorsque le papa posait aussi sa grosse main sur le ventre de la SA maman, la petite graine cessait de gigoter.

Parce que même si c’était SON papa, la petite graine préférait garder le plus longtemps possible comme un doux secret, tout le mystère de sa présence dans le ventre de SA maman.

Nourrie abondamment de l’amour de SA maman et de SON papa, la petite graine grossissait de plus en plus, et se sentait du coup,  de plus en plus à l’étroit, dans le ventre de maman.

Alors, un jour, la petite graine d’amour décida d’abandonner son petit nid douillet pour vivre la grande aventure.

C’était le lundi 5 décembre 2011 à 23 heures.

 

- « Y en a marre ! se mit-elle en colère, je veux sortir !!! Laissez-moi sortir ! Je veux sort… »

Et elle se débattit tellement fort, qu’elle se sentit emportée dans un immense tourbillon.

- « Au secours ! hurla la petite graine d’amour, je vais tomber… »

Mais alors qu’elle se sentait glisser dans un grand vide glacé, des mains l’attrapèrent et la placèrent sur la peau douce et chaude de la maman. SA maman ! Elle l’aurait reconnue entre mille. Et la grosse voix était là elle aussi, celle du papa. SON papa !

 

- Oh ! Quel joli bébé d’amour ! s’exclamèrent des voix inconnues
- Alors c’est ça que je suis ? Un bébé ? Je ne suis donc plus une simple graine ?
- C’est une adorable petite fille !
- Ah bon ! D’accord ! Si vous le dîtes les blouses blanches… je vous crois.
- Bonjour Léa !  dirent en chœur la voix douce et la grosse voix.
- Bonjour maman ! Bonjour papa !  a crié très fort la petite Léa.

Mais SA maman, et SON papa ont juste entendu :
- Ouin ! Ouin ! Ouin ! Ouin !

 

« Tant pis !  pensa Léa en se laissant tendrement bercer  au creux des bras de SA maman et SON papa qui l’embrassaient sans pouvoir s’arrêter, j’ai toute la vie maintenant pour apprendre à me faire comprendre ainsi que toutes ces choses dont j’ignore tout et dont je n’ai même pas idée ! Mais… même pas peur ! Parce que j’aurai tout l’amour de MA maman et de MON papa pour y arriver. »

 

©  Claudie Becques

 

 2010-0593.JPG

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 19:53

Une façon toute personnelle de souhaiter une bonne fête à tous les papas...

  papa.jpg

 

herisson.jpg  Des fois, il pique comme un hérisson,

Il me fait aussi parfois  les gros yeux du crapaud,  crapaud.jpg

Il peut prendre en plus, quand je ne suis vraiment pas sage,

loup-garou.jpg   la grosse voix du loup garou…

 

Mais souvent il frotte son nez contre le mien

comme un petit chat,  chat.jpg

Et il fait des grimaces comme un vrai singe,

singe.jpg   rien que pour me faire rire ;

Il  sait encore jongler avec un ballon comme une otarie,  otarie.jpg

oiseau.jpg  Et  siffler aussi comme un oiseau…

 

Mais pour moi, c’est surtout le gros nounours,

Contre lequel j’aime me blottir…

ours.jpg

Mon papa !

 

Claudie Becques

(17/06/2011)

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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 05:06

 

-moticon-lire.gif

 

J'ai cet immense bonheur que de pouvoir cotoyer les enfants

au cours de mes séances de dédicaces en librairies ou aux salons du livre.

Croiser leurs regards, leur parler, les écouter

est vraiment enrichissant et émouvant.

Un jour, très bientôt peut-être, tout ça s'arrêtera...

Alors pour ne pas oublier,

 j'ai décidé de poser ici leurs mots pleins d'innocence

et d'une stupéfiante logique.

 

Claudie Becques

 

___________________________________

 

En mars au salon du livre de Bondues (59)...

 

Je demande : "Veux-tu que je marque un petit mot à l'intérieur de ton livre ?

 

La maman : "Veux-tu une dédicace ?"

 

La petite fille : "C'est quoi une dédicace ?"

 

La maman : " La dame va écrire ton nom et un petit mot rien que pour toi...

