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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 16:40

Histoire vraie... ou presque


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Tous les matins, le Père Noël aime écouter les informations à la radio en faisant sa toilette dans sa salle de bains.

C'est en effet le meilleur moyen de se tenir au courant de ce qui se passe un peu partout dans le monde.

Ce matin-là, environ une semaine avant Noël, tandis qu'il brossait avec soin sa jolie barbe blanche, il entendit le journaliste français annoncer :

 

"Des personnes sans scrupules ont volé tout le chargement du camion d'une Association d'Aide aux personnes pauvres .

Il s'agissait de centaines de jouets neufs et  d'occasion qui avaient été collectés et remis en état par des bénévoles pendant des mois,  pour en faire cadeau, à Noël,  à des petits enfants défavorisés".

 

Le Père Noël en fit tomber sa brosse des mains. Il était rouge de colère. Comment des hommes, dignes de ce nom, peuvent-ils faire une chose aussi laide ? Comment peut-on priver de pauvres enfants dont les parents n'ont presque pas d'argent et sûrement pas de maison, du bonheur de recevoir quand même un cadeau ? Il fallait absolument faire quelque chose. Il enfila donc ses bottes et son grand manteau rouge et courut jusqu'à l'atelier où ses lutins étaient déjà au travail.

 

Il convoqua tous les lutins contremaîtres à une réunion de crise :

 

-         "Mes amis, je sais que vous êtes déjà bien débordés de travail, mais la situation est très grave…" et il raconta ce qu'il venait d'entendre à la radio. "Il vous faut absolument fabriquer des jouets supplémentaires pour des petites filles et des petits garçons d'âges différents, sans pile bien sûr, parce que les piles ça coûte trop cher pour eux. Des peluches, des poupées, des autos à friction enfin un peu de tout… je ne vais pas vous apprendre votre travail…

-         Mais Père Noël c'est impossible, les chaînes de fabrication sont arrêtées, nous sommes à une semaine de Noël, nous sommes en opération d'emballage et  de remplissage du traîneau…

-         Ah ! Je t'en prie mon brave lutin Jacquot, je ne veux pas entendre le mot "impossible", il y a toujours une solution à tout. Je suis certain que vous allez en trouver une… Je veux juste un camion plein de jouets pour remplacer celui qui a été volé. Ce n'est quand même pas la mer à boire ! Pensez à ces pauvres enfants…

-         Bien sûr Père Noël, nous allons trouver une solution… soupira Jacquot

-         On pourrait peut-être voir dans les jouets que nous avons mis au rebut, avança timidement  lutin Hugo, certains n'ont qu'un tout petit défaut…

-         C'est qu'il faut que les jouets donnés aux enfants soient bien conformes,  objecta aussitôt lutin Ludo, chargé justement de veiller à ce que tous les objets fabriqués répondent aux normes de sécurité…

-         Evidemment approuva le Père-Noël, il ne faut pas donner non plus n'importe quoi à ces enfants, tu ne dis rien toi lutin Martino ?

-         Euh ! C'est que c'est court une semaine Père-Noël, balbutia Martino en rougissant, à moins que…

-         Oui, je t'écoute s'impatienta le Père-Noël, tu le dis toi-même : il n'y a pas de temps à perdre…

-         Peut-être pourriez-vous revoir vos listes et apporter à chaque enfant même un tout petit peu pas sage un jouet en moins pour le donner à un petit malheureux, de cette façon il n'y aurait pas de problème de délai puisqu'ils sont déjà fabriqués…

-         Mais lutin Martino tu es génial ! s'enthousiasma aussitôt le Père Noël, après tout il n'y a pas d'âge pour apprendre la solidarité, je mettrai une petite carte à la place du jouet manquant pour lui expliquer pourquoi et ainsi il sera sûrement fier d'avoir contribué à une bonne action… Je m'en vais immédiatement consulter mes listes… Allez tous au travail mes braves lutins."

 

Le Père Noël regagna immédiatement son bureau  pour y effectuer un tri parmi les fiches  de petites bêtises qu'il avait réussi à cacher au Père Fouettard*. D'habitude cela le rendait très triste, mais cette fois il est plutôt heureux de faire ce travail, conscient que cette tâche quoique ingrate cadrait complètement avec l'Esprit de Noël basé sur le partage. Il était tellement content qu'il brancha son poste radio et accompagna la musique qu'elle diffusait en sifflotant. Tout à coup un flash-info le stoppa net.

 

-"L'annonce de ce matin à propos du vol du chargement d'un camion de jouets a ému une grande partie de la population, expliquait le journaliste.  Aussi, porté par un formidable élan de solidarité, un nombre considérable de personnes est venu déposer à l'entrepôt de l'Association des centaines, voire des milliers de jouets neufs achetés spécialement pour les enfants malheureux. De quoi remplir plusieurs camions et répandre la joie dans le cœur de plein de petits qui n'avaient pas d'adresse à donner au Père Noël."

 

 

En entendant la nouvelle des larmes de bonheur glissèrent sur les joues de Père Noël.


Les hommes savaient encore donner un sens à l'Esprit de Noël !

 

Claudie Becques (14/01/2010)

 

 

*(voir le Tribunal de Noël)

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 16:41


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De la même façon qu'il y a, parmi les enfants, des petits anges et des petits diables, il y a le Père-Noël et le Père Fouettard.

Il est vrai que l'on entend beaucoup moins parler aujourd'hui du Père Fouettard.


Néanmoins les Anciens vous diront que jadis, au pied du sapin, le Père-Noël y déposait des friandises pour les enfants sages et le Père Fouettard un martinet (une espèce de petit fouet) pour les petits garnements, afin de permettre aux parents de leur donner une bonne correction après chaque bêtise.


Mais -et fort heureusement- depuis qu'une loi a été votée pour protéger les enfants de toute cruauté, c'est désormais en privant de télévision ou de jeux vidéo que les parents punissent leurs enfants, ce qui, au moins ne leur fait pas de mal et leur permet de réfléchir à ce qui leur est reproché.


