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29 mai 2008 4 29 /05 /mai /2008 13:33

Nouvel essai de sonnet qui me permet de vous faire découvrir une nouvelle aquarelle :

" Nu " de Edith Vasseur

(d'autres aquarelles de la même artiste  en marge de droite)



Comment se comporter devant l'inacceptable,

Quand aucun mot ne peut apaiser le tourment

Et que seule la mort serait apaisement ?

Dîtes, que peut-on faire devant l'insupportable ?

 

Quand la souffrance atteint cet incommensurable,

Que la vie reprend tout émerveillement

Et ne vous laisse rien d'autre qu'effondrement,

Comment puis-je aider ceux, que la douleur accable ?

 

Qui tire les ficelles de nos existences ?

Serions-nous les pantins d'autres intelligences ?

Qui désigne du doigt de briser un destin ?

 

Egaux tous nus tous crus au début de l'histoire,

Au grand jeu de la vie tout n'est qu'incertain :

Mesurons que la chance n'est qu'aléatoire.

 



Claudie Becques (29/05/08)







PS : Poème écrit pour la communauté "Sonnets et Beaux vers"  et donc dans le souci du respect de la poésie classique. J'ai d'ores et déjà conscience de cette faute : "souffrancE Atteint" et sûrement quelques claudiquements que j'ai du mal à décerner, aussi suis-je toute attentive à vos remarques avisées.   

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Published by Clo - dans Poèmes
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commentaires

hicham 30/05/2008 19:03

Suite à tes explications (dont je te remercie), je viens de relire ton poème avec un tout autre regard.Oui, la disparition de son enfant est forcément une épreuve odieuse, car si contraire à la "logique" de la vie.Dîtes, que peut-on faire devant l'insupportable ?Personnellement je ne peux que me taire et m'incliner face à la douleur des parents, me refusant le droit d'émettre tout avis concernant leur manière de vivre leur deuil.Ais-je tort, ais-je rason?Je n'en sais strictement rien...Par contre, je mesure alors la chance que nous avons, nous, toi, moi et les autres, d'être en vie, ainsi que nos enfants.je t'embrasse

Clo 30/05/2008 19:31


Si tu savais le malaise que je peux ressentir face à cette maman seule, alors que j'ai la chance d'avoir ma fille auprès de moi !

Quand je pense que cette femme faisait le catéchisme à nos enfants, je ne peux m'empêcher de penser que parfois Dieu est bien ingrat, mais bien sûr cela n'engage que moi.

Bises. Clo


hicham 30/05/2008 12:57

La mort, apaisement? Une douce idée...Cependant je trouve la mort inacceptable car, quelque part, il me semble que c'est sa seule existence qui permet que l'insupportable soit.

Clo 30/05/2008 15:36


En fait pour être tout à fait honnête le premier vers tourne dans ma tête depuis plus de 6 ans, et l'aquarelle d'Edith montrant cette femme nue et pour moi, désespérée, a fait resurgir l'émotion
ressentie ce jour-là.
Ma fille est rentrée de l'école en larmes : sa meilleure amie avait succombé suite à une rupture d'anévrisme pendant son sommeil, à l'âge de 15 ans.
Devant cette mort inacceptable d'un enfant, la vie d'une mère n'est plus qu'insupportable et elle ne peut trouver l'apaisement que dans sa propre mort.
C'est ainsi que je le ressens... mais qui peut vraiment savoir sans être passé par là ?
Qui sait si une force insoupçonnée ne nous aide à porter le malheur pour trouver des raisons de survivre ?
Je comprends néanmoins ce que tu veux dire Hicham : une façon de ne jamais renoncer.


Darius Hypérion 30/05/2008 11:11


Bonjour,
Que de progrès, félicitations.
C'est un très beau sonnet.
Je me permets encore, toutefois, de relever quelques fautes.
 

Quand aucun mot ne peut apaiser le tourment

ce vers est tout à fait correct
contrairement à ce que dit stellamaris, les liaisons sont systématiques en poésie régulière
du moment qu'un mot se finit par une consonne et le suivant commence par une voyelle
il n'y a aucun hiatus dans ce vers
"peut apaiser" forme une liaison, de même que "quand aucun"
 

Dîtes, que peut-on faire devant l'insupportable ?

vers de 13 syllabes
vous semblez ne pas compter le E de fairE à la césure
cette césure, appelée césure épique, est interdite
 

Quand la souffrance atteint cet incommensurable,

vers correct, rien à dire
le E de soufrancE est élidé par le a de atteint
 

Que la vie reprend tout émerveillement

il y a bien 12 syllabes dans ce vers (le E de viE compte)
néanmoins le E de viE doit être élidé
de plus le mot viE est répété au vers 13, ce qu'un sonnet interdit
 

Comment puis-je aider ceux, que la douleur accable ?

virgule à la césure inutile
 

Qui tire les ficelles de nos existences ?
césure enjambante, le E de ficellEs est en 7ème syllabe
ficelles est à cheval sur la césure
interdit
 

Qui désigne du doigt de briser un destin ?