 

La petite fille : "D'accord, je veux bien qu'elle marque mon nom...

comme ça si je le perds on pourra me le rendre"

 

___________________________________

 

 

  

 

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 00:55

 fetes-paques-2-copie-2.gif

 

 

Monsieur Printemps dort.

-          « Debout paresseux ! dit le soleil »

-          ZZZzzz, répond le printemps

-          Debout paresseux ! disent les petits oiseaux

-          Rrronn, répond le printemps

-          Debout paresseux ! disent les primevères, les jonquilles,  les tulipes…

Mais Monsieur Printemps ne bouge pas.

Il continue de roupiller le vilain paresseux.

Madame Nature est très inquiète, il faut trouver rapidement le moyen de le réveiller.

L’hiver a été si long !

Le ciel tellement gris.

Les hommes sont tous pâles et tristes.

Ils ont besoin de lui pour retrouver le sourire et des couleurs !

Les petits lapins et tous les autres petits animaux ont besoin de sortir de leurs terriers.

Les petits oiseaux doivent construire leurs nids.

Alors Madame Nature a l’idée d’appeler toutes les cloches de la terre à la rescousse pour réveiller Monsieur Printemps.

-          « D’accord ! disent les cloches, on va vous le réveiller. Faîtes-nous confiance ! Mais PAS QUE le réveiller :  on va même en profiter pour lui jouer un vilain tour. »

Elles emportent en leurs ventres des milliers de petits œufs et de formes d'animaux en chocolat recouverts de papiers brillants et multicolores qui s’éparpillent dans tous les jardins lorsqu’elles se mettent à tinter aux oreilles de Monsieur Printemps.

-          « Hein ? Quoi ? Qu’est-ce qui se passe ? sursaute Monsieur Printemps »

Et tout étonné il découvre plein de petits points colorés répandus sur le sol,  des lapins, des poussins…

-          « Mais qu’est-ce qui se passe ici ? Qui a fait pousser toutes ces fleurs ? Qui a fait naître ces animaux ?  Quel est l’imposteur qui m’a piqué ma place ? C’est mon travail de faire renaître la nature ! »

Puis il aperçoit des petits enfants la bouche toute barbouillée de chocolat, qui emplissent leurs petits paniers, tandis que le soleil rit de tous ses rayons.

-          « Ah ! J’ai compris : c’est une blague ! dit Monsieur Printemps. En tout cas, c’est une bonne idée. Alors désormais, tous les ans on fêtera  « PAS QUE ».

Ainsi est née la fête de PÂQUES !

Non ?

Et pourquoi pas ?

 

 

©  Claudie Becques (19/04/2011)

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 00:55

 fetes-paques-2-copie-2.gif

 

 

Monsieur Printemps dort.

-          « Debout paresseux ! dit le soleil »

-          ZZZzzz, répond le printemps

-          Debout paresseux ! disent les petits oiseaux

-          Rrronn, répond le printemps

-          Debout paresseux ! disent les primevères, les jonquilles,  les tulipes…

Mais Monsieur Printemps ne bouge pas.

Il continue de roupiller le vilain paresseux.

Madame Nature est très inquiète, il faut trouver rapidement le moyen de le réveiller.

L’hiver a été si long !

Le ciel tellement gris.

Les hommes sont tous pâles et tristes.

Ils ont besoin de lui pour retrouver le sourire et des couleurs !

Les petits lapins et tous les autres petits animaux ont besoin de sortir de leurs terriers.

Les petits oiseaux doivent construire leurs nids.

Alors Madame Nature a l’idée d’appeler toutes les cloches de la terre à la rescousse pour réveiller Monsieur Printemps.

-          « D’accord ! disent les cloches, on va vous le réveiller. Faîtes-nous confiance ! Mais PAS QUE le réveiller :  on va même en profiter pour lui jouer un vilain tour. »

Elles emportent en leurs ventres des milliers de petits œufs et de formes d'animaux en chocolat recouverts de papiers brillants et multicolores qui s’éparpillent dans tous les jardins lorsqu’elles se mettent à tinter aux oreilles de Monsieur Printemps.