 
"Ouf ! pensent  les enfants, le Père Fouettard est donc hors service ! A nous les cadeaux, que nous soyons sages ou méchants !"


Pas du tout !


Il a seulement changé sa méthode. Il continue d'ailleurs toujours avec autant de plaisir à dénoncer chaque mauvaise action des gamins comme le prévoit le Contrat de Noël : l'homme à la barbe blanche et l'homme à la barbe noire sont obligés de tenir des listes, l'un des enfants sages et l'autre des vilains.


Quelques jours avant Noël, au Tribunal du Pôle Nord, chaque barbu défend la cause de ses petits "protégés".


Le lutin Président de la Cour du Pôle Nord énumère alors les bêtises de chaque enfant.


Le Père-Noël essaie alors d'expliquer les raisons qui ont pu pousser le bambin à faire cette mauvaise action, quand au Père Fouettard, il démontre les conséquences de l'acte, s'il y a eu éventuellement préméditation et même plaisir à le faire.


Un jury composé de lutins, vote à main levée pour exprimer selon leur intime conviction, si la faute est grave ou sans grand importance.

Si la majorité, c'est à dire le plus grand nombre de mains levées, pense que  c'est une grosse bêtise, le Président du Tribunal du Pôle Nord barre alors l'un des cadeaux de la liste de l'enfant qui se trouve ainsi puni.


Comment savent-ils ce que les enfants font de bien ou de mal ?


Hé, hé… Il arrive que quelques parents ou professeurs des écoles signalent parfois le manque de respect ou de travail, mais c'est plutôt rare… parce que ce n'est pas beau de "rapporter" et que ce n'est vraiment pas montrer le bon exemple aux plus petits.


Mais, n'oublions pas que nous sommes au XXIème  siècle, celui de la haute technologie et le méchant Père Fouettard a fait poser partout, bien cachées, des petites caméras qui enregistrent les bonnes et mauvaises actions de tous, à partir desquelles un lutin-vigile peut établir les fameuses listes de bêtises.


Soyez sages et souriez les enfants, vous êtes filmés !

Non, non  ! Inutile de chercher : vous ne verrez pas les caméras.


Ah ! Petite précision : le Père-Noël est un excellent avocat de la défense qui démonte presque très  facilement les accusations et les arguments du Père Fouettard.

Il gagne presque toujours en riant doucement dans sa barbe.


N'empêche que de temps en temps, au pied du sapin, il peut manquer un cadeau… alors méfiance !

 

Claudie Becques (05/01/2010)

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 16:42

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C’était un mois de juillet. Le Père-Noël, allongé dans un transat, sirotait un jus de fruit frais face à l’Océan Pacifique où il prenait quelques vacances bien méritées. Ses doigts de pieds en éventail battaient la mesure de la musique qu’il écoutait à travers le casque posé sur ses oreilles afin de ne pas déranger les autres vacanciers.

Tout à coup : le flash-info. « Deux chercheurs écossais ont réussi une expérience génétique absolument incroyable : le clonage d’une brebis. » Le journaliste expliquait qu’à partir des cellules d’une brebis les scientifiques avaient créé dans des éprouvettes une autre brebis absolument identique appelée Dolly.

Le Père-Noël qui est, comme on le sait un monsieur très âgé, était fort intéressé par la nouvelle. Il était en effet chaque année un peu plus fatigué par tout le travail qu’il lui fallait accomplir afin de faire plaisir aux enfants du monde entier. Bien sûr, les lutins l’aidaient énormément pour la fabrication des jouets, faire les paquets cadeaux et charger le traîneau, mais c’était à lui seul que revenaient certaines tâches en plus de la Grande Distribution, notamment aller à la rencontre des enfants. Oh ! Il adorait ces instants où ses yeux croisaient enfin ceux des petits où brillaient mille étoiles, mais ça le désolait de savoir que plein d’autres enfants n’avaient pas pu lui dire eux-mêmes dans le creux de l’oreille les cadeaux dont ils rêvaient ou n’avaient pas pu faire une photo assis sur ses genoux dans les galeries marchandes.

Il se dit alors que s’il pouvait avoir plein de frères en tous points identiques à lui-même, il pourrait faire  plaisir à plus de petits garçons et de petites filles.

Il délaissa donc son bermuda, le soleil et la plage pour rentrer immédiatement au Pôle Nord et convoquer Messieurs Wilmut et Campbell. Il demanda donc aux « papas » de Dolly de bien vouloir créer des clones de Père-Noël.

Les chercheurs n’étaient pas du tout d’accord parce qu’il était hors de question de faire ce genre d’expérience sur des hommes, mais comment résister au Père-Noël et à cet argument « faire le bonheur des enfants ».

Ils prélevèrent donc quelques poils de sa barbe et repartirent dans leur pays pour essayer, dans leurs éprouvettes de copier-coller le Père-Noël.

Le premier n’était pas franchement une réussite : il était trop maigre. C’est normal on ne peut pas réussir du premier coup. Le second était mieux, mais faisait un peu trop jeune. Le troisième était parfait, mais… beaucoup plus petit que le vrai. Bref, ils en fabriquèrent plusieurs centaines avant de se rendre compte que jamais ils ne parviendraient à en faire un seul qui fut la copie exactement conforme à l’original. Normal : le Père-Noël est unique !

Les scientifiques appelèrent le Père-Noël pour lui avouer que leur mission avait échoué et qu’ils se demandaient bien ce qu’ils allaient bien pouvoir faire de tous ces Pères-Noël un peu bizarres. L’homme en rouge leur dit que puisque c’est lui qui en avait fait la demande,  il s’occuperait de ces drôles de petits frères. Quand il les vit, il comprit immédiatement que les enfants, qui sont très très futés, ne seraient pas dupes de ces ridicules copies.

Pourtant maintenant qu’ils étaient là, autant qu’ils l’aident quand même. Il donna donc quelques conseils aux uns et aux autres pour qu’ils aient un peu plus d’allure, et à tous des paquets de bonbons à distribuer et les envoya dans les rues des villes, les galeries marchandes, les « arbres de Noël » des comités d’entreprises et les fêtes d’écoles pour aller à la rencontre des enfants du monde entier.