Rien à dire, vers correct, j'en ai saisi le sens
En gros cela veut dire "Qui décide de la mort de qui ?"
 

Egaux tous nus tous crus au début de l'histoire,

vers tout-à-fait correct
la liaison "crus au" est correcte et normale
l'expression "tous nus tous crus" sonne très bien avec ses répétitions de sons qui marquent une insistance
 

Au grand jeu de la vie tout n'est qu'incertain :

ce vers compte bien 12 syllabes, le E de viE compte
mais il doit être élidé
de plus césure enjambante et répétition avec le vers 6
 

Mesurons que la chance n'est qu'aléatoire.

césuré enjambante interdite
le E de chancE est en 7ème syllabe
 
Encore mes félicitations et continuez, vous y êtes presque !!!
Cordialement

Clo 30/05/2008 15:13



Merci pour ces encouragements.
J'ai essayé d'appliquer vos consignes du premier sonnet à la lettre, mais Rome ne s'est point bâti en un jour ! (sourire)

Il me semblait important de palier à ces nouvelles maladresses en remodelant les vers claudiquant ainsi donc :



- "Dîtes que peut-on faire devant l'insupportable" devient "ô comment réagir devant l'insupportable" afin d'équilibrer les deux hémistiches

- J'ai laissé "Que la vie reprend tout émerveillement" parce que suite à votre commentaire sur   "Hommage" où vous m'expliquiez que le E de vie  devant une consonne comptait,  j'avais volontairement repris ce mot pour vous montrer que j'avais saisi la
nuance



- "Comment puis-je aider ceux que la douleur accable" j'ai supprimé la virgule



- "Qui tire les ficelles de nos existences" devient "Mais qui tire les fils tenant nos existences", un participe présent n'est jamais très heureux mais en ce cas il me permet de rééquilibrer les
deux hémistiches sans changer le sens de mon vers.



- " Egaux tous nus tous crus au début de l'histoire" je l'ai laissé aussi parce que ce poème est inspiré du "Nu" d'Edith Vasseur, et surtout aussi pour exprimer avec cette notion de nudité, le
fait que la classe sociale ne peut jouer sur le destin de l'Homme en général.



- "Au grand jeu de la vie tout y est incertain" devient "A l'échiquier du sort tout y est incertain" pour enlever la répétition de "vie", retrouver deux hémistiches de 6 pieds et reprendre l'idée
du titre
- "Mesurons que la chance n'est qu'aléatoire", devient comme suggéré par Stellamaris : "Sachons que le bonheur est bien aléatoire ".


 


Je vous suis vraiment très reconnaissante pour votre patience et vos lumières et vous en  remercie chaleureusement.


Vous pourrez retrouver ce poème modifié un peu plus haut.


 


Cordialement. Claudie






stellamaris 29/05/2008 18:57

Sur le fond, ton poème est magnifique. Les dix premiers vers sont d'une force rare.Par ailleurs, si tout n'est pas parfait, tu as aussi fait des progrès importants en prosodie (mais, même si je l'apprécie et essaie de m'y tenir, je suis très loin d'y voir le principal d'un poème ...)Voici donc quelques remarques, en toute amitié, pour t'aider à progresser2ème vers : hiatus (choc de deux voyelles non atténué par un e muet) "peut apaiser". Ce hiatus saute si l'on fait la liaison en prononçant le t, mais ce n'est pas plus heureux à l'oreille. Par contre, tu pourrais écrire par exemple "Quand aucun mot ne peut calmer un tel tourment", ce qui éviterait aussi la répétition "apaiser" - "apaisement"3ème vers : le premier hémistiche "Dîtes, que peut-on faire" comporte 7 pieds et finit par un e muet. Deux solutions pour corriger :

Soit tu le réécris pour qu'il fasse un pied de moins et termine par un autre son. Par exemple : "Dis, comment réagir"
Soit tu réécris le second hémistiche pour qu'il commence par une voyelle. Ainsi, le e muet sera élidé ("absorbé" par cette voyelle), et le premier hémistiche aura un pied de moins. Par exemple "Dîtes, que peut-on faire avant l'insupportable ?"

