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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 17:20

 

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Depuis quelque temps le Père Noël se sent un peu trop gros, un peu boudiné dans ses habits.

Et puis quand il va en vacances au bord de l'Océan Pacifique, il n'ose plus se mettre en maillot de bain. Il a un peu honte de son gros ventre qu'il cache du mieux qu'il peut derrière sa barbe.

"Mais non Père Noël, vous êtes très bien comme ça" le rassurent les lutins, mais c'est une idée fixe pour le Père Noël : "Je suis trop gros".

Alors il  supprime le bon chocolat qu'il aime tant, les bonnes gaufres de la Mère Noëlle. Il ne fait plus de petit lac de sauce dans sa purée. Il ne met plus de gruyère ni de ketchup dans ses coquillettes. Il ne mange plus de bonbons. Le soir, il se contente de soupe ou de salade et le midi, de légumes cuits à la vapeur,  de viande et de poisson grillés.

Il a même repris une activité physique, en faisant de longues marches en raquettes dans la neige de son Pôle Nord.

Au bout de quelques semaines, ses efforts finissent par être récompensés et la Mère Noëlle est obligée de reprendre toutes les coutures de ses pantalons et chemises.

Le Père Noël est très satisfait. Il se sent moins essoufflé et plus jeune.

S'en vient Noël, le jour de la Grande Distribution.

Or, pour cette occasion il lui faut revêtir son bel habit rouge de gala et catastrophe !

La Mère Noëlle a complètement oublié d'en réduire la taille.

Quelle panique ! Comme il est trop tard pour le faire,  La Mère Noëlle dispose des épingles ici et là pour que le Père Noël ne soit pas gêné par son costume devenu beaucoup trop grand et elle coud, vite fait bien fait, un élastique plus court à la taille pour faire tenir le pantalon.

Et Hop le voilà parti !

Pendant ce temps, en France, un petit garçon est inquiet : il a peur de ne pas recevoir tous les cadeaux de sa liste.

Ce n'est pas qu'il soit moins sage que les autres petits garçons mais… il dit beaucoup de gros mots et sa maman, qui le gronde à chaque fois qu'elle l'entend, lui a dit :

- "Cette année c'est  le Père Fouettard qui va venir et tu auras un martinet au lieu des jouets que tu attends."

Il est bien décidé à plaider sa cause auprès de celui qui descendra de la cheminée, en expliquant que ce n'est pas de sa faute ; qu'à force d'entendre pleins de gros mots à la télé et dans les rues, certains lui sortent automatiquement de la bouche sans qu'il ait le temps de les retenir. Mais il sait que ce n'est pas beau et qu'il fera des efforts pour n'en plus dire.

Alors, quand toute la maison est endormie, Jonathan – c'est son nom – descend à pieds nus l’escalier, pour aller s’asseoir derrière un des deux gros fauteuils  de la salle à manger avec son doudou dans les  bras,  et y attendre le visiteur.

Il s’était d’ailleurs quelque peu assoupi, lorsqu’un bruit en provenance de la cheminée, le réveille et lui révèle un spectacle des plus étonnants : alors que deux bottes noires apparaissent, l’élastique du pantalon rouge lâche, dévoilant les deux jambes et le caleçon à fleurs du Père Noël qui pose les pieds par terre ainsi que  sa hotte, tout en énumérant toute une collection de jurons.

Jonathan, bouche bée,  qui avait assisté à la scène sans en perdre une miette, voit le Père Noël remonter son pantalon et le maintenant d’une main, et de l’autre, sortir des cadeaux de sa hotte grommelant toujours entre ses dents.

Le gamin, soudain hilare en réalisant le ridicule de la situation, se cache derrière le fauteuil en étouffant son fou-rire dans son doudou.

Mais le Père Noël qui a l’ouïe fine l’entend et s’approche tout doucement de lui.

- « Tu ne dors pas Jonathan ? Ce n’est pas bien de désobéir : ta maman ne t’avait-elle pas demandé de faire un gros dodo ? »

Le petit garçon cesse immédiatement de rire et sa lèvre se met à trembler comme pour pleurer, tandis qu’il acquiesce de la tête.

-  « Ne pleure pas Petit ! Ce n’est pas grave, le rassure la Père Noël… D’ailleurs je suis plutôt content de te voir, parce que comme tu peux le constater, j’ai un petit problème. Ca m’aiderait vraiment beaucoup, si tu pouvais me trouver une épingle ou un bout de ficelle pour faire tenir mon pantalon, parce que ça va me ralentir dans ma distribution… »

Jonathan va doucement chercher la ceinture de son papa et l’apporte au Père Noël qui peut ainsi remettre en place son pantalon.

- « Merci mon garçon !  Ne t’inquiète pas, je viendrai rendre la ceinture, dès que j’aurai terminé ma tournée. Mais il faut que tu ailles te coucher maintenant, et surtout me promettre de n’ouvrir tes cadeaux que demain matin…

-  Oui Père Noël… Euh, tu n’es pas en colère pour les gros mots ?

- Eh bien… C’est vrai que ce n’est pas très joli, et qu’il faut essayer de ne plus en dire mais… quelquefois… ils sortent tous seuls n’est-ce pas ? dit-il en souriant. Moi-même, en certaines circonstances, j’avoue que quelques gros mots glissent malgré moi aussi, hors de ma bouche … Alors on va faire des efforts tous les deux, d’accord ?

Jonathan fait oui de la tête et gravit les marches de l’escalier, son doudou dans les bras, en faisant signe au revoir de la main au Père Noël qui remonte par la cheminée.

Le lendemain matin, quand le petit garçon ouvre ses paquets, il ne sait plus s’il a rêvé ce Père Noël en caleçon ou s’il l’a vraiment entendu aussi dire des gros mots…

Toujours est-il que la ceinture de son père est posée sur le fauteuil.

 

 

Claudie Becques

 

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