C’est pour cette raison que quelquefois, on peut croiser plusieurs Pères-Noël très différents presque au même endroit et en même temps,  parce qu’en plus ils ne sont pas très malins.

Les enfants ne disent rien, mais ils ont tout compris : il n’y a qu’un seul vrai Père-Noël qui travaille dur pour combler leurs attentes et les gâter le 25 décembre, alors ils lui pardonnent de leur envoyer ces rigolos bonshommes en rouge qui se font passer pour lui.


 

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Claudie Becques (02/01/2010)

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 16:46

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Le Père Noël est assis face à son ordinateur où il enregistre toutes les commandes des enfants.

Il entre ainsi toutes les données – noms, prénoms, adresses et vœux – qui figurent dans les lettres qu'il reçoit et qu'il peut ensuite passer dans le destructeur de documents, pour les recycler en poussières d'étoiles qui formeront les queues des comètes.

 

Via intranet, il transmet alors aux lutins magasiniers l'ordre de faire emballer les cadeaux demandés qui ont été fabriqués au cours de l'année. Ces derniers sont ensuite envoyés par tapis roulant au service expédition qui peut alors charger le traîneau magique.

 

Le fait d'être très âgé ne l'empêche pas d'être à la pointe du progrès !

 

Outre un gain de temps très appréciable, l'informatisation du Père Noël lui offre en plus, la possibilité de consulter d'un simple clic le suivi des commandes, le prix de revient de chaque tournée et d'ainsi pouvoir établir des statistiques.

Tout est donc répertorié, enregistré, sauvegardé et archivé, année après année.

 

Il peut aussi par ce biais, en tant que chef de la plus grande entreprise du monde, rendre compte au fisc des cieux et à l'URSSAF. Eh oui ! On ne fait pas travailler autant de lutins sans verser de cotisations !

Très soucieux d'être bien en règle avec l'administration céleste et surtout en totale conformité avec les normes terrestres le Père Noël préfère donc s'acquitter personnellement de ces tâches.

 

Lorsque tout à coup : "ALERTE ! ALERTE ! DETECTION D'UN VIRUS ! ALERTE ! ALERTE !"

 

Le vieux barbu n'avait encore jamais jusqu'à ce jour, été confronté à ce problème.

Son écran devint noir, puis le tableau sur lequel il travaillait réapparut, mais un énorme ver se mit à dévorer ligne après ligne chacune des données qu'il venait d'y intégrer.

 

Le Père Noël bipa immédiatement le lutin ingénieur-informaticien qui accourut aussitôt.

 

-         "Utilise vite une disquette antibiotique, s'impatienta, le vieil homme en s'épongeant le front avec son grand mouchoir à carreaux

-         Voyons Père Noël, vous savez bien que ce n'est pas automatique, et en plus ça sert à rien" gronda le spécialiste en insérant un CD ROM dans l'unité centrale."

 

Le moteur ronronna et comme par magie, le ver cessa de dévorer les éléments du tableau.

Le lutin fit encore diverses manipulations sur le clavier qui désintégra définitivement le monstre.

 

-         "Ouf ! Mais pour les éléments manquants ?

-         Vous n'aviez pas fait de sauvegarde Père Noël ?

-         C'est que je n'en ai pas eu le temps" paniqua l'homme à l'habit rouge en se précipitant sur la corbeille de lettres destinées à la broyeuse."

 

Il recommença à saisir chaque demande dans son tableau.

 

Normalement l'incident n'aura pas été préjudiciable. Je dis bien "NORMALEMENT" !

Mais, si par hasard, votre souhait ne se réalisait pas lors de la nuit au 24 au 25 décembre, ne soyez pas trop sévère avec le Père Noël, et dites-vous que vous n'êtes que la victime d'un malencontreux bug informatique.

 


Claudie Becques   
(12/12/2007)

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 16:49

23 décembre…

 

Sur les hauteurs des montagnes des Alpes, Petit Sapin est tristounet.

Ses branches retombent comme pour toucher le sol. Elles ne sont pourtant que très peu recouvertes de neige puisque protégées par celles des très grands arbres.




Non, quelque chose ne va chez Petit sapin, car bien qu'il fasse partie de cette espèce d'arbres qui garde son feuillage en hiver, quelques épines jonchent quand même le tapis blanc.

Ses parents très inquiets envoient chercher Monsieur Hibou-qui-sait-tout.



 

L'oiseau observe le malade, le questionne et s'en va rassurer Monsieur et Madame Sapin :

 

-    " Votre fils nous fait un petit coup de déprime passager. Il a entendu dire que dans la vallée, les hommes on fait venir des petits sapins pour les garnir de couleurs et de lumières pour les fêtes de fin d'année et il est très déçu de ne pas avoir été choisi lui aussi…

-   Oh, mais heureusement qu'ils ne nous l'ont pas déraciné notre Petit ! s'écrie Maman Sapin, personne ne sait le sort que l'on réserve après la nouvelle année aux petits sapins…

-   Que faire pour lui rendre la joie de vivre ? questionne le Papa

-   De l'attention et de l'amour… je ne vois que ça," soupire Monsieur Hibou.

 

La nouvelle fait le tour de la forêt et chacun, attristé, cherche comment redonner le sourire au Petit sapin.

 


Une assemblée extraordinaire présidée par Dame Lune, est organisée pour définir la stratégie à adopter, et au petit matin du 24 décembre…

 



Les écureuils se mettent à enlever avec leurs petites pattes le peu de neige qui recouvre les branches de Petit Sapin jusqu'à ce que sa parure soit bien verte comme en plein été.

 



Lorsque c'est le cas, des centaines d'araignées grimpent alors sur notre petit arbre et commencent à tisser des guirlandes tout autour de lui. Ce travail d'artiste leur prend quasiment toute la journée, et bientôt, le jour commence à tomber.



 

Petit Sapin ne comprend pas trop ce qui se passe, mais on s'occupe de lui et ça semble lui plaire. De temps en temps il se tortille parce que toutes ces araignées ça le chatouille un petit peu.

