|
L i t t e r r a n c e s...
Merci de partager avec moi |
|
|
lance un jeu poétique :
. Soit un poème en vers ou en prose
. Soit un conte qui commence |
|
Il était une fois Le Roi et La reine du Romelaëre, qui vivaient dans le Nord de la France dans un château entouré de marais.
De leur union naquit Roberta, une très jolie princesse, mais au caractère très antipathique.
Elle se moquait de tous les prétendants qui se pressaient autour d’elle et la couvraient de cadeaux. Celui-ci avait un nez trop long, cet autre était trop petit, lui trop gros, celui-là avait des oreilles d’éléphant, bref aucun d’entre eux n’était, disait-elle, « digne de sa beauté ».
Un jour qu’elle se gaussait encore d’un malheureux qui, parait-il, possédait « les gros yeux globuleux d’un crapaud », l’éconduit se mit à crier haut et fort que la jeune fille regretterait ses sarcasmes.
Il fut aussitôt arrêté par les gardes royaux, mais lorsqu’ils l’enfermèrent dans une des geôles du château, il se transforma en batracien, qui sauta et se jeta d’entre les barreaux de la meurtrière, dans les douves, sous les yeux médusés des militaires.
______________________________
Roberta, aimait aller se promener dans les marais pour observer le merveilleux ballet des cygnes blancs sur l’eau. Elle emmenait avec elle pour l’accompagner, sa jeune soubrette prénommée Marie, lui intimant l’ordre de lui porter son grouet, un outil semblable à un crochet qui lui permettait de tirer vers elle pour les cueillir, quelques iris sauvages qu’elle affectionnait particulièrement.
Ces promenades étaient particulièrement désagréables à l’enfant qui, devenait le souffre-douleur de la détestable princesse.
Un jour une tige d’iris résista tellement que cette dernière tomba dans l’eau.
Tout d’abord épouvantée, la petite servante, fut prise d’un violent fou-rire en voyant la jolie chevelure habituellement couleur d’or de sa maîtresse, dégouliner de cette eau trouble et parsemée de lentilles.
La princesse folle de rage hurlait « Marie le grouet ! Tends moi le grouet… » Mais plus la princesse se débattait, plus l’enfant riait, et l’autre peu à peu s’enlisa.
Sur la berge, les yeux globuleux d’un crapaud observaient la scène sans bouger, puis il s’enfonça dans les roseaux lorsque plus aucun bouillon ne remonta plus à la surface.
La fillette prit alors conscience de toute l’étendue du drame et, courut en larmes et en tremblant annoncer la terrible nouvelle à ses souverains qui diligentèrent des secours, en vain.
Le corps de la princesse ne fut jamais retrouvé, et le roi et la reine ne survécurent pas au chagrin.
____________________________
Les anciens de la petite contrée du Romelaëre racontent pourtant encore aujourd’hui qu’à partir de ce jour-là, tous les enfants qui s’approchaient trop près de l’eau furent mystérieusement happés par le crochet d’une drôle de créature mi-femme, mi-crapaud portant couronne, qui surgissait de la vase des marais en hurlant « Marie le grouet ».
C’est ainsi que naquit la légende de Marie Grouette, qui fait toujours dresser les cheveux sur la tête de tous les petits enfants du Nord Pas de calais.
------------------------------------------------
Claudie Becques le 22/06/09