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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 22:00

paris-point-zero.jpg

AU-DELA DE LA HAINE

   (page 13)

 

Te reconquérir… Repartir à zéro… Je me suis raccroché à cette obsession avec toute l’ardeur de mon amour… J’allais m’en sortir… C’était sûr…

Et puis tu m’as annoncé que tu allais te remarier…

Je t’ai dit en raillant pour cacher mon chagrin :

-         « Les bonnes nouvelles, il  faut les arroser ma chérie !

-          Comme si tu avais attendu ça, m’as-tu répondu, tu es pitoyable…

-         Et toi si cruelle… mais si belle ! Jamais il ne t’aimera comme je t’aime… Tu es à moi... Tu es faite pour moi… Tu reviendras… Tu verras… »

Puis la porte a claqué. Depuis je n’ai cessé de boire à ta santé, à ton bonheur… sans moi.

Puisque j’étais déjà mort… Plus rien de pire ne pouvait m’arriver… Me noyer… Me détruire…

 

Je sais, tu pourrais aussi me reprocher d’avoir eu quelques copines depuis notre séparation… Mais comme dirait Brel « il faut bien que le corps exulte » sauf que tu as choisi que nous deux, nous ne serons jamais « de vieux mariés »…

Paraît que je suis beau gosse. Enfin… J’étais pas mal… Avant… Mes yeux surtout, avec de longs cils épais… C’est ça qui t’a séduite Anaïs… Les autres aussi, mais d’elles je m’en fous, puisque c’est toi que j’aime…

 

Et puis parlons-en de mes maîtresses : des paumées rencontrées dans les centres psychiatriques, des névrosées, des dépressives, des suicidaires même surtout.

Il y en a quand même quelques unes dont je suis particulièrement fier comme Jenny, cette ancienne Bluebell Girl du Lido, pleine aux as, qui vivait mal sa quarantaine et mettait chaque nuit un point d’honneur à collecter en souvenir des jours de gloire, un maximum de bouchons de champagne des bouteilles qu’elle descendait à une vitesse qui m’a toujours sidéré. Même moi je n’arrivais pas à la suivre… Rires…

Jenny… Un corps de rêve avec des jambes à n’en plus finir et une poitrine à faire pâlir les saints… mais l’intérieur complètement déglingué… comme son âme. Un appétit sexuel époustouflant, qui me faisait à nouveau sentir homme… Fallait bien que je sache, si un jour tu revenais, si j’étais encore capable de…

Je te rassure ma petite chérie : tout va bien de ce côté-là. Anaïs, mon amour, c’est quand tu veux… Pardon ! Je ne voulais pas être un goujat… Je sais que tu n’aimes pas la vulgarité. 

Jenny et moi ça a duré quelques années, entrecoupés d’internements… L’un portant parfois l’autre à bout de bras, ou l’entrainant dans sa descente aux enfers. De temps en temps au meilleur de notre perdition, quand nous étions fraichement sortis de l’hôpital nous options d’un commun accord pour un break, pour une reconstruction individuelle… Le premier guéri, soutiendrait l’autre pour le sortir à son tour de cette maladie… Mais chaque jour qui passait n’était qu’un enfoncement plus profond dans notre déchéance…

Il y a déjà un an que ma jolie sirène est restée pour de bon dans les abysses de sa souffrance.

Je l’envie souvent… Mais je ne peux pourtant me résoudre à quitter cette vie parce qu’au fond de mon cœur persiste l’infime espoir de te croiser encore…

Anaïs… Même à zéro, j’y crois encore… Jusqu’à l’infini… Jusqu’à la fin des temps… Je t’aimerai et si c’était possible, même au-delà !

 

La suite : paris point zéro

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Published by Clo - dans Nouvelles
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commentaires

Solange 15/06/2010 04:32



C'est terrible de réaliser et de ne pas avoir la volonté de changer.



Clo 15/06/2010 19:36



C'est vrai Solange... On oublie souvent qu'il s'agit d'une maladie...



aimela 14/06/2010 10:43



La descente aux  enfers  avec tout cela comporte  malheureusement . Bien vu  Clo


 


Bises



Clo 15/06/2010 19:33



Je suis sûre que je suis en dessous de la vérité  Bises à toi.