L'on part, inassouvis d'amour,
Inachevés du temps qui passe.
Un gouffre sourd aux cent détours
Est sans retour en cette impasse;
Quoi que l'on fasse ou qu'on l'y court,
Quoi que la vie nous guide ou trace,
À la frontière d'un espace
On y revient, rêver d'amour.
On y revient gonflés d'espoir,
Dans la révolte, inhabités.
À l'autre bout venez-y voir!
Les champs de blé de nos mémoires
Ont couvert d'or nos vérités,
Ont fait grandir en nos histoires,
La moisson folle des années;
Puis l'on repart, meurtries d'espoir.
Au soleil vif d'une évasion
L'envers des maux est mots de rimes,
La poésie d'un vers intime,
Scellée dans l'âme d'un flacon;
Quand la musique invoque un nom,
Quand cet écrit est notre abîme,
Nous suffit-il de ces rayons
Pour aveugler nos chants ultimes?
Puis l'on repart, inassouvis,
Inachevés du temps qui passe,
Fuyant les songes d'infini,
Le sablier de nos audaces;
Avant que sombre l'interdit,
Avant que meure en dédicace
Un vent d'adieu dans notre espace,
Allons rêver, feindre l'oubli...
Mésange
31 janvier 2007