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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 22:00
Dans le cadre du défi n°6 de l'Abeilles50
de la Communauté
"La Ruche des Beaux Mots"



Ecrivez un texte
(en vers ou en prose)
qui met à l'honneur
une (ou plusieurs) Femme, 
ou tout simplement
LA Femme...
 



Avant de consacrer un texte qui parle des mamans,
je vous propose de vous pencher l'espace d'un instant sur ces femmes
 qui n'eurent pas la chance de materner
et que tout le monde appelait jadis "Les vieilles filles"...

(réédition d'un poème écrit après lecture de 
"Ces Dames au chapeaux verts" de Germaine Acremant,
un roman dont l'histoire se passe à Saint-Omer - 62)


Les vieilles filles d’antan



Les vieilles filles d’antan
Ne connurent jamais d’amants :
Certaines trop ambitieuses
Aspiraient à vie luxueuse ;

D’autres qui cherchaient le renom,
N’ont pas non plus changé de nom ;
Celles qui, fiancées à Dieu,
...........
 

Désolée par respect pour ceux qui l'ont acheté pour lire la suite cliquer sur :Trace recto


Claudie Becques

 

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Published by Clo - dans Poèmes
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commentaires

Raphaël Zacharie de IZARRA 10/09/2010 00:39



  


LES VIEILLES FILLES


 


J'aime les vieilles filles. Et lorsqu'elles sont laides, c'est encore mieux.


 


Les vieilles filles laides, acariâtre, bigotes ont les charmes baroques et amers des bières irlandaises. Ces amantes sauvages sont des crabes difficiles à consommer : il faut savoir se frayer un
chemin âpre et divin entre leurs pinces osseuses. Quand les vieilles filles sourient, elles grimacent. Quand elles prient, elles blasphèment. Quand elles aiment, elles maudissent. Leurs plaisirs
sont une soupe vengeresse qui les maintient en vie. Elles raffolent de leur potage de fiel et d'épines. Tantôt glacé, tantôt brûlant, elles avalent d'un trait leur bol de passions fermentées. Les
vieilles filles sont perverses. C'est leur jardin secret à elles, bien que nul n'ignore leurs vices.


 


Les vieilles filles sont des amantes recherchées : les esthètes savent apprécier ces sorcières d'alcôve. Comme des champignons vénéneux, elles anesthésient les coeurs, enchantent les pensées,
remuent les âmes, troublent les sangs. Leur poison est un régal pour le sybarite.


 


L'hypocrisie, c'est leur vertu. La médisance leur tient lieu de bénédiction. La méchanceté est leur coquetterie. Le mensonge, c'est leur parole donnée. Elles ne rateraient pour rien au monde une
messe, leur cher curé étant leur pire ennemi. Le Diable n'est jamais loin d'elles, qui prend les traits de leur jolie voisine de palier, du simple passant ou de l'authentique Vertu (celle qui les
effraie tant). Elles épient le monde derrière leurs petits carreaux impeccablement lustrés. Elles adorent les enfants, se délectant à l'idée d'étouffer leurs rires. Mais surtout, elles ne
résistent pas à leur péché mignon : faire la conversation avec les belles femmes. Vengeance subtile que de s'afficher en flatteuses compagnies tout en se sachant fielleuses, sèches, austères...
C'est qu'elles portent le chignon comme une couronne : là éclate leur orgueil de frustrées.


 


Oui, j'aime les vieilles filles laides et méchantes. A l'opposé des belles femmes heureuses et épanouies, les vieilles filles laides et méchantes portent en elles des rêves désespérés, et leurs
cauchemars ressemblent à des cris de chouette dans la nuit. Trésors dérisoires et magnifiques, à la mesure de leur infinie détresse. Contrairement aux femmes belles et heureuses, elles ont bien
plus de raisons de m'aimer et de me haïr, de m'adorer et de me maudire, de lire et de relire ces mots en forme d'hommage, inlassablement, désespérément, infiniment.


 


Raphaël Zacharie de IZARRA



Clo 10/09/2010 23:04



Voilà une façon de penser un peu... tranchée ! Pourtant derrière le cynisme il y a dans l'écriture quelque chose de troublant et... d'intéressant.



Renard 23/06/2009 11:14

Belle analyse tout en finesse et tendresse.Bravo à toi. 

Clo 23/06/2009 20:14



Ce commentaire me touche beaucoup Renard. Merci !!!!



fransua 20/06/2009 19:51

j'iame beaucoup ton texte

Clo 21/06/2009 20:23


Merci beaucoup Fransua


Avelina+Giner+&+Michel+Delaperrière 10/06/2009 23:11

Très original belle sensibilité

Clo 12/06/2009 21:51


Merci beaucoup....
(peu banal le pseudo )


Déborah 10/06/2009 18:42

Bonsoir Clo, Ton poème est d'une grande finesse d'analyse... Effectivement les "vieilles filles" sont parfois des femmes que la vie n'a pas épargné : gardes-malades s'occupant avec empathie de leurs proches notamment. Parfois le célibat à un âge avancé traduit la recherche d'un idéal impossible à atteindre... la quête du prince charmant, la perfection masculine incarnée... Trés beau poème Clo, comme à ton habitude et une trés belle participation au défi d'Abeilles50Je t'invite à mon tour, si tu en as le temps et l'envie à participer à un défi poétique que j'organise à partir des paroles de la chanson de Pierre Guimart "les beaux souvenirs ne meurent jamais". Ce défi, comme tous les autres n'a pas de limite date. Gros bisousBonne soirée !Déborah

Clo 12/06/2009 21:50


L'envie est bien là Deborah, malheureusement le temps lui, file décidément à toute allure...
Chaque texte déposé jusqu'à ce jour sous les défis de l'Abeille sont des rééditions (Mea Culpa).
Il y a bien longtemps que je n'ai écrit un nouveau poème...
Faut absolument que ça se calme parce que mon équilibre est menacé.
Tu sais à quel point l'écriture est un besoin vital !
En tout cas merci à toi, j'y réfléchis et qui sait si une insomnie ne me permettra pas de déposer un texte sur l'Oiseau-lyre.
Gros bisous.
Bon we. Clo