-          « Hein ? Quoi ? Qu’est-ce qui se passe ? sursaute Monsieur Printemps »

Et tout étonné il découvre plein de petits points colorés répandus sur le sol,  des lapins, des poussins…

-          « Mais qu’est-ce qui se passe ici ? Qui a fait pousser toutes ces fleurs ? Qui a fait naître ces animaux ?  Quel est l’imposteur qui m’a piqué ma place ? C’est mon travail de faire renaître la nature ! »

Puis il aperçoit des petits enfants la bouche toute barbouillée de chocolat, qui emplissent leurs petits paniers, tandis que le soleil rit de tous ses rayons.

-          « Ah ! J’ai compris : c’est une blague ! dit Monsieur Printemps. En tout cas, c’est une bonne idée. Alors désormais, tous les ans on fêtera  « PAS QUE ».

Ainsi est née la fête de PÂQUES !

Non ?

Et pourquoi pas ?

 

 

©  Claudie Becques (19/04/2011)

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 20:18

 

MGacel

 

 Ayé ! Il est paru !

 

C'est un grand jour pour moi aujourd'hui : Hervé Mineur, des Editions AIRVEY, a réalisé mon rêve en publiant ce 10 mars 2011 mon premier livre pour enfants  :

 

Avez-vous peur de Marie-Grouette ?   

 

destiné aux 7/9 ans.

 

Cet ouvrage  regroupe à la fois ma passion des contes, de la poésie et surtout l’occasion de promouvoir ma région à travers un personnage légendaire.

 

 

Plusieurs contes autour de Marie Grouette et un peu d’histoire pour connaître l’origine de la légende. Egalement, des arguments pour une réhabilitation de la sorcière, peut-être pas si vilaine qu'on l'a toujours pensé...

 

 

 

Chez AIRVEY Jeunesse, mars 2011.

Par Claudie Becques, l'auteure et Evelyne Boyard, illustratrice.

48 pages illustrées en couleur. Format A5. Couverture carton.

http://www.acel-france.com/115-avez-vous-peur-de-marie-grouette-.html

 

Je le découvrirai moi-même et le présenterai en avant-première les 12 & 13 mars 2011 au salon du livre de Bondues (59)

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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 00:38

 

Image du Blog cassis.centerblog.net
 

 

Plus d'images sur cassis.centerblog.net.

 

 

 

 

 _____________________________________

 

Ce matin, le ciel est triste.

Il est tout gris et des gros nuages noirs lui font comme de gros sourcils froncés de colère, qui empêchent le soleil de passer.

  

En bas, dans la rue, les gens font grise mine.

Ils sont tristes.

Ils enfoncent leurs têtes dans leurs cols et se cachent sous leurs parapluies.

 

Dans les maisons, les enfants sont tristes.

Ils regardent par la fenêtre la pluie qui tombe.

Ils font grise mine parce qu’ils ne peuvent pas aller jouer dehors.

 

Un petit rayon de soleil coquin et malin se dit :

- « Ce n’est pas possible toute cette tristesse ! »

et il réussit à se faufiler entre deux gros nuages noirs.

  

Alors, dans le ciel, un magnifique arc-en-ciel vient colorier toute la grisaille et les gens font :

- « Oh ! Que c’est beau ! » et sourient.

 

Dans les maisons derrière les carreaux, les enfants font :

- « Oh ! Que c’est beau ! » et ils sourient.

 

La vie est parfois triste et toute grise, qui fait froncer les sourcils et fait paraître en colère, mais, quand un enfant sourit, ça met de la couleur dans la vie.

 

Alors, sois mon petit rayon de soleil coquin et malin et…

 

souris-moi ! 

 

 

 

Claudie Becques (10/03/2009)

 

 

 

 


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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 05:42

 

 

diddle&diddlina

 

Je t'aime...

 

Un peu...

J'attendais mieux !

 

Beaucoup...

C'est tout ?

 

Passionnément...

Vraiment ?

 

A la folie...

Youpiiiiiiii !

 

Pas du tout !

Oh ! Le voyou !

 

 

Claudie Becques (2010)

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 16:46

 

 

 

  chandeleur8

A la chandeleur
Sautent, sautent, sautent les crêpes !
chandeleur5
A la chandeleur
On va se régaler.