 

Lorsque les fileuses ont terminé leurs jolies broderies, les écureuils reviennent alors avec plein de pommes de pin tombées de Papa Sapin qu'ils avaient entassées dans leurs réserves pour l'hiver et les accrochent au tout petit.


 


Quand tout est fait, le vent du Nord vient délicatement souffler sur chaque guirlande et chaque pomme de pin pour les recouvrir d'une fine couche de givre scintillante sous les rayons de la lune.



 

Puis Monsieur Hibou-qui-sait-tout,  donne alors le signal aux milliers de lucioles qu'il a convoquées et toutes se posent ici et là sur Petit Sapin qui se met alors à briller de mille feux.

 

Comme il est fier Petit Sapin lorsque tous les animaux de la forêt venus pour le contempler s'extasient dans un énorme "OHHHHH !" admiratif.



 

Et lorsque les douze coups de minuit retentissent de la petite église tout au fond de la vallée, les voix des amis de toutes plumes et de tous poils qui entourent Petit Sapin, s'unissent en une gigantesque chorale dirigée par Monsieur Hibou-qui-sait-tout pour entonner :

 

"Mon beau sapin
Roi des forêts
Que j'aime ta verdure !
Quand, par l'hiver
Bois et guérets
Sont dépouillés
De leurs attraits
Mon beau sapin
Roi des forêts
Tu gardes ta parure.
Toi que Noël
Planta chez nous
Au saint anniversaire !
Joli sapin
Comme ils sont doux
Et tes bonbons et tes joujoux !
Toi que Noël
Planta chez nous
Tout brillant
De lumière.
Mon beau sapin
Tes verts sommets
Et leur fidèle ombrage
De la foi qui ne ment jamais
De la constance et de la paix,
Mon beau sapin
Tes verts sommets
M'offrent la douce image.
"



 

Lorsque tous se taisent enfin, des petites gouttes de sève sont tombées sur le sol au pied de Petit Sapin :  il pleure de bonheur.

 

Il a compris qu'il n'est pas de plus grand bonheur que de passer Noël entouré et aimé de ses parents et amis.





 

Claudie Becques   (22/12/08)

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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 10:26

 

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Il était une fois une petite fille qui vivait dans une famille modeste de trois enfants.

Elle s’appelait Martha.

Son papa travaillait à l’usine  et sa maman s’occupait de la maison et de ses enfants. Ca ne  paraît pas comme ça, mais c’est quand même beaucoup de travail quand on sait qu’elle fabriquait tout ce dont avait besoin la petite famille. Elle savait confectionner en effet du pyjama à la doudoune d’hiver, de la robe pailletée de Noël au costume  du dimanche du papa. Et quand elle n’était pas la tête penchée sur sa machine à coudre, sa maman brodait les serviettes de table ou tricotait les pulls chauds de tous pour l’hiver.

Bref, la maman de Martha était rarement sans rien faire, mais gardait le temps après les bonnes crêpes  ou gaufres du goûter de surveiller  les devoirs des enfants et de les câliner quand ils en  avaient besoin.

Lorsque le  papa rentrait le soir de l’usine, toute la petite famille se rendait joyeusement au jardin pour sarcler les salades, motter les pommes de terre, biner les petits pois, arracher les mauvaises herbes et ramener de jolies fleurs que maman disposait en rentrant dans un vase sur la table de la salle à manger.

C’est dire si Martha et son grand frère José était très heureux.

Pourtant l’un et l’autre ne cessaient  de se chamailler. Il faut dire que José était déjà un grand garçon de six ans quand Martha est née, alors ils ne pouvaient pas partager les mêmes jeux.

Martha était en quelque sorte  la petite sœur casse-pieds qu’il envoyait bouler, même s’il l’aimait beaucoup quand même.

José rêvait de quitter la Province pour partir vivre un jour à Paris !

Paris la Capitale ! Paris et sa Tour Eiffel, sa cathédrale Notre-Dame, le Sacré-Cœur de Montmartre, son Arc de Triomphe, sa Place de l’Etoile… Il passait des heures le nez dans les livres à apprendre le nom des rues et des monuments de Paris.

Martha, elle, le nez en l’air s’émerveillait de tout, chantonnait les comptines apprises à la maternelle et récitait les poèmes que la maîtresse lui avait appris.

Un jour d’hiver enneigé, alors qu’elle partait toute seule à l’école du haut de ses huit ans, elle trouva à moitié gelé, un petit chardonneret à la patte cassée. Elle l’emmitoufla dans son cache-nez pour  le ramener chez elle avant de repartir en courant à l’école et y arriver avant la sonnerie. La matinée lui paraissait interminable. Ses pensées l’emmenaient  auprès du pauvre oiseau blessé. Serait-il encore en vie à son retour ?  L’institutrice parvint pourtant à captiver son attention par la lecture d’une fable de Jean de la Fontaine. L’histoire et la forme de ce poème fascinait Martha.

-          « Madame ! Il est mort celui qui a écrit ça ? demanda-t-elle après avoir levé le doigt

-          Oui Martha, il y a très longtemps… Mais il continue de vivre à travers ses nombreux écrits… »

Il y a comme ça des petites phrases qui marquent à tout jamais les enfants…

L’écriture pouvait donc en quelque sorte apporter l’immortalité !!!

Quand elle rentra déjeuner à la maison, elle trouva le petit chardonneret à la même place où elle l’avait déposé, dans une cage que son papa avait fabriqué pour les canaris siffleurs qu’il gardait désormais dans une jolie volière. Le pauvre animal blessé semblait bien réchauffé par la ouate sur laquelle Martha l’avait posé. La petite fille s’occupait maintenant à lui donner la becquée comme elle avait vu faire son papa, avec le bout taillé d’une allumette,  de la biscotte écrasée dans du jaune d’œuf cuit. Le soir, elle recommença puis les deux jours suivants… Mais le midi du troisième jour, Martha trouva le malheureux volatile raide sur son nid de coton.

