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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 21:18

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Une pause, un petit temps mort…

  

 

J’ai pas toujours été comme ça, vous savez…

J’étais comme vous, regard fuyant, le pas pressé,

Le cœur et les poches à sec,

Juste… un portable, une carte bleue…

 

Je travaillais seize heures par jour,

J’étais écouté, respecté…

Dans ma villa, quand je rentrais,

Mon épouse, mes enfants dormaient.

 

J’entrais doucement dans leurs chambres

J’écoutais leur respiration,

J’aimais cet instant de bonheur,

Cette pause,

Ce petit temps mort.

 

Le jour où ça m’est arrivé,

Ça m’a bien un peu contrarié,

Mais c’était sûr ce n’était rien

Qu’une pause,

Un petit temps mort.

 

Je n’ai rien dit, j’ai rien changé

Pour quoi faire ? 

Puisque c’était sûr, ce ne serait rien…

Qu’une pause,

Un petit temps mort.

 

Les jours, les mois et les années

Se sont doucement succédés,

Pour tous, j’étais trop qualifié,

Trop cher, trop vieux…

Et c’était… trop tard pour parler.

 

Mes réserves se sont épuisées,

Ma confiance s’est effilochée,

Plus la force de faire semblant,

D’affronter le regard des miens.

 

Alors au fond du caniveau,

Dans quelques squats ou sous les ponts,

Mon amour-propre et moi, on est allés rouler…

Juste le temps d’une pause,

D’un petit temps mort.

 

De la vie ou la connerie,

 Laquelle des deux a permis au temps mort

De tuer en moi l’homme,

Pour ne laisser que l’animal que vous voyez,

Qui n’attend

Plus rien

D’autre

Que

La mort ?

  

 

  

 © Claudie Becques (16/09/12)

 

 

 

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Published by Claudie Becques - dans Poèmes
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commentaires

Solange 08/12/2012 01:48


On serait surpris parfois de connaïtre leur parcourt.

Clo 11/12/2012 11:56



Oui, on est tous à la merci d'un mauvais coup de la vie...