 

chandeleur3

Hop ! En voilà une,
Tiens elle est pour toi !

 

chandeleur6

Hop ! En voilà deux,
Celle-la est pour moi !


chandeleur2
A la chandeleur
Sautent, sautent, sautent les crêpes !
 
chandeleur7

A la chandeleur
Miam, miam, on se régale !
chandeleur.gif

Claudie Becques (03/02/09)

 

 

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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 10:26

 

chardonneret.jpg

 

Il était une fois une petite fille qui vivait dans une famille modeste de trois enfants.

Elle s’appelait Martha.

Son papa travaillait à l’usine  et sa maman s’occupait de la maison et de ses enfants. Ca ne  paraît pas comme ça, mais c’est quand même beaucoup de travail quand on sait qu’elle fabriquait tout ce dont avait besoin la petite famille. Elle savait confectionner en effet du pyjama à la doudoune d’hiver, de la robe pailletée de Noël au costume  du dimanche du papa. Et quand elle n’était pas la tête penchée sur sa machine à coudre, sa maman brodait les serviettes de table ou tricotait les pulls chauds de tous pour l’hiver.

Bref, la maman de Martha était rarement sans rien faire, mais gardait le temps après les bonnes crêpes  ou gaufres du goûter de surveiller  les devoirs des enfants et de les câliner quand ils en  avaient besoin.

Lorsque le  papa rentrait le soir de l’usine, toute la petite famille se rendait joyeusement au jardin pour sarcler les salades, motter les pommes de terre, biner les petits pois, arracher les mauvaises herbes et ramener de jolies fleurs que maman disposait en rentrant dans un vase sur la table de la salle à manger.

C’est dire si Martha et son grand frère José était très heureux.

Pourtant l’un et l’autre ne cessaient  de se chamailler. Il faut dire que José était déjà un grand garçon de six ans quand Martha est née, alors ils ne pouvaient pas partager les mêmes jeux.

Martha était en quelque sorte  la petite sœur casse-pieds qu’il envoyait bouler, même s’il l’aimait beaucoup quand même.

José rêvait de quitter la Province pour partir vivre un jour à Paris !

Paris la Capitale ! Paris et sa Tour Eiffel, sa cathédrale Notre-Dame, le Sacré-Cœur de Montmartre, son Arc de Triomphe, sa Place de l’Etoile… Il passait des heures le nez dans les livres à apprendre le nom des rues et des monuments de Paris.

Martha, elle, le nez en l’air s’émerveillait de tout, chantonnait les comptines apprises à la maternelle et récitait les poèmes que la maîtresse lui avait appris.

Un jour d’hiver enneigé, alors qu’elle partait toute seule à l’école du haut de ses huit ans, elle trouva à moitié gelé, un petit chardonneret à la patte cassée. Elle l’emmitoufla dans son cache-nez pour  le ramener chez elle avant de repartir en courant à l’école et y arriver avant la sonnerie. La matinée lui paraissait interminable. Ses pensées l’emmenaient  auprès du pauvre oiseau blessé. Serait-il encore en vie à son retour ?  L’institutrice parvint pourtant à captiver son attention par la lecture d’une fable de Jean de la Fontaine. L’histoire et la forme de ce poème fascinait Martha.

-          « Madame ! Il est mort celui qui a écrit ça ? demanda-t-elle après avoir levé le doigt

-          Oui Martha, il y a très longtemps… Mais il continue de vivre à travers ses nombreux écrits… »

Il y a comme ça des petites phrases qui marquent à tout jamais les enfants…

L’écriture pouvait donc en quelque sorte apporter l’immortalité !!!

Quand elle rentra déjeuner à la maison, elle trouva le petit chardonneret à la même place où elle l’avait déposé, dans une cage que son papa avait fabriqué pour les canaris siffleurs qu’il gardait désormais dans une jolie volière. Le pauvre animal blessé semblait bien réchauffé par la ouate sur laquelle Martha l’avait posé. La petite fille s’occupait maintenant à lui donner la becquée comme elle avait vu faire son papa, avec le bout taillé d’une allumette,  de la biscotte écrasée dans du jaune d’œuf cuit. Le soir, elle recommença puis les deux jours suivants… Mais le midi du troisième jour, Martha trouva le malheureux volatile raide sur son nid de coton.