L‘enfant était profondément triste. Son papa et sa maman n’arrivaient pas à la consoler. Les grimaces et bêtises de  José restaient également sans effet sur le moral de sa petite sœur, qui restait enfermée dans sa chambre à ruminer son chagrin.

Martha venait de découvrir  l’impuissance à soulager parfois ceux qui souffrent et surtout la mort.

En larmes, elle essayait de dessiner le petit chardonneret mais malheureusement elle n’avait pas le talent de son papa pour reproduire l’image de l’oiseau.

Soudain, les mots se mirent à danser sur le papier. Son crayon, porté par une étrange force alignait les lettres les unes après les autres, sans qu’elle ne put l’en empêcher,  jusqu’au point final.

Etourdie, essoufflée elle posa enfin son stylo. Elle lut.  

Là, de sa main, était né un poème qui racontait la découverte du petit chardonneret, sa volonté de vouloir le guérir, son espoir et finalement la peine immense d’avoir échoué.

Sur ses joues, les larmes s’étaient séchées. Dans son petit cœur, la paix était revenue.  

Dans son âme, un rêve était né : écrire un jour un livre et ainsi, ne jamais mourir.

Peu de temps après, Martha connut la joie d’avoir une petite sœur et de jouer en quelque sorte en vrai à la maman… Que du bonheur ! Mais la différence d’âge entre elle et la petite Cathy, ne permettait pas la complicité qu’elle aurait aimé trouver.

C’est donc à ses petits carnets qu’elle continuait de confier ses pensées les plus intimes, ses joies, ses peines, ses émotions.

Un jour, malgré les larmes de sa maman, son grand frère prit le train pour Paris où il avait trouvé un travail qui lui permettrait de sillonner chaque jour les rues de sa très chère capitale.

 José réalisait son rêve à l’aube de ses vingt ans!

Martha grandit et devint une jeune femme. Elle trouva l’amour, se maria, eut à son tour des enfants.

Ses journées étaient bien remplies entre son travail dans un bureau, la maison à entretenir, les repas à préparer et les enfants à câliner.

De temps en temps, quand, on ne sait pourquoi,  une boule se logeait là au creux de sa gorge, qu’un grand vide, malgré tout ce bonheur, se mettait à emplir son âme, elle s’enfermait dans une bulle de rêve. Elle écrivait alors des poèmes, des histoires qu’elle inventait dans lesquelles elle évacuait ses peurs, ses colères, ses doutes…

Le mélange de sa vie réelle et virtuelle, faisait d’elle une femme heureuse.

Les années passent vite et l’on se rend vite compte qu’une vie c’est bien court !

Martha constate que ses enfants sont grands désormais, et qu’ils ont besoin de suivre seuls leur propre chemin.

Sa tristesse est immense, quand ils quittent la maison, mais… « c’est la vie » comme on dit, « la roue qui tourne » comme d’autres disent encore.

Pour tarir son chagrin, Martha se réfugie alors encore dans sa bulle de poésie.

Elle écrit, elle écrit…  

Pour elle,  pour son mari et  ses enfants qui ne la liront peut-être jamais, pour les petits enfants qui un jour peut-être naitront et viendront se blottir contre elle.

Pour le livre qu’elle rêve de tenir un jour dans ses mains…

Autour d’elle durant  toute sa vie, beaucoup souriaient de la voir encore « croire au père-noël » …

Et puis, un jour elle reçoit une lettre d’un monsieur à qui elle a envoyé quelques unes de ses histoires.

Ce monsieur est un éditeur qui a aimé ce qu’elle a écrit.

Il veut en faire un vrai livre, avec son nom « Martha » sur la couverture.

C’est le 24 décembre qu’elle a reçu le contrat d’édition.

Martha a cinquante ans, et les yeux tournés vers le ciel, elle remercie l’homme à l’habit rouge qui a déposé son rêve dans son petit soulier.

Il n’y a pas d’âge pour les rêves !

 

 

 

Claudie BECK-BECQUES (15/01/2011)

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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 16:18

  

 

pere noel2 

 

 

 

 

Le Père-Noël pressentait que cette  tournée lui réserverait des surprises.

Les rennes étaient particulièrement énervés ces jours-ci, sans cesse à chahuter et même à se battre.

D’après lutin Jacquot qui parle couramment le langage renne, il était question d’une histoire de rivalité entre Tornado et Cupidon à savoir qui était le plus rapide. Dilemme complètement saugrenu puisque de toute façon sous le même harnais, c’est côte à côte qu’ils doivent  courir avec le seul but : permettre au Père-Noël de faire dans les meilleures conditions sa distribution de cadeaux.

Le grand soir est arrivé et les lutins ont chargé le traîneau. Le Père-Noël traverse le ciel pour parcourir la terre et déposer tous les joujoux des enfants dans les petits chaussons qu’ils ont déposés face à la cheminée ou aux pieds des sapins.

Il a déjà comblé les vœux de tous les enfants de plusieurs villages et c’est maintenant le tour des petits enfants de la grande ville. Là, évidemment il s’absente un peu plus longtemps de son attelage puisque desservir tous les appartements d’un immeuble de plusieurs étages, prend beaucoup plus de temps qu’une simple maison.

Pendant qu’il effectue le plus rapidement possible sa mission, Tornado et Cupidon recommencent à se quereller, et les voilà qu’ils en oublient leur rôle pour s’élancer dans une course folle dans le ciel.

Lorsque le Père-Noël revient  à l’endroit où il avait laissé les rennes et le traîneau, il ne peut que constater qu’il n’y a plus a plus rien, et que les bêtes l’ont abandonné.  Il est très embêté en pensant à tous les cadeaux non encore distribués et à la déception de tous les petits enfants qui n’auront pas leurs vœux réalisés le lendemain au réveil.

Mais que faire ? Il cherche un peu alentour, appelle doucement Cupidon et Tornado  pour ne pas se faire remarquer. Rien ! Il se dit qu’il va se servir de son sucre d’orge magique pour appeler Lutin Jacquot à l’aide, mais il l’a laissé dans le traîneau… Alors il espère de toutes ses forces que les rennes retrouvent la raison ou que Jacquot se serve de la lorgnette magique pour vérifier que tout se passe bien. En attendant, n’ayant rien de mieux à faire, il s’assied sur un banc, où il finit par s’assoupir.

