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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 22:00

 

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AU-DELA DE LA HAINE

   (page 16)

 

 

.../...

 

J’aimerais sentir l’air frais sur mon visage. Là, maintenant partir me balader dans la nature, voir des arbres, un lac, qui me feraient penser un peu aux marais audomarois. Même s’il  y a longtemps que je ne sens plus nordiste.

Je sais combien ça t’a  vexé Véronique quand je t’ai dit ça au téléphone.

Dany Boon venait de faire un tabac avec son film « Bienvenue chez les Ch’tis » et tu t’es indignée quand je t’ai dit n’avoir pas tout compris de ce patois dont usait pourtant volontiers notre père. « Mais tu n’as pas le droit d’oublier tes origines » m’as-tu reproché.

Comment te faire comprendre que tout au fond de moi je ne me suis jamais senti comme « faisant parti de ». Je suis né au Nord où j'y ai vécu jusqu'à dix-neuf ans près des marais et des forêts, tout en rêvant du Centre ;  le Sud berce mes plus beaux souvenirs d’enfance des mois d’août avec pépé et mémé chez Tante Odette ; j’ai des souvenirs merveilleux des montagnes de l’Est de nos vacances familiales tous les cinq, mais autant de  l’Ouest et ses plages bretonnes où j’ai ensuite passé les étés dans la famille d’Anaïs.

Tout me va. Tout me plaît. Je m’émerveille de tout et me sens bien partout… jusqu’à ce que l’angoisse m’assaille brutalement, sans préavis, sans raison, où que je sois, quelque soit l’heure qu’il est.

Soudain l’envie de hurler, de fuir sans raison, de disparaître.

Pourquoi ce mal être qui me ronge ?

Je vis, je ris, je suis bien… et tout à coup là dans la poitrine un bloc de plusieurs tonnes qui m’empêche de respirer normalement. Une asphyxie qui remonte jusqu’au cerveau à n’en plus pouvoir rassembler mes idées. J’essaie pour mon entourage de ne rien laisser paraître et, partagé entre ma douleur intérieure  et les convenances je subis une torture insoutenable.

L’alcool a ce pouvoir sur moi de  calmer cette douleur, d’alléger  le poids de ma poitrine et de m’aider à mieux respirer.

Mais tel un pacte signé avec le diable, il réclame ton âme en échange de cet apaisement.

Un verre ne suffit pas, il en faut un second qui en appelle un autre et jour après jour, de bouteilles en bouteilles, l’alcool te ronge de l’intérieur. Quand tu en prends conscience, il est trop tard, il te coule dans les veines et devient ta seule raison de vivre, parce que sans lui tu n’es plus capable de rien…

Mais avec,  et à cause de lui, tu n’es plus rien.

 

La suite : paris point zéro 

 

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Published by Clo - dans Nouvelles
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commentaires

Aimela 17/06/2010 10:04



Quel drâme le ronge pour qu'il ne se sente plus nordiste ?   qui l'a  basculé dans l'enfer de la boisson ?



Clo 17/06/2010 18:11



Faut-il vraiment un drame ? Un mal être peut suffire... La dépression a de multiples facettes... Certains jeunes basculent dans la drogue, d'autres dans l'alcool... Il suffit d'écouter les infos
 



Solange 17/06/2010 04:16



Boire jusqu'à en perdre concience et recommencer au réveil pour essayer de retrouver la forme.



Clo 17/06/2010 18:07



Oui c'est malheureusement celà... progressivement. Quand on s'en rend compte, c'est trop tard.