L‘enfant était profondément triste. Son papa et sa maman n’arrivaient pas à la consoler. Les grimaces et bêtises de  José restaient également sans effet sur le moral de sa petite sœur, qui restait enfermée dans sa chambre à ruminer son chagrin.

Martha venait de découvrir  l’impuissance à soulager parfois ceux qui souffrent et surtout la mort.

En larmes, elle essayait de dessiner le petit chardonneret mais malheureusement elle n’avait pas le talent de son papa pour reproduire l’image de l’oiseau.

Soudain, les mots se mirent à danser sur le papier. Son crayon, porté par une étrange force alignait les lettres les unes après les autres, sans qu’elle ne put l’en empêcher,  jusqu’au point final.

Etourdie, essoufflée elle posa enfin son stylo. Elle lut.  

Là de sa main, était né un poème qui racontait la découverte du petit chardonneret, sa volonté de vouloir le guérir, son espoir et finalement la peine immense d’avoir échoué.

Sur ses joues, les larmes s’étaient séchées. Dans son petit cœur, la paix était revenue.  

Dans son âme, un rêve était né : écrire un jour un livre et ainsi, ne jamais mourir.

Peu de temps après, Martha connut la joie d’avoir une petite sœur et de jouer en quelque sorte en vrai à la maman… Que du bonheur ! Mais la différence d’âge entre elle et la petite Cathy, ne permettait pas la complicité qu’elle aurait aimé trouver.

C’est donc à ses petits carnets qu’elle continuait de confier ses pensées les plus intimes, ses joies, ses peines, ses émotions.

Un jour, malgré les larmes de sa maman, son grand frère prit le train pour Paris où il avait trouvé un travail qui lui permettrait de sillonner chaque jour les rues de sa très chère capitale.

 José réalisait son rêve à l’aube de ses vingt ans!

Martha grandit et devint une jeune femme. Elle trouva l’amour, se maria, eut à son tour des enfants.

Ses journées étaient bien remplies entre son travail dans un bureau, la maison à entretenir, les repas à préparer et les enfants à câliner.

De temps en temps, quand, on ne sait pourquoi,  une boule se logeait là au creux de sa gorge, qu’un grand vide, malgré tout ce bonheur, se mettait à emplir son âme, elle s’enfermait dans une bulle de rêve. Elle écrivait alors des poèmes, des histoires qu’elle inventait dans lesquelles elle évacuait ses peurs, ses colères, ses doutes…

Le mélange de sa vie réelle et virtuelle, faisait d’elle une femme heureuse.

Les années passent vite et l’on se rend vite compte qu’une vie c’est bien court !

Martha constate que ses enfants sont grands désormais, et qu’ils ont besoin de suivre seuls leur propre chemin.

Sa tristesse est immense, quand ils quittent la maison, mais… « c’est la vie » comme on dit, « la roue qui tourne » comme d’autres disent encore.

Pour tarir son chagrin, Martha se réfugie alors encore dans sa bulle de poésie.

Elle écrit, elle écrit…  

Pour elle,  pour son mari et  ses enfants qui ne la liront peut-être jamais, pour les petits enfants qui un jour peut-être naitront et viendront se blottir contre elle.

Pour le livre qu’elle rêve de tenir un jour dans ses mains…

Autour d’elle durant  toute sa vie, beaucoup souriaient de la voir encore « croire au père-noël » …

Et puis, un jour elle reçoit une lettre d’un monsieur à qui elle a envoyé quelques unes de ses histoires.

Ce monsieur est un éditeur qui a aimé ce qu’elle a écrit.

Il veut en faire un vrai livre, avec son nom « Martha » sur la couverture.

C’est le 24 décembre qu’elle a reçu le contrat d’édition.

Martha a cinquante ans, et les yeux tournés vers le ciel, elle remercie l’homme à l’habit rouge qui a déposé son rêve dans son petit soulier.

Il n’y a pas d’âge pour les rêves !

 

 

 

Claudie BECK-BECQUES (15/01/2011)

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