Or, une équipe de bénévoles d’une association d’aide aux sans domicile fait une maraude dans ce quartier-là de la ville. Ils s’inquiètent aussitôt de voir ce vieil homme en costume de père-noël, endormi.

-          « Monsieur ! Eh, Oh ! Monsieur ! Vous allez bien ?

-          Hein ! Mais oui je vais bien…

-          Vous êtes gelé, voulez-vous un bol de soupe bien chaude Monsieur ?

-          Mais non, le froid ne me fait pas peur, je suis le Père-Noël…

-          Bien-sûr Monsieur… Euh Père-Noël ! Mais un bol de soupe ne peut pas vous faire de mal. Si vous voulez on peut même vous emmener la boire dans un endroit chauffé, où l’on vous servira ensuite un vrai repas de Noël…

-          Je dois rester ici, refuse le Père-Noël, c’est que j’attends mes rennes pour finir ma tournée moi…

-          Bien sûr Père-Noël, fait semblant d’acquiescer le bénévole, persuadé de se trouver devant une personne dérangée ou complètement ivre, mais venez fêter Noël avec nous et on vous redépose ensuite ici si vous le souhaitez, c’est trop triste de rester seul une nuit pareille, sans compter que si ça se trouve vos rennes ne reviendront pas avant le lever du jour…

-          Ah ! Vous croyez, dit le vieil homme contrarié, ça serait ennuyeux ça que je ne puisse remplir ma mission, ce serait bien la première année, et cela ferait trop de peine aux enfants…

-          Bien sûr Monsieur… euh, Père-Noël, c’est pour ça qu’on vous ramènera dès le repas terminé avec une couverture bien chaude pour vous terminer votre tournée, insiste encore le jeune soignant avec succès, car le Père-Noël accepte de monter dans le véhicule qui le conduit au sein de l’Association.

Il est alors gentiment accueilli par tout  le personnel qui lui sert immédiatement un bol de soupe chaude en guise de bienvenue.

-          Nous avons de superbes douches Monsieur lui dit un homme aimable qui le traite bien évidemment comme tous les clochards qui échouent chaque jour dans ces locaux, vous devriez en profiter et raser cette barbe. Une bonne toilette fera de vous un homme tout neuf, continue-t­-il avec un clin d’œil

-          Non, mais vous êtes malade bougonne notre vieillard, vous avez déjà vu le Père-Noël sans sa barbe blanche ?

-          Comme ça ce sera l’occasion, répond le brave homme sur le ton de la plaisanterie, je rêve de voir depuis tout petit le vrai visage du Père-Noël. Allez-y, c’est cette porte là à droite, je vais vous apporter des vêtements propres et chauds. Si vous souhaitez également voir un médecin pour un problème particulier je…

-          Non, non, non je ne veux pas de docteur, je garde mes habits et ma barbe et je veux retourner voir immédiatement mes rennes, se met en colère le Père-Noël, je n’aurai jamais du venir ici…

-          Bon, bon, ne vous fâchez pas, je vous laisse tranquille. Personne ne veut vous forcer à quoique de ce soit. Gardez votre bel habit rouge et venez vous joindre à nous pour partager de la bonne dinde aux marrons avec des pommes de terre et des légumes. Vous aurez ensuite un bon morceau de bûche au chocolat. Lorsque vous serez repus, ajoute le bénévole, vous pourrez, si vous le souhaitez, dormir ici où demander à ce que l’on vous ramène là où nous vous avons trouvé. Ca va comme ça ? Moi c’est Francis, et vous, c’est quoi votre petit nom ?

-          Ben… Noël évidemment, marmonne l’homme en rouge

-          Bien sûr, sourit Francis, où avais-je la tête ? Alors monsieur Noël, je vous demande juste de vous laver les mains au savon avant de passer à table et de me suivre jusque dans la salle à manger, peut-être y trouverez-vous quelques amis que  vous aurez plaisir à retrouver.

Le Père-Noël suivit le jeune homme jusqu’à une grande salle où une immense table avait été dressée avec tout autour multitude d’hommes et de femmes de tous âges plus ou moins marqués par la rue et par la vie.  Le regard du vieil homme passait de l’un à l’autre avec étonnement et compassion en découvrant les yeux comme éteints de ses congénères.

 

Lui, qui vivait dans la chaleur de son chalet de bois entouré de milliers de lutins joyeux et farceurs, dans un univers de couleurs, de paillettes et de rêve, il découvrait la triste réalité de certains des habitants de cette terre ou les siècles s’étaient succédés sans que la misère n’aie jamais pu disparaître.

Alors il se dit alors qu’il avait peut-être ici,  un rôle à jouer, une autre mission à remplir en ces lieux, précisément en ce soir de Noël, pour faire oublier la rue à ces oubliés de la vie, et tenter de faire se dessiner un sourire sur ces visages émaciés et burinés.

Il décide donc de rentrer dans la pièce avec un tonitruant « Hoo, hoo, hoo ».

L’effet est immédiat, tous les regards se tournent alors vers lui et certains, sans doute les moins meurtris sourient déjà. Quelques voix chuchotent « Père-Noël ! ». Quelques ronchons ronchonnent « un maboule » ou d’autres encore qui ont su garder un certain « standing » malgré leur situation précaire, d’ajouter avec mépris : « en voilà un qui a déjà bien arrosé la fête de Noël ».

Mais le Père-Noël ne s’émeut pas de ces remarques désobligeantes et cherche dans ses poches à l’aide du peu de magie dont il dispose à l’instant, quelques cadeaux à distribuer et dont il est certain du bon accueil. Il fait donc le tour de la salle déposant à l’un des barres de chocolat, à l’autre des bonbons ou encore des paquets de cigarettes.

