Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 22:00

 

 

paris point zéro

 

(page 18)

 

Je me désespère que voir quiconque se préoccuper de moi…

C’est sûr maintenant ça doit faire au moins deux jours que je suis là.

Rires… Je deviens bon : même pas soif !

Rire jaune… C’est long… Personne ne s’inquiète… Je l’ai bien cherché pas vrai ?

Cette plaie à la tête… Je ne me suis quand même pas fait agresser ? Avec tout ce que l’on voit aux infos… Cette violence omniprésente…

Je n’ai jamais été violent. C’est un sentiment que je ne connais pas, et que je ne comprends pas. La première fois que j’y ai été confronté c’est quand j’étais cartonneur. Je partais comme habituellement vers vingt heures trente pour faire la nuit, en prenant un raccourci par la voie ferrée qui surplombait le canal, lorsqu’un groupe de jeunes de mon âge rassemblés là pour vider quelques canettes de bière m’ont pris à parti, me bousculant et me molestant. « Allez les gars, j’ai pas le temps de jouer je pars travailler… »  Au lieu de les calmer, les coups de pieds et de poings me firent rouler par terre et si je n’avais reconnu parmi mes agresseurs un de mes ancien camarade de classe, je crois bien qu’ils auraient été capables de me tabasser à mort. En me reconnaissant, il invita ses potes à « se tirer ».

Retour à la maison, visage tuméfié, nez cassé, rage au ventre, incompréhension…

Larmes de maman…

Après opération et quelques semaines de convalescence j’ai remis ma musette sur l’épaule, mais quelque chose en moi s’était craquelé pour laisser s’insinuer un doute : suis-je vraiment fait pour ce métier sans grand avenir ?

La vie apporte quelquefois d’elle-même les réponses à nos questionnements. En ce qui me concerne ce fut sous la forme de ma lettre d’appel au service militaire alors encore obligatoire.

Pourtant épris de liberté, je n’ai pas souffert d’être commandé durant cette année en Allemagne…

Larmes de maman un an durant…

A mon retour, ma décision était prise : pas question de retourner à la verrerie. Je postulais pour l’école de gendarmerie où je fus reçu avec succès avant d’intégrer l’élite, la garde républicaine, intrinsèquement liée à Paris… mon rêve !

Je sais combien  ce jour-là, mes chers parents je vous ai rendu fiers. L’uniforme, il n’y a pas mieux pour imposer le respect.

Larmes… mais de joie !

Je suis persuadé que dans votre chambre trône toujours cette photo que je vous ai envoyée  à l’époque, dans les années quatre-vingt, où j’apparais en tenue d’apparat, avec le plumeau rouge, dans mes fonctions à l’hôtel Matignon aux côtés de Pierre Mauroy, à l’époque premier ministre socialiste sous François Mitterrand et également maire de Lille, chef-lieu de notre région.

Tout un symbole de réussite à vos yeux, nordistes ouvriers…

Oui, je vous ai vraiment rendus heureux à cette époque-là.

Mais c’était il y a longtemps… tellement longtemps !

 

la suite : paris point zéro 

 

 

  

Partager cet article

Repost 0
Published by Clo - dans Nouvelles
commenter cet article

commentaires

Aimela 19/06/2010 11:01



C'est sûr que pour les parents , être garde républicain  c'est une fierté  mais  il aurait été aviateur, pompier ou directeur de banque , cela aurait été pareil. Les parents 
sont toujours fiers  lorsque leurs enfants réussissent  quelque chose mais il est vrai  que  l'uniforme  accentue le prestige   Bises



Clo 20/06/2010 18:42


Oui Aimela, le métier importe peu... Personnellement j'ignore ce que me réserve l'avenir mais je suis fière de mes enfants et même dans les épisodes les moins glorieux, mon soutien leur est
indéfectible... J'aimerai que celà transparaisse un peu malgré tout pour l'"anti-héro" de mon histoire... Bises à toi.


Solange 19/06/2010 00:22



Pour des parents ce sont des moment que l'on oublie pas.



Clo 19/06/2010 08:55



C'est même très rassurant de voir que les parents se souviennent plus des bons que des mauvais souvenirs... L'amour sait arrondir les  choses...


Bon week-end Solange et un grand merci pour ta fidélité à cette histoire.