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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 22:27
19 février 2010 :   disparition brutale de  Papabul, de son vrai nom Frédéric Bulté.

Il était mon ami de plume, rencontré sur un site d'écriture.

Nos chemins s'étaient séparés depuis plusieurs mois mais au fond de nos coeurs nous gardions le merveilleux souvenirs d'échanges et de profond respect.

Je suis très triste et tenais à rendre hommage à cet homme au grand coeur comme j'en ai rarement rencontré.

papabul




Godfordum Frédéric...

Quelle mauvaise farce tu nous fais !

Nous devions déjeuner en famille au printemps disais-tu...


Si je devais te résumer en un seul mot je dirai "générosité".


Comment oublier que tu as fait pour moi 180 km rien que pour venir me soutenir lors de mon animation dans ma commune pour défendre la cause de la Plume et l’Encrier, entrainant dans ton sillage les deux benjamines de l’Assocation.


Tu brisais ainsi la froideur du virtuel, pour te présenter à moi, timide, gêné... ton petit chien dans les bras, ton chapeau sur la tête avec sa petite plume.

Pas évident de se parler les yeux dans les yeux, alors que nous étions confidents sur le net.

Tu étais déçu que peu de monde se soit déplacé, toi le Bruxellois et moi la petite Ch’ti dans mon bled perdu que tu as eu tant de mal à trouver...

Nous y croyions tellement tous les deux !

La cause nous paraissait juste et noble : défendre la langue française ! Rien que ça !


Nous avions ce point commun que d’avoir la tête dans les nuages...
Sans doute un peu à cause de notre ciel si bas...


Nous partagions encore les mêmes révoltes qui naissent parfois dans le cœur des gens entiers qui ne peuvent tolérer certaines injustices, certaines inerties...


Fallait que ça bouge !

Toi, tu disais et tu faisais...

Tu fonçais même tête baissée...


Tu n’écrivais plus disais-tu, la lecture et la photographie avait depuis ton hospitalisation une grande place dans ta vie, tu envisageais aussi de reprendre la peinture...


Généreux tu l’étais ô combien !

Toujours à t’inquiéter de tout pour les autres, toujours prêt à aider, à se précipiter au secours de chacun... avant même de penser à toi.


Ton humour je le savais, cachait parfois une tristesse, sans doute due à l’impuissance que tu devais ressentir à ne pouvoir faire quelque chose pour tous ceux que tu croisais.

Mais tu ne t’épanchais jamais, tu disais que toi, c’était pas important...


Alors c’est décidé : pas de frites ? pas de "bonne bière" ?


Alors va Frédéric, va rejoindre les braves gens de ta trempe, parce que c’est bien connu : ce sont toujours les meilleurs qui s’en vont.


Toute ma sympathie va vers tes proches : ta femme, tes enfants... à qui j’adresse mes sincères condoléances.


Ton amitié sincère est à tout jamais ancrée en ma mémoire.

Merci d’avoir croisé ma route.


Clo

Quelques poèmes de Frédéric :


Ainsi va la vie

Avis de tempête


Ca tonne au loin, signe de pluie ?
Viendra-t-elle troubler nos envies ?
Le jardin en aurait bien besoin,
Pour l’instant seul compte
ta main dans ma main
pourquoi faut-il parfois
que sans sommation le ciel gronde
et que la tempête éclate en toi ?


Le calme après l’orage,
Apaisant et sage,
Ainsi va notre vie,
Surfant sur les nuages,
Du tonnerre au paradis,
Il ne reste alors que le silence
Pour attiser notre impatience.


Tes yeux se voilent,
Tendre clair obscur,
Des bises en rafales,
Jusqu’au prochain coup de foudre…

Papabul.



Comme le temps passe

Les adieux ont duré
tout un après-midi,
les petits écoliers étaient venus nous voir
avant le grand départ.
Ils nous ont bien fait rire
Raphaël imitant
son maître de manège
Dorothée minaudant
en coquette du Siècle
et Benjamin mimant
le rêve d’un timide
Puis nous avons chanté,
sur d’honnêtes paroles,
les chansons des aînés...


Alors nos grands enfants
sont venus les chercher, à la tombée du soir,
sur des mains agitées,
sur des baisers mouillés,
les portes ont claqué,
le regard s’est perdu
au tournant de l’allée


Ce soir ma douce, il nous faudra
en découdre à nouveau
avec un grand silence...

Papabul




Petit bonhomme

Ne te contente pas du destin,
Ne t’autorise aucune excuse,
Prends-toi en main,
Sois seul responsable de tes actes,
Trouve ce courage,
Ne blâme personne,
Tu es ce que tu choisis d’être,
Aies le cran de l’admettre.