-          « Attendez d’être dehors pour fumer, sermonne immédiatement les bénévoles, monsieur Noël, cessez de semer ici la zizanie, l’heure n’est pas encore aux cadeaux, et d’où sortez-vous toutes ces choses ? 

-          Je suis le Père Noël, et c’est mon rôle de faire des cadeaux, hoo hoo hoo !

-          Ok Père Noël mais, vous les distribuerez après le repas dit Francis en courant derrière l’homme en rouge tandis que ce dernier continue de glisser dans les mains gercées ses petits présents. Regardez tous ces paquets au pied du sapin, ajoute encore le bénévole agacé, c’est vous qui les donnerez tout à l’heure mais après la dinde, soyez raisonnable…

Toute l’assemblée se trouve si dissipée que Père-Noël comprend qu’il compromet ainsi toute l’organisation de ces braves gens qui se dévouent sans compter pour leurs semblables, alors il prend un air penaud et contrit pour obéir et suivre Francis. Celui-ci ne peut s’empêcher en le voyant, de partir dans un immense éclat de rire, suivi par presque tous les convives.

-          « Allez, Père-Noël, venez que je vous trouve une place, dit le volontaire en lui tapotant dans le dos et en lui montrant une chaise entre deux pauvres ères qui le regardent en souriant.

L’ambiance s’était bien réchauffée et beaucoup se mettent à dialoguer entre eux.

Ses voisins de table lui demandent quelques cigarettes qu’eux n’ont pas eues ce que le vieil homme leur accorde mais en dessous de table pour ne pas fâcher Francis.

Cela les met en confiance et ils se mettent à lui poser plein de questions pensant le taquiner.

-          « Alors Père-Noël comment t’as fait pour échouer ici ?

-          Mes rennes se sont enfuis avec le traîneau plein de jouets en me laissant seul dans la rue…

-          Pas de chance dis-donc, et comment tu vas faire pour rentrer au pôle nord ? se moquent-ils

-          Oh Jacquot va finir par s’inquiéter et me faire chercher, explique notre vieillard

-          Et qui c’est Jacquot ?

-          Mon lutin, enfin un de mes lutins… »

Et les autres d’éclater de rire, découvrant des dents gâtées et clairsemées.

La dinde fait alors son entrée et le Père Noël, blessé de ne pas être cru en est très content : au moins pendant qu’ils mangent ils vont cesser de lui poser toutes ces questions qui commencent à l’agacer.

Mais dès que les ventres sont pleins quelques-uns l’interpellent à nouveau pour lui demander comment il s’y prend pour déposer ses cadeaux dans les cheminées sans faire de bruit etc…

Le Père-Noël se décide alors de faire son show le temps d’une petite digestion avant l’arrivée de la bûche au chocolat.

Et le voilà qui raconte toutes ses aventures les plus pittoresques qui lui sont arrivées au cours de plusieurs siècles de Grande Distribution : la fois où il rencontra une vilaine sorcière dans le Nord de la France qui s’en prenait aux enfants* ; celle où après un régime, il a perdu son pantalon face à un petit garçon qui s’était caché derrière un fauteuil pour le surprendre **; cette autre où il avait demandé à de grands professeurs de lui cloner des frères pour l’aider dans sa tâche*** ; comment il a su déjouer les plans du Père Fouettard pour gâter les enfants malgré quelques petites bêtises ****; cette fois encore où un virus s’était attaqué à son ordinateur ce qui l’a obligé à retaper toutes les listes de cadeaux***** et tant d’autres anecdotes encore.

Il joint le geste à la parole et c’est bientôt l’hilarité générale dans toute l’association, bénévoles comme défavorisés.  

Le Père-Noël est  fou de joie de voir que son plan a réussi. Il peut voir en effet s’allumer autour de lui tous ces yeux qui lui ont semblé éteints lors de son arrivée en ces lieux.

L’espace d’un instant tous ces malheureux ont oublié la rue et la misère.

C’est alors qu’il aperçoit deux petits yeux qui l’observent par la fenêtre, et qu’il reconnait immédiatement comme étant ceux de lutin Jacquot.

Il profite alors de l’arrivée de la bûche au chocolat pour s’éclipser.

-          « Ah ! Mon brave Jacquot, comme je suis heureux de te voir ! Comment as-tu su que j’avais un problème ?

-          Mais, Père-Noël je l’ai vu sur ma carte satellitaire !

-          Ta carte satellitaire ?

-          Mais oui, elle est reliée à l’ordinateur où figurent toutes les adresses des enfants à gâter qui sont  autant de petites lumières allumées sur cette carte. Chaque fois que vous quittez une maison une petite lampe s’éteint. Comme plus rien ne bougeait depuis plusieurs heures, j’ai compris après avoir vérifié que ce n’était pas un problème informatique, que vous étiez en détresse.

-          Ouf ! Merci le progrès ! Le XXIème siècle a quand même du bon, mais pour ce qui est de la détresse, il y en a ici qui la côtoient chaque jour. As-tu mon sucre d’orge magique ?

-          Bien sûr Père-Noël, que voulez-vous en faire ?

-          Laisser en ces lieux à ces valeureux bénévoles de quoi aider les malheureux jusqu’à l’été… » répond notre homme en rouge.

Et il utilise le précieux objet tel une baguette magique en direction des stocks de l’association pour les remplir à raz-bord de victuailles, habits chauds et couvertures.

 

-          « Bon ! Père-Noël il est grand temps de rattraper le temps perdu…

-          Je n’ai pas perdu mon temps mon brave Jacquot… Mais tu as raison, il est grand temps maintenant de terminer la tournée, as-tu retrouvé Tornado et Cupidon ?

-          Ils vous attendent tous penauds…

-          Eh bien puisqu’ils voulaient faire la course, c’est le moment de mettre le turbo… » conclut le Père-Noël en montant dans le traîneau avec son lutin.

Lorsque le jour se lève, tous les enfants découvrent, joyeux, ces merveilleux présents sont ils rêvaient.