Par ailleurs, répétition "apaiser" (deuxième vers) - "apaisement" (troisième vers) interdite dans un sonnet5ème vers : contrairement à ce que tu as écrit, "souffrance atteint" n'est pas une faute. En effet le e de souffrance étant muet est élidé (absorbé par la voyelle suivante). Ce vers est formellement parfait ... et très beau, très expressif.6ème vers : Il manque un pied au premier hémistiche. Tu pourrais par exemple corriger "Et que la vie reprend", ce qui imposerait de modifier aussi le vers suivant. Par exemple : "Sans ne rien vous laisser"9ème vers : Là encore, la césure tombe au septième pied et sur un e muet. De plus, ficelles étant au pluriel, l'élision ne serait pas possible. Je ne vois pas d'autre solution que la réécriture totale, au risque de changer d'image. Par exemple : "Qui manipule donc nos pauvres existences ?"11ème vers : Ce vers est formellement parfait, mais je ne comprends pas le sens du premier hémistiche. J'aurais mieux compris : "Qui donc se lèvera pour briser le destin" (ou un destin, ou son destin, comme tu le sens).12ème vers : Je trouve "tous nus tous crus" un peu lourd: De plus "crus au" n'est possible qu'en prononçant le s (sinon, hiatus), je ne trouve pas ça très heureux à l'oreille. J'aurais plutôt écrit, par exemple : "Egaux, tous nus depuis le début de l'histoire"13ème vers : le mot "vie", qui se termine par voyelle plus e muet, ne peut être placé en cours de vers que s'il est suivi par une voyelle. Par exemple : "Au grand jeu de la vie il n'est donc qu'incertain"Dernier vers : Là encore, césure au septième pied et qui suit un e muet. par ailleurs, je trouve que "chance" et "aléatoire" sont trop proches par le sens et presque redondants. J'aurais pu écrire, par exemple "Sachons que le bonheur est bien aléatoire"En espérant que ces quelques remarques t'aident à progresser. Courage, tu tiens le bon bout !Toute mon amitié.

Clo 30/05/2008 14:58



Tout d'abord te dire à quel point je suis très gênée de t'avoir pris autant de
temps et très reconnaissante.
J'ai donc décidé de remanier ce poème en tenant compte de tes remarques et celles de Darius, tout en gardant le sens de mon message.

- "peut apaiser" je l'ai remplacé par "peut alléger" de façon à ne pas faire double emploi avec apaisement, par qui par contre n'enlève pas les liaisons obligées.
- "Dîtes que peut-on faire devant l'insupportable" devient "ô comment réagir devant l'insupportable" afin d'équilibrer les deux hémistiches
- J'ai laissé "Que la vie reprend tout émerveillement" parce que suite au commentaire de Darius sur  mon premier essai de sonnet "Hommage" où il m'expliquais que le E de
vie  devant une consonne comptait,  j'avais volontairement repris ce mot pour lui montrer que j'avais
saisi la nuance


- "Qui tire les ficelles de nos existences" devient "Mais qui tire les fils
tenant nos existences", un participe présent n'est jamais très heureux mais en ce cas il me permet de rééquilibrer les deux hémistiches sans changer le sens de mon vers.


- Qui désigne du doigt de briser un destin reste inchangé, puisque Darius avait
compris mon idée à savoir "qui décide de vie et de mort sur une personne ?".


- " Egaux tous nus tous crus au début de l'histoire" je l'ai laissé aussi parce que ce poème est inspiré du
"Nu" d'Edith Vasseur, et surtout aussi pour exprimer avec cette notion de nudité, le fait que la classe sociale ne peut jouer sur le destin de l'Homme en général.


- "Au grand jeu de la vie tout y est incertain" devient "A l'échiquier du sort tout y est incertain" pour
enlever la répétition de "vie" et retrouver deux hémistiches de 6 pieds


- "Mesurons que la chance n'est qu'aléatoire", devient comme tu l'avais suggéré : "Sachons que le bonheur
est bien aléatoire ".


 


Il en me reste plus qu'à te remercier chaleureusement  et
t'inviter à relire ce poème qui peut désormais se prétendre "sonnet" et être digne de figurer dans ta communauté.


 


Amicalement. Clo



Mésange 29/05/2008 18:43

Des vers comme une main tendue vers l'autre, vers ceux que le destin n'a pas, voire moins, choyé. J'aime ces mots qui s'interrogent face aux souffrances humaines. Très beau sonnet Clo.

Amitiés, mésange

Clo 30/05/2008 14:19



Le sort est tellement injuste Mésange !
Il y a des gens tellement formidables malmenés par la vie !
Une main tendue peut peut-être leur éviter de couler complètement.
Et même si ça ne les soulage pas, j'aurai au moins le mérite d'avoir pensé à eux.
Merci d'avoir apprécié ce sonnet claudiquant. :o)))
Amicalement. Clo