Les autres ne sont que des ombres,
Elles peuvent obscurcir ou éclairer ton chemin,
Ne les autorise jamais à s’interposer,
A décider pour toi.
Sois digne, respecte la main tendue,
Apprends à tendre les tiennes,
Et arrêtes ton cinéma,
Tu ne trompes personne,
Petit bonhomme,
Personne d’autre que toi !


La réalité est ce qu’elle est,
La vie, compliquée et fragile,
Elles seront ce que tu en feras.
Apprends à aimer ton chemin,
Ne l’interroge jamais,
Il n’a rien à dire, rien à ajouter,
Tu es le seul à connaître les réponses.
Malgré ton orgueil, tes caprices et ta suffisance,
Tu es et resteras égal à toi-même,
Bas les masques, Petit bonhomme,
Tu ne trompes que toi !


La critique est aisée mais tellement futile,
Apprends à tirer les leçons de tes propres erreurs,
De ta mythomanie, de ta folie,
Comprends, une fois pour toute,
Que tu es seul coupable de ce qui t’arrive.


Tu ne trompes plus personne,
Petit bonhomme,
Personne, d’autre que toi !


Et si tu comprends cela...
Alors peut-être qu’un jour...

Tu parviendras à t’aimer toi !


Papabul





     D'autres textes sur ce lien :  http://www.la-plume-et-lencrier.com/?_papabul_
                                  

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commentaires

fransua 27/02/2010 22:17


il est dezs rencontres qui marquent les jours de leur sceau à jamais ! Que ce souvenir te soit à jamais heureux !


Clo 01/03/2010 19:03


Il le restera sois-en sûre.


marlou 21/02/2010 23:37


Un bel hommage a l'amitie et qu'il merite bien...
Amicalement...


Clo 25/02/2010 21:27


Merci beaucoup Marlou.
Amicalement.


liedich 21/02/2010 20:12


Je crois que je regretterais toujours de ne pas avoir l'influx de voir ou revoir...
mince !
il en est ainsi de Toi.
Douce nuit Plaine de douceur.


Clo 21/02/2010 22:18



J'ai croisé Papabul en plongeant ma Plume dans l'Encrier.
L'écriture nous a fait rire, pleurer, hurler pendant quelques années... et puisque c'est ainsi, que rien ne peut durer, nos plumes ne se sont plus croisées dans le joyeux repère que nous
partagions avec d'autres auteurs.
On a pansé nos désillusions d'écriture et sur la sincèrité de l'amitié.
Lui un peu plus vite parce que tellement généreux.
Moi, j'ai dit plus jamais ! Désormais je me la joue "en solo", fini les sites d'écriture, je reste sur mon blog !
Mais tu es venu tremper ta plume dans mes encriers...
Ironie de l'écriture... 
Alors toi je te préviens : je t'interdis de me faire un tour pareil !
Prends bien soin de toi Liedich.
Qui soufflerait alors chaleur et douceur sur mes nuits blanches ?
Douce nuit à toi.
La Plaine.



Aimela 21/02/2010 10:31


Merci Clo de rendre hommage à Frédéric, je ne le connaissais qu'en virtuel ( il y avait eu un projet de  nous voir mais des circonstantes à l'époque m'en ont empêché)  Ce que je
ressentais de lui est comparable à ce que  tu dis  dans l'article. Sa perte me fait énormément de mal  et c'est les larmes aux yeux  que je te fais ce commentaire.

Au revoir Frédéric , peut-être que nous retrouverons un jour , qui sait

mes cincères condoléances à sa famille


Clo 21/02/2010 21:59


Tu sais, Aimela, le virtuel c'est pas si mal finalement... ça laisse de la place à l'imaginaire, au rêve, aux illusions...

... et surtout ça permet de se détacher de la réalité. 

Une plume qui s'envole c'est triste, mais joli et poétique...
Là c'est une image qui part... et ça fait très mal.
 
Fred et moi avions repris quelques distances : nos repères liés à notre passion commune avaient volé en éclats et nos vies respectives nous entrainaient ailleurs.
Mais de temps à autre un message tombait et comme on dit "entrenait l'amitié".

Fred était "en vrai" tel qu'il était dans ses écrits : timide, sensible , sincère, pur et respectueux et surtout prêt à tout pour rendre service.
Nous ne sommes vus que quelques heures mais elles resteront indélébiles.
Il est coutume de dire du bien de ceux qui partent, mais là il serait bien difficile de faire autrement : J'ignorais qu'une personne pouvait receler telle générosité.

Il nous manquera, et je m'associe aussi à la douleur de ses proches.


liedich 21/02/2010 02:56


J'ai lu, je relirai. Moi qui voulait redormir un peu.
douce nuit Plaine.


Clo 21/02/2010 21:38


Désolée d'avoir plombé ta nuit Liedich...
J'espère ne plus avoir l'occasion de le faire...
Tendrement. Clo