A l’Association, les bénévoles se demandent quel généreux donateur remercier, tandis que la plupart des malheureux retrouvent la rue…

Certains d’entre eux se surprennent à espérer retrouver sur un banc ou sous un pont, un homme à l’habit rouge qui, l’espace de quelques heures, leur a réchauffé le cœur.

   

 Claudie Becques (décembre 2010)

 

* fait référence à d'autres contes que j'ai également écrits :

* Le Père-Noël rencontre Marie-Grouette

** Le Père-Noël et le petit curieux

*** Le Père-Noël et ses clones

**** Le tribunal de Noël

***** Le virus du Père-Noel

 

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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 18:00

 

 

 

        

  au pays de Dickens 067

 

Le Père-Noël est embêté

Car son traîneau a disparu

Il cherche, il court de tous côtés

Inspecte chaque coin de rue.

 

Le Père-Noël est contrarié :

Mais bon sang perdrait-il la boule ?

C'était là... Il peut le parier

Le Père-Noël n'est pas maboule !

 

Ca c'est un coup du Père Fouettard

Le vilain a du le cacher,

Exprès pour le mettre en retard

Et de cadeaux, les enfants, priver.

 

Mais Père Fouettard est un nigaud

Et Père-Noël un magicien

Il claque des doigts et le traîneau

De suite auprès de lui revient.

 

Petits et grands rassurez-vous

Demain dans vos petits souliers

Vous trouverez au rendez-vous

Tous les cadeaux que vous vouliez.

 

 

 

Claudie Becques (décembre 2010)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 16:00


Assis face au lac gelé, Baroudeur observait les reflets de la lune faire étinceler cette espèce de miroir comme si les étoiles elles-mêmes s’y miraient.

Il revendiquait haut et fort depuis tant d’années le bonheur de rester un chat libre et de pouvoir aller et venir à sa guise ! Pourtant, là, en ce soir de Noël, il aurait bien volontiers échangé cette vue merveilleuse pour celle d’un sapin illuminé dans une maison ou crépiterait un bon feu dans la cheminée.

Il tourna la tête à gauche et à droite comme pour s’assurer que personne n’ait pu l’entendre penser. C’est qu’il a sa fierté le tigré des rues !

Mais il était bien seul.  Il poussa un soupir de soulagement –ou de résignation- et se leva pour aller dormir dans le vieux tonneau où il avait élu domicile depuis le début de l’hiver. Il pensa à Pimprenelle, la jolie siamoise qui habitait à quelques mètres de là et qui devait dormir bien au chaud dans son petit panier de mousse.

Il revoyait sa jolie robe noire bien lustrée et son élégant petit collier rouge autour du cou où brillait une petite clochette…  Elle si gracieuse, si élégante et racée…  Qu’elle lui ait un jour permis une galante aventure ! Il n’en revenait toujours pas. Bien sûr qu’il avait un certain succès auprès des femelles, mais qu’une splendeur de cette classe lui ait permis à lui, le vagabond, l’honneur d’une cour et même de quelques étreintes ! Rien que d’y penser son petit cœur bondissait encore dans son corps.  Tout à coup, il lui apparut comme une évidence que l’amour  était vraiment la seule chose qui vaille la peine d’être vécue,  dut-il pour cela faire le sacrifice de sa liberté.

Mais elle… Partageait-elle ses tendres sentiments ou n’avait-elle éprouvé que le besoin de s’encanailler ou de répondre simplement à l’appel des sens ? 

Baroudeur tournait et retournait dans son abri sans trouver le sommeil et fut pris soudain d’une irrésistible envie de la revoir une fois encore. Il regarda le ciel constellé en une muette prière « Juste la voir quelques secondes en cette nuit de Noël ». Il lui sembla apercevoir une étoile filante, mais sans doute n’était-ce que le fruit de son imagination…

Il avança de sa démarche souple jusqu’à la cité voisine et le cœur battant, il s’approcha du carré de lumière de la porte-fenêtre qui, par chance n’avait pas la persienne baissée et il put alors la voir.

Elle était couchée sur les jambes de son maître qui la caressait, face à l’âtre flamboyant. Le chat des rues imaginait son doux ronronnement…

Un sapin décoré de paillettes et de boules multicolores étincelait à côté du fauteuil.

Mais la rêverie lui avait fait baisser sa garde habituelle et Baroudeur n’entendit pas arriver le chien du voisin dont les crocs se refermèrent tel un étau sur ses flancs avec un grognement d’enfer. 

Le pauvre chat hurla de douleur sans pouvoir se dégager et attendit le coup de grâce. Il entendit des cris d’hommes, il crut aussi percevoir un miaulement de chatte…  de Pimprenelle lui sembla-t-il, mais sans doute n’était-ce qu’un leurre de la mort qui voulait l’emporter, puis il se sentit soulever …  et plus rien. 

Une grande lueur blanche… Ainsi donc existait-t-il un paradis pour les chats, et même pour un vulgaire félin des rues ?

Une grosse voix… si douce…

Une grosse main… si câline, sur sa petite tête…

Une chaleur…

Un sentiment de  sécurité, de bien-être malgré quelques douleurs un peu partout qui l’empêchait de bouger encore…

Un bandage autour du corps…

Et là… deux yeux topaze, inquiets qui le scrutaient, une petite clochette dorée sur un petit collier rouge, et une robe noire et lustrée… Pimprenelle… l’amour de sa vie.

-          « Eh bien tu nous as fait une belle peur  petit garnement, grondait doucement une voix humaine. Hein Pimprenelle qu’il nous a fait peur ? Mais te voilà sauvé maintenant et si  le cœur t’en dit tu pourras rester aussi longtemps que tu le souhaiteras… Je t’appellerai Pimpin ! Pimpin et Pimprenelle… Ca sonne bien tu ne trouves pas ? »

« Oui le maître… ça sonne bien !  Ah ! Je sens que je vais me plaire ici, même si je dois abandonner ma liberté et mon nom », pensa Baroudeur.

Un sapin, un bon feu dans une cheminée, une main qui caresse et le regard amoureux de sa bien-aimée…

N’est-ce pas la magie de Noël ?

 

Claudie Becques (23/12/2009)

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